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Suisse

Sécheresse : forêts fragilisées et élevages sous pression en Suisse

Le manque d’eau et les fortes chaleurs endommagent les arbres, réduisent les récoltes et pèsent sur l’élevage. Les coûts précis et leur répartition ne sont pas encore établis.

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Versant boisé aux arbres dénudés
Versant boisé aux arbres dénudés. Photographie d’archive. Image : Badener (CC BY 3.0)

L’essentiel

  • Des arbres affaiblis par le manque d’eau présentent un risque de chutes de branches, surtout lors de vents forts.
  • Les contreforts du Jura sont particulièrement touchés en raison de la sécheresse persistante et des sols calcaires.
  • L’élevage souffre du manque de fourrage et de la chaleur, tandis que les productions de Gruyère et certains vignobles reculent.
  • Les sources ne chiffrent pas encore le coût total des dégâts ni la répartition de leur prise en charge.

La sécheresse et les fortes chaleurs de l’été 2026 affectent à la fois les forêts et les exploitations agricoles suisses. Les dégâts ne se limitent pas à des rendements moindres : ils créent aussi un risque immédiat pour les visiteurs des forêts et compliquent l’alimentation des troupeaux.

Dans les massifs forestiers, le manque d’eau a gravement affaibli certains arbres. ForêtSuisse, l’association des propriétaires forestiers, signale notamment le cas des hêtres. Lorsque leur cime, leurs feuilles et leur écorce se dessèchent, des branches ou des parties de cime peuvent tomber, en particulier lors de vents forts.

Les contreforts du Jura figurent parmi les zones les plus exposées. La persistance de la sécheresse et la faible capacité des sols calcaires à retenir l’eau y aggravent la situation. ForêtSuisse recommande aux promeneurs de rester sur les chemins balisés, de tenir compte des informations locales et de respecter les fermetures décidées par les services forestiers. Elle conseille aussi d’éviter les bois par grand vent.

Des interventions forestières possibles

L’association redoute également une infestation importante de scolytes, des insectes qui s’attaquent aux arbres affaiblis. Une telle évolution pourrait conduire à des coupes forcées sur une grande échelle. Ces travaux viseraient à limiter les dangers et à intervenir sur les arbres atteints, mais les sources ne chiffrent ni leur coût ni la part qui incomberait aux propriétaires, aux collectivités ou à d’autres acteurs.

La suite dépendra largement des conditions météorologiques. Des pluies abondantes sont nécessaires pour réhumidifier les sols. ForêtSuisse estime aussi qu’un hiver rigoureux aiderait à freiner la propagation des scolytes. Dans l’immédiat, les priorités annoncées sont la sécurité des équipes forestières et celle du public.

Fourrage, lait, raisin : l’agriculture touchée

Dans l’agriculture, la sécheresse persistante de septembre a pesé sur les animaux d’élevage, confrontés à la chaleur et au manque de fourrage. Un agriculteur fribourgeois interrogé par Keystone-ATS rapporte des difficultés lors des vêlages et des veaux plus petits. Selon la fondatrice de l’association Co&xister, les bovins et les moutons subissent un stress thermique dès 20 degrés.

Les effets concernent aussi les productions. La fabrication de Gruyère a reculé d’environ 13% en juillet et août. Dans certains vignobles, les volumes de raisin ont été divisés par deux selon les cépages.

Les informations disponibles documentent les dommages, mais pas encore leur facture globale. Elles ne permettent donc pas de dire qui absorbera les pertes de production, les dépenses liées à l’alimentation des animaux, les fermetures de secteurs forestiers ou d’éventuelles coupes. En revanche, elles montrent que l’adaptation immédiate passe par la prévention des accidents en forêt et par la gestion d’exploitations agricoles confrontées à une ressource en eau et à des fourrages plus incertains.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. RTS Inforts.ch
  2. SWI swissinfo.chswissinfo.ch