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Monde

Au Yémen, l’offensive houthie expose la désunion du camp adverse

La prise de la côte ouest par les Houthis révèle l’avantage d’un commandement unifié face à des forces rivales. Les combats aggravent aussi l’exode des civils.

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L’essentiel

  • Les Houthis ont pris l’ensemble de la côte ouest yéménite et les îles du détroit de Bab el-Mandeb le 14 septembre.
  • Le camp gouvernemental rassemble des forces aux commandements, intérêts locaux et soutiens extérieurs divergents.
  • Au moins 63 personnes ont été tuées en vingt-quatre heures, tandis que des milliers d’habitants fuient les combats.
  • La capacité des forces anti-houthis à se réorganiser autour des montagnes de Kahbob sera déterminante pour la suite.

Les Houthis ont achevé le 14 septembre la conquête de la côte ouest yéménite et des îles du détroit de Bab el-Mandeb. Cette progression ne se résume pas à un gain territorial. Elle met surtout en lumière le déséquilibre entre une force houthie au commandement centralisé et un camp gouvernemental fragmenté en organisations concurrentes.

Le conflit oppose depuis 2014 les Houthis, soutenus par l’Iran, au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et soutenu par l’Arabie saoudite. Les rebelles contrôlent désormais près d’un tiers du pays, selon France 24. Leur offensive a combiné drones et missiles, visant le commandement adverse, les renforts et les dépôts, avant une attaque terrestre de grande ampleur.

Des forces adverses aux priorités distinctes

Face à eux, le gouvernement ne dispose pas d’une armée homogène. La Résistance nationale de Tarek Saleh, les Brigades des géants du Sud, les forces du Bouclier de la patrie, des unités de Taëz et la Résistance de Tihama conservent leurs propres chaînes de commandement. Leurs alliances extérieures et leurs intérêts territoriaux divergent également.

Les rivalités opposent notamment les forces de Tarek Saleh, largement issues du Nord, à des combattants recrutés dans la plaine côtière de Tihama, qui revendiquent un rôle politique local. Elles s’inscrivent aussi dans l’histoire des conflits entre Nord et Sud, ainsi que dans la concurrence entre soutiens saoudiens et émiratis.

Un incident survenu le 9 septembre à Ad Dali a illustré ces tensions. Le convoi du ministre de la Défense Taher al-Aqili y a été attaqué par des factions du Conseil de transition du Sud, avant que le ministre ne soit contraint de repartir après une médiation tribale. Dans ces conditions, mobiliser des unités vers un front commun signifie aussi, pour chaque groupe, laisser sa propre zone moins protégée.

Le Guardian rapporte que plus de quinze brigades ont été défaites et qu’un nombre pouvant atteindre 30 000 combattants équipés se seraient retirés. Des responsables yéménites ont avancé, sans en identifier l’auteur ni apporter d’éléments établissant cette accusation, que des milliards de dollars auraient été proposés pour convaincre des forces d’abandonner leurs positions. La Résistance nationale affirme pour sa part avoir effectué un repli tactique afin d’éviter l’encerclement, après la mort de 500 de ses soldats.

Un avantage opérationnel et psychologique

L’offensive souligne ainsi moins une supériorité mécanique certaine des Houthis qu’un échec de coordination de leurs adversaires. Des analystes cités par les deux médias évoquent des communications défaillantes, des décisions lentes, un manque de confiance entre unités et une meilleure exploitation du renseignement par les Houthis. Ces derniers bénéficient aussi de plus de dix ans de contrôle sur des régions importantes et d’une structure de commandement unifiée.

Le bilan humain continue de s’alourdir. France 24 fait état d’au moins 63 morts en vingt-quatre heures : 23 soldats gouvernementaux tués par des missiles et des drones dans les provinces de Taëz et de Lahi, et 40 combattants houthis tués dans des frappes saoudiennes et des combats terrestres. Les bilans, fournis par les camps engagés, restent partiels.

Pour les civils, la conséquence immédiate est la fuite. Les affrontements poussent des milliers de personnes à quitter leur lieu de vie, alors que le front se déplace et que les zones de combat s’étendent. La reprise annoncée de positions autour des montagnes de Kahbob, près du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, sera un premier test de la capacité du camp gouvernemental à se réorganiser.

L’enjeu dépasse la reconquête d’un point militaire. Sans commandement opérationnel commun et sans règlement des rivalités locales, de nouveaux renforts risquent de reproduire les mêmes fragilités. Les Houthis pourraient alors accentuer leur pression vers Taëz et Marib, selon l’analyste Mohammed al-Basha.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. France 24 — Mondefrance24.com
  2. France 24 — Mondefrance24.com
  3. France 24 — Mondefrance24.com
  4. The Guardian — Worldtheguardian.com