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Ormuz, Yémen : les médiations tentent d’enrayer l’escalade régionale

L’Iran pose ses conditions à la réouverture d’Ormuz tandis que les attaques au Yémen ravivent les alliances. Les canaux diplomatiques restent ouverts, mais les garanties de sécurité se durcissent.

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Navire militaire en mer au coucher du soleil
Navire militaire en mer au coucher du soleil. Photographie d’archive. Image : Official Navy Page from United States of America Alex R. Forster/U.S. Navy (Public domain)

L’essentiel

  • L’Iran conditionne la réouverture du détroit d’Ormuz à des concessions américaines portant notamment sur la guerre, ses fonds gelés et le blocus naval.
  • Le Qatar, le Pakistan et l’Égypte sont mobilisés dans des démarches de médiation, sans annonce d’accord entre Téhéran et Washington.
  • Les affrontements entre Riyad et les Houthis accroissent le risque d’une confrontation régionale impliquant plus directement l’Iran, les États-Unis et les États du Golfe.
  • La Turquie évoque une aide militaire technique possible à l’Arabie saoudite au titre de son alliance avec Riyad et le Pakistan.

L’intensification des combats entre l’Arabie saoudite et les Houthis yéménites se double désormais d’une séquence diplomatique urgente autour de l’Iran. L’enjeu immédiat est d’éviter que les affrontements ne fassent basculer davantage d’États dans le conflit, alors que deux passages maritimes essentiels, Ormuz et Bab al-Mandab, sont au cœur des tensions.

Téhéran affirme avoir transmis à Washington, par des médiateurs, ses conditions pour revenir à l’ouverture du détroit d’Ormuz. Le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que le retour à la situation antérieure dépendait du respect d’engagements américains. Selon Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, ces exigences comprennent la fin de la guerre sur tous les fronts, le déblocage de fonds iraniens gelés et la levée du blocus naval américain.

Avant la guerre, environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux transitaient par ce détroit entre l’Iran et Oman, selon SWI swissinfo.ch. Son trafic est fortement perturbé depuis le début du conflit. Le Guardian rapporte qu’il est de fait fermé au trafic occidental. La différence importe : une ouverture négociée ne dépendrait donc pas seulement de la sécurité de la navigation, mais d’un accord plus large entre Téhéran et Washington sur les opérations militaires, les avoirs iraniens et les ports du pays.

Des médiations, mais pas de négociation directe

Le Qatar et le Pakistan sont cités comme intermédiaires entre les deux adversaires. Abbas Araghchi, chef de la diplomatie iranienne, devait s’arrêter à Doha avant de rejoindre New York pour l’Assemblée générale des Nations unies. Donald Trump doit, lui, rencontrer les six pays du Conseil de coopération du Golfe. Ces rendez-vous peuvent servir à clarifier les lignes rouges et les garanties recherchées par les capitales du Golfe, mais aucun accord n’est annoncé.

Au Caire, le directeur de la CIA John Ratcliffe a rencontré le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. D’après la présidence égyptienne, leurs échanges ont porté à la fois sur la guerre entre l’Iran et les États-Unis, Gaza, le Soudan, les attaques contre les pays du Golfe et la sécurité maritime. L’Égypte a appelé à des solutions politiques et diplomatiques. Washington dit redouter une escalade rapide.

Cette activité diplomatique ne signifie pas un apaisement. Les forces armées iraniennes ont averti que les intérêts et installations américains dans la région pourraient être visés en cas de nouvelle attaque contre l’Iran. Elles ont aussi menacé les pays régionaux qui s’associeraient, selon elles, à une offensive américaine. Le Guardian rapporte de son côté que l’Iran affirme avoir reçu des informations sur une reprise possible des bombardements américains, sans que cette affirmation soit étayée dans les éléments disponibles.

Le front yéménite élargit le risque

Au Yémen, les Houthis ont revendiqué des frappes contre Riyad et des installations de Saudi Aramco à Yanbu. Leur porte-parole militaire a ensuite fait état de 28 frappes saoudiennes en vingt-quatre heures dans les gouvernorats de Taëz, Al-Jawf et Marib. Ces bilans et descriptions émanent du mouvement houthi.

Les États-Unis considèrent les Houthis comme proches de l’Iran et estiment que leurs attaques contre l’Arabie saoudite ne pourraient avoir lieu sans l’aval de Téhéran ; l’Iran le nie. C’est ce lien présumé qui fait peser un risque d’élargissement : une confrontation initialement centrée sur le Yémen peut alimenter la crise entre Washington et Téhéran, et inversement.

La Turquie a ajouté une dimension régionale supplémentaire. Son ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a indiqué qu’Ankara suivait de près les attaques contre l’Arabie saoudite au titre du pacte de la Mecque, une alliance de défense collective avec Riyad et le Pakistan. Il a évoqué une possible réponse à des besoins militaires, notamment techniques, sans annoncer de déploiement. Présenté jusque-là comme un outil de dissuasion, cet accord est ainsi publiquement associé pour la première fois aux combats actuels.

Pour les gouvernements concernés, la priorité semble double : empêcher une attaque qui entraînerait une riposte directe contre des intérêts américains ou des États du Golfe, et restaurer des voies maritimes prévisibles. Mais les conditions iraniennes sur Ormuz, les opérations au Yémen et les promesses d’assistance entre alliés montrent que ces deux objectifs restent étroitement liés.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 3 rédactions indépendantes.

  1. RFIrfi.fr
  2. RFIrfi.fr
  3. SWI swissinfo.chswissinfo.ch
  4. The Guardian — Worldtheguardian.com