PISA 2025: la Suisse reste bien classée mais perd du terrain
Les élèves suisses dépassent la moyenne de l’OCDE, mais reculent en lecture et en mathématiques. Les écarts sociaux persistent, sans fournir encore un mode d’emploi aux cantons.
L’essentiel
- La Suisse reste au-dessus de la moyenne de l’OCDE en sciences, en mathématiques et en lecture.
- En dix ans, les scores ont reculé de 22 points en lecture comme en mathématiques.
- En lecture, 28,8% des élèves n’atteignent plus le niveau minimal, contre 19,9% en 2015.
- L’enquête constate de forts écarts sociaux, mais ne fournit ni résultats cantonaux ni mesures chiffrées pour y répondre.
La Suisse demeure parmi les pays les plus performants de l’enquête PISA 2025, sans parvenir à enrayer l’érosion de certaines compétences. Les élèves de 15 ans obtiennent 501 points en sciences, 499 en mathématiques et 470 en lecture. Les moyennes de l’OCDE s’établissent respectivement à 482, 463 et 461 points.
Le résultat est particulièrement solide en mathématiques : la Suisse se classe au 9e rang parmi les 91 pays participants et au 4e rang parmi les 38 membres de l’OCDE. Elle dépasse aussi la moyenne dans la résolution de problèmes par modélisation, évaluée pour la première fois, avec 520 points contre 500.
Ces comparaisons internationales ne doivent toutefois pas masquer l’évolution nationale. En dix ans, le score suisse est passé de 521 à 499 points en mathématiques et de 492 à 470 points en lecture. Les sciences résistent mieux, avec 501 points en 2025 contre 506 en 2015. Le recul en lecture et en mathématiques touche également l’ensemble de l’OCDE.
Davantage d’élèves sous le niveau minimal
La hausse du nombre d’élèves en difficulté constitue le signal le plus concret. En lecture, 28,8% des jeunes n’atteignent pas le niveau minimal, contre 24,7% en 2022 et 19,9% en 2015. En mathématiques, cette part est passée de 19,4% en 2022 à 23,2% en 2025. Elle reste néanmoins inférieure à la moyenne de l’OCDE, qui atteint 34,8%.
En sciences, 20,7% des élèves suisses se situent sous le niveau attendu. Cette proportion est restée globalement stable. L’enjeu ne se limite donc pas à la place de la Suisse dans un classement : une fraction croissante d’une classe d’âge ne maîtrise pas les compétences minimales en lecture et en mathématiques.
Des écarts constatés, mais pas une cause unique
L’enquête établit des liens entre les résultats et plusieurs caractéristiques. Les élèves issus du quart socialement le plus défavorisé obtiennent en moyenne de moins bonnes performances. La langue parlée à la maison et le statut migratoire sont aussi associés à des écarts importants. En sciences, aucune différence significative n’apparaît entre filles et garçons.
L’écart entre les élèves les plus favorisés et les plus défavorisés a diminué depuis son pic de 2022 et retrouve son niveau de 2015. Ce rapprochement ne traduit pas uniquement une amélioration au bas de l’échelle : il tient aussi à une baisse des performances parmi les élèves privilégiés.
Ces données décrivent des corrélations. Elles ne permettent pas, à elles seules, de désigner une cause unique au recul général. L’usage numérique mérite également d’être distingué du diagnostic scolaire. Les jeunes en Suisse recourent davantage à l’intelligence artificielle pour apprendre que la moyenne de l’OCDE. Près de la moitié passent entre une et trois heures par jour sur les réseaux sociaux en semaine, et un tiers plus de trois heures. Les résultats publiés ne démontrent toutefois pas que ces usages expliquent la baisse des scores.
Un diagnostic national, pas encore un programme cantonal
Près de 7600 jeunes de 275 écoles suisses ont participé à l’enquête. Les résultats présentés fournissent une photographie nationale, mais les sources ne donnent ni ventilation cantonale ni mesures chiffrées pour corriger le recul.
Pour les cantons, PISA ne constitue donc pas encore un programme prêt à financer. Une réponse ciblée suppose d’abord d’identifier localement où se concentrent les difficultés en lecture et en mathématiques, puis de mesurer les effets des dispositifs retenus. Sans résultats par canton, objectifs vérifiables et coûts annoncés, l’enquête permet de fixer les priorités, mais pas encore de juger quelle dépense supplémentaire serait efficace.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 4 rédactions indépendantes.