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Séoul refuse d’entrer en guerre mais renforce la protection maritime

La Corée du Sud écarte tout envoi de troupes dans le détroit d’Ormuz. La frégate Chonghae pourrait toutefois élargir sa mission pour sécuriser les navires et cargaisons sud-coréens.

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Frégate militaire naviguant dans un port
Frégate militaire naviguant dans un port. Photographie d’archive. Image : Konflikty.pl (Attribution)

L’essentiel

  • Séoul exclut l’envoi de troupes ou de moyens militaires qui l’impliqueraient dans la guerre contre l’Iran.
  • La frégate Chonghae, déjà présente près du Yémen, pourrait étendre sa mission à la protection de navires sud-coréens.
  • Cette position répond aux risques pesant sur les transports de pétrole, mais accentue un différend avec Washington sur le soutien à apporter au conflit.

La Corée du Sud ne participera pas militairement au conflit avec l’Iran, malgré les demandes formulées par Washington. Le président Lee Jae-myung a exclu, le 18 septembre, tout déploiement susceptible d’entraîner son pays dans la guerre.

Cette mise au point clôt deux semaines de spéculations sur une possible intervention dans le détroit d’Ormuz. L’hypothèse avait notamment circulé après des informations venues du ministère sud-coréen de la Défense. Elle suscitait une opposition dans l’opinion publique. Séoul avait jusqu’ici refusé d’intervenir, y compris après qu’un pétrolier sud-coréen eut été endommagé par un missile iranien.

Le refus ne signifie pas un retrait complet de la zone. Le gouvernement envisage une activité navale limitée, destinée à protéger ses navires marchands, ses approvisionnements en pétrole brut ainsi que ses ressortissants. La frontière fixée par le président est celle de l’engagement direct dans le conflit : protéger la navigation, oui ; rejoindre les opérations de guerre, non.

Une frégate déjà présente dans la région

Cette mission pourrait reposer sur la frégate Chonghae. Déjà déployée autour du Yémen, elle participe à une présence navale sud-coréenne établie au large de la Somalie dans le cadre d’une mission de lutte contre la piraterie. Son mandat pourrait être étendu à la couverture des bâtiments sud-coréens qui naviguent à proximité du détroit d’Ormuz.

Le dispositif envisagé reste donc défensif dans sa présentation et ciblé sur les intérêts nationaux. Les sources ne précisent ni l’étendue exacte de la nouvelle mission, ni les règles d’intervention de la frégate, ni la date d’une éventuelle extension. Elles ne permettent pas non plus de savoir si Séoul coordonnerait cette protection avec les forces américaines ou avec d’autres pays présents dans la région.

Pour les compagnies maritimes sud-coréennes et pour le transport de pétrole, l’enjeu est concret. Séoul veut maintenir une capacité de protection de ses flux commerciaux sans prendre part à une opération qui exposerait davantage ses forces et créerait un engagement militaire ouvert.

Une friction assumée avec Washington

La décision intervient dans un contexte de tension avec l’allié américain. Donald Trump a reproché à Séoul un soutien insuffisant à la guerre contre l’Iran. Les États-Unis ont par ailleurs réduit cet été d’importants exercices militaires conjoints, une décision qui a inquiété la Corée du Sud.

Le désaccord porte donc sur la contribution sud-coréenne au Moyen-Orient, alors que l’alliance militaire demeure essentielle dans un environnement régional marqué par la Corée du Nord. Lee Jae-myung a indiqué vouloir poursuivre la coordination avec Washington afin de favoriser un dialogue entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, sans confirmer qu’une rencontre aurait lieu.

D’autres discussions bilatérales restent en cours. Séoul et Washington cherchent un accord sur les engagements d’investissement sud-coréens aux États-Unis liés à leur accord commercial. La Corée du Sud avait promis 350 milliards de dollars d’investissements dans l’industrie manufacturière américaine en contrepartie d’une baisse des droits de douane sur ses importations à 15 %. Le président sud-coréen a évoqué des difficultés sur la viabilité commerciale de ce paquet, tout en estimant les deux parties proches d’un accord.

Le choix maritime de Séoul cherche ainsi à préserver une coopération minimale pour la sécurité des routes maritimes, tout en refusant que cette coopération ne devienne une entrée en guerre.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. RFIrfi.fr
  2. The Guardian — Worldtheguardian.com