À Berne, un mémorial du nazisme centré sur la frontière suisse
Prévu d’ici fin 2027, le premier mémorial national consacré aux victimes du nazisme rappellera aussi les refoulements à la frontière. La Confédération finance sa création à hauteur de 2,5 millions.
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L’essentiel
- Le premier mémorial national suisse consacré aux victimes du nazisme doit ouvrir à Berne d’ici fin 2027.
- Son mur sonore en forme de frontière rappellera notamment les personnes refoulées par la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale.
- Le Conseil fédéral a alloué 2,5 millions de francs à sa création, tandis qu’une association assurera ensuite la gestion du site.
- Les coûts futurs d’exploitation et leur financement ne sont pas précisés dans les informations publiées.
La Suisse doit disposer d’ici fin 2027 de son premier mémorial national consacré aux victimes de la Shoah et des persécutions nazies. Le projet lauréat, intitulé « unfolded minute », a été présenté mardi. Il prendra place sur la terrasse du Casino à Berne, à proximité du Palais fédéral.
L’installation ne commémorera pas seulement les victimes. Elle s’adressera également à leurs proches et aux personnes qui leur ont porté secours. Plus de 60 sites commémoratifs ont déjà été créés en Suisse depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais à l’initiative d’acteurs privés. Il manque encore un lieu national réunissant ces différentes dimensions.
La frontière au centre du dispositif
La pièce principale sera un mur métallique et sonore d’environ 60 mètres. Sa forme reprendra la frontière extérieure de la Suisse comme si celle-ci avait été dépliée. Trois fois par heure, le mur diffusera une composition sonore d’une minute consacrée à une victime particulière.
Deux bornes présenteront des biographies et le contexte historique. Un pavillon circulaire muni d’un bandeau lumineux complétera l’ensemble. Le site doit rester accessible au public et accueillir des moments de rencontre, de réflexion et de recueillement.
Le choix de la frontière place directement la politique suisse de l’époque dans le récit. Le mémorial rappellera le sort de personnes persécutées par le régime national-socialiste qui ont fui vers la Suisse, mais ont été refoulées en raison de sa politique d’asile restrictive. Certaines ont ensuite été renvoyées vers la mort.
Le projet doit aussi évoquer ceux qui ont choisi de venir en aide aux persécutés. Lors de la présentation, le conseiller fédéral Ignazio Cassis a insisté à la fois sur la transmission de la mémoire des victimes et sur le courage des personnes ayant agi en leur faveur. Le dispositif ne présentera donc pas la Suisse comme un simple observateur extérieur : il abordera ses décisions à la frontière tout en donnant une place aux gestes de secours.
Une enveloppe fédérale de 2,5 millions
Le Conseil fédéral a accordé en 2023 un montant de 2,5 millions de francs à la création de ce lieu public. La décision faisait suite à deux motions adoptées à l’unanimité par le Parlement. L’initiative à l’origine du projet était privée, avant de recevoir cet appui politique fédéral.
Cette somme finance la création du mémorial. Les sources ne précisent toutefois ni le coût détaillé des différents éléments ni le budget annuel nécessaire à l’exploitation du site. Une association doit reprendre sa gestion après l’achèvement des travaux. Son mode de financement n’est pas encore détaillé dans les informations publiées.
La prochaine échéance annoncée est la réalisation du projet d’ici la fin de 2027. Le mémorial devra alors concilier sa vocation nationale avec le maintien de la terrasse du Casino comme espace public vivant, souhaité par la Ville de Berne.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.



