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Washington et Téhéran rouvrent un canal de discussion sous la menace

Des responsables américains et iraniens ont échangé trois heures à l’ONU. Une réouverture d’Ormuz est évoquée, mais elle dépendrait de gestes réciproques encore non définis.

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Portrait d’un responsable iranien en costume sombre
Portrait d’un responsable iranien en costume sombre. Photographie d’archive. Image : Khamenei.ir (CC BY 4.0)

L’essentiel

  • Donald Trump a annoncé trois heures de discussions entre des responsables américains et iraniens à New York.
  • L’Iran envisagerait de rouvrir le détroit d’Ormuz si Washington réduit certaines pressions militaires et économiques, selon le Guardian.
  • Cette piste est contestée au sein même de l’appareil iranien et aucun accord détaillé n’a été annoncé.
  • La reprise du dialogue peut limiter le risque d’escalade, mais les exigences sur la navigation et la pression militaire restent sans solution publique.

Washington et Téhéran ont repris un contact direct de haut niveau en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York. Le président américain Donald Trump a annoncé une réunion de trois heures entre des représentants des deux pays. La télévision d’État iranienne a confirmé un entretien entre le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et l’émissaire américain Steve Witkoff.

C’est le premier contact de ce niveau rapporté depuis la rencontre, en juin en Suisse, entre une délégation iranienne et le vice-président américain JD Vance. Selon le Guardian, des diplomates qataris ont servi d’intermédiaires lors du nouvel échange. Donald Trump a annoncé qu’une autre réunion devait se tenir prochainement, sans en préciser la date ni le format.

Un échange, pas encore un accord

Le contenu détaillé des discussions n’a pas été rendu public. Steve Witkoff s’est dit très satisfait de l’entretien, tandis que Donald Trump l’a qualifié de très productif. Téhéran n’a pas livré d’évaluation officielle comparable.

Le Guardian rapporte toutefois qu’un haut responsable iranien a envisagé une réouverture du détroit d’Ormuz dans un délai d’une semaine. Cette ouverture serait conditionnée à des mesures américaines réciproques : un allègement des pressions militaires et économiques, des signes de levée du blocus militaire visant les ports iraniens et l’arrêt d’opérations liées au détroit.

Cette position constituerait un assouplissement par rapport à sept conditions auparavant avancées par l’Iran, dont la fin de la guerre américaine « sur tous les fronts » et l’arrêt des sanctions. Mais l’information reste disputée à Téhéran. Le même journal indique que des médias iraniens proches des Gardiens de la révolution ont contesté l’existence d’une nouvelle position. Le responsable cité a affirmé qu’elle avait reçu l’aval du guide suprême Mojtaba Khamenei et du Conseil suprême de sécurité nationale.

Des signaux contradictoires

Le canal diplomatique s’ouvre dans un climat de coercition assumée. Devant l’Assemblée générale, Donald Trump a présenté un choix entre un accord permettant à l’Iran de se reconstruire et la destruction de la République islamique. Il a dit s’attendre à un accord après les élections de mi-mandat américaines de novembre.

Ces déclarations réduisent la portée immédiate des gestes d’apaisement. Elles maintiennent la menace militaire au centre de la négociation, alors que l’Iran réclame précisément une baisse de cette pression. Elles n’empêchent pas les discussions, mais elles rendent plus difficile la confiance nécessaire à un arrangement durable.

Une désescalade régionale supposerait au moins un mécanisme opérationnel sur la navigation dans le détroit. Selon le Guardian, un éventuel accord devrait d’abord régler avec Oman le tracé d’une nouvelle route commerciale passant largement dans les eaux iraniennes. Les États du Golfe ne l’ont pas approuvée. L’Arabie saoudite souhaite aussi participer à son autorisation, ce que Téhéran refuse.

À ce stade, la réunion établit donc l’existence d’un canal, non celle d’un compromis. Les prochaines discussions devront montrer si les deux capitales peuvent traduire leurs déclarations en engagements précis et vérifiables.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. BBC News — Worldbbc.co.uk
  2. The Guardian — Worldtheguardian.com