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L’attaque contre Riyad accroît la pression sur les routes pétrolières

Les Houthis disent avoir visé Riyad et Yanbu, tandis que Ryad affirme avoir intercepté un missile. La crise met sous pression les voies maritimes et les exportations saoudiennes.

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Réservoirs de stockage de produits pétroliers
Réservoirs de stockage de produits pétroliers. Photographie d’archive. Image : Matti Blume (CC BY-SA 4.0)

L’essentiel

  • Les Houthis revendiquent des tirs contre Riyad et des installations d’Aramco à Yanbu ; la coalition saoudienne dit avoir intercepté un missile vers la capitale.
  • Washington avertit ses ressortissants d’un risque d’escalade et de perturbations aériennes, sans annoncer d’intervention militaire.
  • Le contrôle houthi du littoral de la mer Rouge et l’arrêt signalé de l’oléoduc Est-Ouest accroissent la vulnérabilité des exportations saoudiennes.
  • La pression sur Bab el-Mandeb et Ormuz contribue aux perturbations maritimes et à un pétrole au-dessus de 100 dollars le baril.

L’attaque revendiquée par les Houthis contre Riyad marque un nouveau palier dans les hostilités avec l’Arabie saoudite. Le mouvement yéménite affirme avoir conduit deux opérations au moyen de missiles et de drones : l’une contre des « sites sensibles » de la capitale, l’autre contre des installations d’Aramco à Yanbu, sur la mer Rouge.

La coalition dirigée par Ryad confirme qu’un missile balistique a été tiré vers la capitale et assure qu’il a été intercepté par la défense aérienne saoudienne. Elle accuse aussi les Houthis d’avoir visé plusieurs villes de l’ouest du pays, dont Yanbu. Des explosions ont été entendues à Riyad et un réservoir de carburant portant le logo d’Aramco a brûlé près de l’aéroport international Roi Khaled, selon des journalistes de l’AFP cités par France 24 et RTS.

Ces éléments ne permettent pas d’établir avec précision quels objectifs ont été atteints. Mais le retour de Riyad parmi les cibles, après plusieurs mois sans attaque contre la capitale depuis la reprise des hostilités en juillet, augmente le risque politique pour le royaume.

Washington alerte, sans annoncer d’intervention

Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants dans la région une vigilance accrue. Des ambassades américaines dans dix pays du Moyen-Orient, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, Israël et l’Irak, ont prévenu que le conflit pouvait s’intensifier rapidement.

Les avis américains portent aussi sur les conséquences concrètes d’une extension militaire : annulations de vols, fermetures d’espaces aériens et perturbations des déplacements. Ils ne s’accompagnent pas, à ce stade, de l’annonce d’une participation américaine aux frappes saoudiennes.

Donald Trump est rentré samedi à Washington en écourtant un séjour prévu à Camp David. La Maison Blanche n’a pas expliqué ce changement de programme. Il serait donc hasardeux d’y voir l’indice d’une décision militaire américaine.

L’Arabie saoudite, elle, poursuit des bombardements quotidiens contre les zones contrôlées par les Houthis au Yémen. Ces frappes n’ont pas, pour l’heure, arrêté leur progression. L’ONU a recensé, depuis l’escalade d’août, 110 victimes civiles dans 31 incidents à Taizz, Al Hudaydah et Marib : 28 morts et 82 blessés. L’organisation souligne que ce bilan est probablement incomplet, faute d’accès sécurisé.

Deux passages maritimes sous tension

L’enjeu dépasse désormais les échanges de tirs entre le Yémen et son voisin. Les Houthis contrôlent tout le littoral yéménite sur la mer Rouge, ce qui renforce leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb. Ce passage relie l’Asie à l’Europe par le canal de Suez.

Les sources évoquent déjà des perturbations du trafic maritime et des exportations saoudiennes. Elles rapportent aussi l’arrêt de l’oléoduc Est-Ouest saoudien, qui permet de contourner le détroit d’Ormuz, après des attaques de drones venues d’Irak selon Ryad. Or Ormuz est lui aussi fortement perturbé par l’Iran.

La pression simultanée sur ces deux détroits limite les itinéraires de repli pour le pétrole saoudien et pour le commerce régional. Le baril s’est installé au-dessus de 100 dollars, avec un effet direct sur les prix à la pompe évoqué par France 24 et RTS. Pour les autorités saoudiennes comme pour Washington, le risque n’est donc pas seulement une nouvelle attaque contre une ville : c’est une désorganisation durable des voies de transport et d’exportation.

La prochaine inconnue est la réponse de Ryad et le degré d’implication que les États-Unis accepteront. Une riposte plus large pourrait accroître la dissuasion recherchée par l’Arabie saoudite, mais aussi étendre davantage un conflit déjà connecté aux routes maritimes stratégiques de la région.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 3 rédactions indépendantes.

  1. Euronewsfr.euronews.com
  2. France 24 — Mondefrance24.com
  3. RTS Inforts.ch