La Suisse veut concentrer son aide au développement sur 21 pays
Dès 2029, la DDC prévoit de quitter 13 pays et de rediriger une part de ses moyens vers l’urgence humanitaire. La stratégie doit encore être soumise à consultation puis au Conseil fédéral.
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L’essentiel
- La DDC veut limiter ses pays prioritaires à 21 dès 2029, contre 34 aujourd’hui.
- Treize pays devraient perdre leurs programmes de développement, notamment plusieurs pays à revenu intermédiaire.
- 330 millions de francs par an doivent être redirigés vers l’aide humanitaire.
- La liste définitive et les modalités restent soumises à une consultation prévue début 2027 puis à une décision du Conseil fédéral.
La Suisse prévoit de ramener de 34 à 21 le nombre de pays prioritaires de sa coopération au développement à partir de 2029. La Direction du développement et de la coopération (DDC) veut ainsi se retirer de 13 pays, en privilégiant à l’avenir des programmes nationaux dans les pays à faible revenu.
Le Népal, l’Arménie, la Géorgie, le Zimbabwe, la Tanzanie et la Tunisie figurent parmi les Etats que la SonntagsZeitung présente comme concernés. Cette liste n’est toutefois pas complète et les modalités du retrait restent à préciser. La DDC a confirmé au DFAE l’objectif de 21 pays prioritaires, alors que le journal en évoquait 20.
Le mouvement toucherait aussi les institutions internationales financées par la Suisse. Selon les informations citées par les médias, le nombre d’organisations multilatérales soutenues par la DDC passerait de 24 à 18. Les organisations concernées ne sont pas identifiées à ce stade.
Davantage d’urgence, moins de programmes de long terme
Ce recentrage correspond à une orientation décidée par le Conseil fédéral le 24 juin pour la stratégie de coopération internationale 2029-2032. L’idée n’est pas de réduire fortement l’enveloppe globale, qui devrait rester proche de 2,4 milliards de francs par an, mais de modifier son emploi.
Quelque 330 millions de francs par année doivent être transférés de la coopération au développement vers l’aide humanitaire, dont 296 millions apportés par la DDC. La part de l’aide humanitaire dans le budget de la coopération internationale passerait ainsi d’environ 26 % à près de 40 %.
Les fonds doivent notamment renforcer l’aide d’urgence, les opérations menées directement et les contributions aux partenaires humanitaires. Le DFAE justifie ce choix par la dégradation du contexte géopolitique, la multiplication des besoins liés aux guerres et aux catastrophes, ainsi que par une marge budgétaire fédérale restreinte.
La DDC ne se retirera pas pour autant de tous les pays hors de sa liste prioritaire. Elle prévoit de conserver un engagement dans six contextes humanitaires de crise prolongée. Cette distinction sépare les programmes de développement, conçus dans la durée, des interventions d’urgence destinées à répondre à une crise.
Une politique extérieure plus sélective
La nouvelle stratégie doit également resserrer les thèmes d’intervention autour de quatre domaines : santé, Etat de droit, climat et migration. La DDC poursuit les travaux avec le Secrétariat d’Etat à l’économie et la Division Paix et droits de l’homme.
Pour la politique extérieure suisse, cette réorganisation signifie une présence moins dispersée et davantage guidée par deux priorités : les pays les plus pauvres et les crises humanitaires durables. Elle réduit en revanche les programmes bilatéraux de développement dans plusieurs pays à revenu intermédiaire, dont certains sont nommément cités mais pas encore officiellement confirmés dans une liste définitive.
Le projet doit encore franchir plusieurs étapes. Une procédure de consultation est annoncée au début de 2027. Le Conseil fédéral sera ensuite saisi de la stratégie 2029-2032. Les retraits, les pays finalement retenus et le calendrier concret de fermeture ou de transition des programmes dépendront donc de cette décision à venir.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.



