Carburants et mazout : le choc pétrolier atteint les ménages
La hausse du brut se répercute déjà sur l’essence en France et le mazout en Suisse. Les réponses publiques sécurisent surtout les volumes disponibles, sans effacer la facture des ménages.
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L’essentiel
- Le mazout domestique coûtait autour de 1,60 franc le litre en Suisse mardi, soit 45 % de plus qu’à la mi-juin.
- Le report des commandes de chauffage pourrait concentrer les livraisons avant l’hiver et rallonger les délais.
- La Suisse libère une part de ses stocks obligatoires d’essence et de diesel, tandis que la France écarte des aides générales aux carburants.
La hausse du pétrole se transmet désormais directement aux dépenses quotidiennes. En France, le prix de l’essence a atteint son plus haut niveau depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, selon France 24. En Suisse, le mazout domestique s’échangeait mardi autour de 1,60 franc le litre, contre 1,10 franc à la mi-juin, rapporte la RTS. Cela représente une hausse de 45 % en deux mois.
La poussée est liée, selon la RTS, à la guerre en Iran et au blocus du détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle au transport pétrolier. Le Brent a atteint 100 dollars le baril. Mais le prix payé par les ménages ne dépend pas seulement du brut : les difficultés d’acheminement, les capacités de raffinage et les achats concentrés à l’approche de l’hiver peuvent aussi alourdir la facture.
Les achats de chauffage sont repoussés
Face au prix actuel, des propriétaires de chauffages au mazout diffèrent le remplissage de leur cuve dans l’espoir d’une détente. Paolo Righetti, président de la branche tessinoise de Swissoil et directeur de volenergy Ticino SA, décrit un marché largement immobile depuis plusieurs mois.
Ce report ne fait pas disparaître le besoin de se chauffer. Si de nombreux clients commandent au même moment, les distributeurs anticipent une pression logistique : davantage de commandes simultanées et, par conséquent, des délais de livraison plus longs. Les ménages conservent la possibilité de choisir le moment de leur commande, mais ils restent exposés à une nouvelle hausse si la situation géopolitique ne s’apaise pas.
Les fournisseurs n’ont donc qu’une marge limitée. Ils peuvent organiser les livraisons et alerter leurs clients sur les délais, sans maîtriser ni le cours international ni les routes d’approvisionnement. La RTS souligne en outre que les prix du diesel ont connu des variations quotidiennes de plusieurs dizaines de dollars par tonne.
Des leviers publics ciblés
Les pouvoirs publics disposent surtout d’outils pour éviter une rupture physique d’approvisionnement. En Suisse, l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays a autorisé, du 8 au 20 septembre, le prélèvement de 30 000 mètres cubes de diesel et de 30 000 mètres cubes d’essence dans les stocks obligatoires. Ces volumes représentent moins de 3 % des réserves obligatoires.
Cette décision intervient alors que l’arrêt de production de la raffinerie de Cressier, après un incident technique, s’ajoute à une baisse du transport maritime liée au faible niveau du Rhin. L’office précise toutefois que le fioul domestique et le kérosène ne posent pas de problème d’approvisionnement à ce stade. Les réserves mobilisées concernent donc l’essence et le diesel, non le mazout de chauffage.
Paolo Righetti estime que le recours aux réserves peut contribuer à contenir les prix en réduisant la dépendance immédiate au marché international. Il ne garantit toutefois pas un retour rapide aux niveaux de juin. En France, le gouvernement a maintenu son opposition à des aides plus générales, malgré une réunion au ministère de l’Économie consacrée à l’urgence des prix des carburants.
La distinction est décisive pour les ménages : sécuriser les volumes évite que l’énergie manque, mais ne compense pas nécessairement le renchérissement du plein ou de la prochaine livraison de chauffage. L’évolution dépendra d’abord de la situation au Moyen-Orient et de la capacité des chaînes d’approvisionnement à fonctionner normalement.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.


