À l’ONU, la sécurité d’Ormuz au cœur de la réponse au choc pétrolier
Washington se dit ouvert à un échange avec Téhéran tandis que Paris propose une initiative à l’ONU sur Ormuz. En Europe, les États amortissent déjà, à des coûts très différents, la hausse des carburants.
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L’essentiel
- Les États-Unis se disent ouverts à une rencontre avec l’Iran en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.
- La France propose une résolution sur Ormuz, dont le trafic perturbé affecte une route majeure du pétrole et du gaz naturel liquéfié.
- Les États européens amortissent la hausse des carburants par des baisses de taxes, des plafonds ou des aides, avec un coût croissant pour les budgets publics.
Les initiatives diplomatiques autour du détroit d’Ormuz prennent une dimension économique immédiate. À New York, où se tient l’Assemblée générale des Nations unies, les États-Unis ont indiqué être ouverts à une rencontre avec l’Iran. La France propose de son côté une résolution sur ce passage maritime stratégique, alors que les gouvernements européens cherchent à limiter les conséquences de la hausse du pétrole sur les ménages et les entreprises.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré qu’aucune rencontre n’était programmée à ce stade avec Téhéran, mais que Washington y était disposé si elle pouvait produire un résultat positif. Il a réaffirmé l’objectif américain d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire.
Le président iranien Masoud Pezeshkian doit intervenir mercredi devant l’Assemblée générale. Avant son départ pour New York, il a annoncé qu’il défendrait fermement la position iranienne dans les instances internationales. Il est le plus haut responsable iranien à se rendre aux États-Unis depuis le début de la guerre, déclenchée fin février par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran.
Un passage maritime au centre du conflit
Avant la guerre, environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié passaient par le détroit d’Ormuz. Son trafic est désormais gravement perturbé. L’Iran vise des navires commerciaux et leur impose une autorisation de passage, selon Euronews. Les États-Unis maintiennent parallèlement un contre-blocus des ports iraniens et renforcent leur pression économique.
La sécurisation durable de cette route suppose donc davantage qu’une baisse ponctuelle des tensions. Elle dépendrait d’un accord acceptable pour les deux parties sur les conditions de circulation maritime et, plus largement, d’une issue au conflit. Or les messages iraniens restent contradictoires. L’agence semi-officielle Fars a notamment démenti des informations faisant état d’une proposition iranienne sur la réouverture du détroit.
Emmanuel Macron a proposé à Donald Trump plusieurs pistes pour contenir l’envolée des cours : une résolution aux Nations unies sur Ormuz, la protection de sites saoudiens et une « trêve énergétique » dans la guerre en Ukraine. Ces propositions dessinent une approche plus large : réduire les risques pesant à la fois sur les flux du Golfe et sur l’offre énergétique mondiale. Elles ne constituent toutefois pas, à ce stade, une décision internationale adoptée.
Des réponses européennes coûteuses et temporaires
En attendant une éventuelle désescalade, plusieurs États européens agissent sur les taxes ou les prix à la pompe. Ces choix peuvent alléger rapidement la facture, mais ils transfèrent une partie du coût vers les finances publiques ou reportent la hausse.
L’Allemagne prévoit à partir du 1er octobre, et jusqu’à la fin de l’année, une baisse de 14 centimes d’euro par litre de la taxe énergétique sur l’essence et le diesel, soit 17 centimes avec la TVA. Le gouvernement discute aussi avec l’industrie pétrolière d’un mécanisme de plafonnement des prix qui pourrait entrer en vigueur au plus tard le 1er janvier 2027.
En Italie, la baisse de fiscalité sur les carburants a été prolongée à seize reprises depuis mars. Son coût est évalué à 2,6 milliards d’euros. Rome réduit désormais l’ampleur de cette aide et envisage un chèque essence de 150 euros destiné aux salariés et indépendants modestes. Le ciblage pourrait limiter le coût budgétaire, mais son périmètre reste à préciser.
L’Espagne a engagé un bouclier anti-inflation de 5 milliards d’euros, incluant des baisses de taxes sur le gaz et l’électricité. La TVA sur les carburants a été abaissée de 21 % à 10 %. Le gouvernement diminue toutefois progressivement une autre réduction fiscale, dont la suppression est prévue en octobre sauf prolongation.
La Belgique, elle, s’appuie sur un plafond de prix ancien, fixé dans le cadre d’un contrat entre l’État et le secteur pétrolier. Ce dispositif limite le prix maximum de vente, sans empêcher les ajustements lorsque les paramètres de calcul progressent. Le prix maximal du diesel doit ainsi atteindre 2,501 euros le litre le 23 septembre.
Ces mesures nationales protègent partiellement le pouvoir d’achat, mais ne rétablissent pas l’approvisionnement maritime. Une avancée diplomatique sur Ormuz aurait donc un effet plus structurel que les dispositifs fiscaux. Son issue reste incertaine, et les aides européennes devront être réévaluées à mesure que dureront les perturbations.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.



