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Suisse

219 tonnes de microplastiques se déposent chaque année en Suisse

Une campagne menée sur cinq sites estime les dépôts atmosphériques de microplastiques dans les sols et les eaux. Elle confirme l’ampleur du phénomène, sans encore en mesurer tous les effets.

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Échantillons d’eau et de particules en laboratoire
Échantillons d’eau et de particules en laboratoire. Photographie d’archive. Image : JosephTarletonTX (CC0)

L’essentiel

  • Une étude estime à 219 tonnes par an les microplastiques déposés par l’air sur la Suisse située sous 2 000 mètres d’altitude.
  • Les terres agricoles recevraient directement 78 tonnes par an, contre une dizaine de tonnes pour les lacs et cours d’eau.
  • Le PET, le polyéthylène et le polypropylène dominent les particules identifiées, ce qui renvoie notamment aux emballages et aux textiles.
  • Les effets sanitaires et environnementaux ne sont pas encore clairement établis, mais la persistance des particules justifie une réduction des déchets selon les chercheurs.

Près de 219 tonnes de microplastiques se déposent chaque année sur le territoire suisse, selon une étude menée par l’Empa, l’Eawag et Agroscope avec le soutien de l’Office fédéral de l’environnement. Les particules, transportées dans l’air, finissent dans les sols et les milieux aquatiques.

L’estimation repose sur des prélèvements effectués pendant une année à Zurich, Dübendorf, Magadino, Payerne et sur le Chaumont. Les chercheurs ont ensuite projeté leurs mesures à l’ensemble de la Suisse situé sous 2 000 mètres d’altitude. C’est la première évaluation systématique de ce type dans le pays.

Cette méthode donne un ordre de grandeur national, mais elle ne constitue pas un comptage direct de chaque dépôt. Les résultats dépendent de cinq points d’observation, choisis dans des contextes urbain, périurbain et rural, puis d’une extrapolation géographique. La limite d’altitude retenue signifie aussi que l’estimation ne couvre pas les zones suisses situées au-dessus de 2 000 mètres.

Un dépôt plus élevé en ville

Zurich présente le niveau quotidien le plus important parmi les sites étudiés, avec 881 particules par mètre carré et par jour. Les quatre autres sites se situent entre 249 et 331 particules de moins. L’écart confirme que l’environnement urbain concentre davantage de dépôts mesurés, sans permettre à lui seul d’identifier précisément l’origine de chaque particule.

Environ 78 tonnes par an atteindraient directement les terres agricoles. Une dizaine de tonnes se déposeraient dans les lacs et les cours d’eau. Le reste concerne d’autres surfaces terrestres. Ces flux sont faibles au regard de l’ensemble des particules présentes dans l’atmosphère : les microplastiques n’en représentent que 0,02 à 0,12 %, aux côtés notamment de poussières désertiques, de suie, de résidus de combustion et de particules biologiques.

Mais leur accumulation mérite attention. Ces matières ne se dégradent pas, ou seulement très lentement. Une petite part du dépôt atmosphérique peut donc devenir une quantité importante lorsqu’elle se répète sur de grandes surfaces et pendant de longues périodes.

Emballages et textiles parmi les origines probables

Le PET représente 31 % des plastiques identifiés dans les échantillons, devant le polyéthylène, à 26 %, et le polypropylène, à 21 %. Ces trois matériaux totalisent près de quatre cinquièmes des particules relevées.

Leur présence renvoie à des usages très courants. Le PET entre notamment dans les bouteilles de boissons et les fibres de polyester. Le polyéthylène et le polypropylène sont largement utilisés dans les emballages, les films plastiques, les récipients et des produits du quotidien. L’étude établit ainsi la composition des dépôts ; elle ne chiffre pas la responsabilité respective de chaque filière ou de chaque comportement de consommation.

Les conséquences pour l’environnement et la santé restent, selon les chercheurs, insuffisamment établies. La mesure documente d’abord une pollution diffuse, durable et présente aussi bien dans les sols que dans les eaux.

Pour Christoph Hüglin, chercheur à l’Empa et directeur de l’étude, le principe de précaution plaide pour moins de déchets, un emploi du plastique limité aux usages nécessaires et un meilleur bouclage des matières. La prochaine étape, pour les pouvoirs publics comme pour les producteurs, sera de déterminer quelles réductions à la source produisent effectivement les plus grands effets, et à quel coût.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. RTS Inforts.ch
  2. SWI swissinfo.chswissinfo.ch