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Économie

La BNS garde son taux à zéro et surveille le pétrole

La Banque nationale suisse laisse son taux directeur à 0% malgré une inflation un peu plus élevée. Elle juge la hausse des prix encore compatible avec son objectif et relève ses prévisions de croissance.

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Certificat historique de la Banque nationale suisse
Certificat historique de la Banque nationale suisse. Photographie d’archive. Image : Unbekannte Autoren und Grafiker ; Scan vom EDHAC e.V. (Public domain)

L’essentiel

  • La BNS maintient son taux directeur à 0%, inchangé depuis juin 2025.
  • Elle prévoit une inflation de 0,7% cette année et de 0,8% l’an prochain, malgré la hausse des prix pétroliers.
  • La banque centrale relève sa prévision de croissance pour l’année en cours à une fourchette de 1,5% à 2%.
  • La BNS se dit prête à intervenir sur le marché des changes, sans annoncer d’intervention effective.

La Banque nationale suisse (BNS) a maintenu jeudi son taux directeur à 0%, niveau en vigueur depuis juin 2025. Sa décision intervient alors que l’inflation suisse a légèrement accéléré sous l’effet de la hausse des prix pétroliers.

Pour l’institut d’émission, cette remontée ne justifie pas, à ce stade, un resserrement monétaire. Son objectif est de maintenir l’inflation dans une fourchette comprise entre 0% et 2%. Ses nouvelles prévisions la situent à 0,7% cette année et à 0,8% l’an prochain, soit une révision à la hausse d’environ un dixième de point pour chacune de ces deux années. La BNS anticipe ensuite une stabilisation à ce niveau en 2028, à condition que le taux directeur reste nul pendant toute la période.

Une économie mieux orientée, mais des fragilités

La banque centrale estime que sa politique actuelle permet à la fois de préserver la stabilité des prix et de soutenir l’activité. Elle a d’ailleurs relevé sa prévision de croissance du produit intérieur brut pour l’année en cours : elle attend désormais une progression comprise entre 1,5% et 2%, contre environ 1% envisagé à la mi-juin. La croissance est attendue autour de 1,5% en 2027.

Cette amélioration s’appuie notamment sur la performance de la chimie-pharmacie au deuxième trimestre. Mais la BNS relève aussi que les capacités de production, particulièrement dans l’industrie, restent moins utilisées que la moyenne et que le chômage a encore progressé jusqu’au début de l’été. Ces éléments plaident pour ne pas durcir trop vite les conditions monétaires.

Le choix suisse contraste avec les récentes hausses de taux de la Réserve fédérale américaine et de la Banque centrale européenne. La comparaison ne suffit toutefois pas à dicter la politique de la BNS : celle-ci répond à l’inflation et à la conjoncture suisses, telles qu’elle les évalue.

Ce que le statu quo dit — et ne dit pas

Pour les emprunteurs et les épargnants, le fait nouveau est avant tout l’absence de changement du taux directeur de la BNS. Les articles disponibles ne détaillent ni l’évolution des taux proposés par les banques sur les crédits, ni celle des rémunérations de l’épargne. Ils ne permettent donc pas de chiffrer l’effet du statu quo sur un prêt ou sur un compte précis.

Le franc reste un autre point de vigilance. La BNS a indiqué être prête, si nécessaire, à intervenir sur le marché des changes afin de maintenir des conditions monétaires appropriées. Cette déclaration ne signifie pas qu’une intervention a eu lieu ni dans quel sens elle pourrait agir. Elle souligne en revanche que le cours de change fait partie des variables suivies par la banque centrale.

La suite dépendra notamment des prix du pétrole, de la politique commerciale et de l’évolution des changes, que la BNS identifie comme des incertitudes. Pour l’heure, elle considère que l’inflation demeure maîtrisée sans relever son taux directeur.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. RTS Inforts.ch
  2. SWI swissinfo.chswissinfo.ch