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Au Yémen, l’escalade militaire pousse plus de 100 000 personnes à fuir

Les alertes aériennes à Riyad et la prise de positions sur la mer Rouge accompagnent une nouvelle vague de combats au Yémen. Les déplacements dépassent les capacités d’accueil et de secours.

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Personne éclairant des occupants d'une tente
Personne éclairant des occupants d'une tente. Photographie d’archive. Image : Chris Morrow (CC BY-SA 4.0)

L’essentiel

  • Des alertes aériennes ont été déclenchées à Riyad après une nouvelle intensification des attaques houthies contre l’Arabie saoudite.
  • Les Houthis ont renforcé leurs positions près du détroit de Bab el-Mandeb, axe maritime stratégique entre l’Europe et l’Asie.
  • L’OIM recense plus de 100 000 déplacés au Yémen, dont 63 000 dans la région de Taiz.
  • Près de 3 000 personnes ont fui vers Djibouti, où les capacités d’accueil sont déjà sous forte pression.

Les autorités saoudiennes ont déclenché des alertes aériennes à Riyad dans la nuit de vendredi à samedi, avant d’annoncer la fin du danger. Des explosions ont été entendues dans la capitale par des journalistes de Reuters et de l’AFP, selon la BBC. C’est la première alerte de ce type à Riyad depuis l’intensification des attaques houthies en juillet.

Cette séquence marque une extension visible du conflit vers le territoire saoudien. La semaine précédente, des drones et missiles ont visé plusieurs installations pétrolières du royaume, provoquant des incendies et un arrêt temporaire d’activités. Le porte-parole militaire houthi Yahya Sarea a présenté ces tirs comme une réponse à plus de 450 frappes aériennes saoudiennes sur les zones sous leur contrôle en une semaine.

Ryad a également accusé les Houthis d’une attaque de drone contre La Mecque, accusation démentie par les rebelles, rapporte France 24. Les sources disponibles ne permettent donc pas d’établir les circonstances de cet épisode. Les alertes ont aussi concerné plusieurs régions saoudiennes, sans que celles-ci soient précisées.

La mer Rouge devient un front central

Sur le terrain yéménite, les Houthis ont récemment pris le contrôle de Mokha et de l’île de Périm, deux positions situées à l’entrée du détroit de Bab el-Mandeb. France 24 évoque aussi leur contrôle du littoral de la mer Rouge. Ce détroit relie la mer Rouge au golfe d’Aden et constitue un passage majeur entre l’Europe et l’Asie, via le canal de Suez.

Les Houthis ont annoncé un embargo maritime contre l’Arabie saoudite. Ils le présentent comme une riposte au blocus saoudien des ports et aéroports des territoires qu’ils administrent dans le nord-ouest du Yémen. L’Arabie saoudite et le gouvernement yéménite accusent au contraire les rebelles d’utiliser le détroit pour exercer une pression économique. Le Conseil de sécurité des Nations unies a appelé au maintien de la liberté de navigation en mer Rouge.

La perturbation ne concerne pas seulement le transport maritime. Selon la BBC, la fermeture effective du détroit d’Ormuz dans le contexte de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran a déjà contraint les exportations pétrolières saoudiennes à emprunter davantage cette zone de la mer Rouge. Les attaques contre les infrastructures énergétiques ont contribué à la hausse récente des prix de l’essence et du diesel dans plusieurs pays.

Taiz concentre l’exode intérieur

La reprise des combats se traduit d’abord par une crise de déplacement accélérée. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) recensait, le 18 septembre, plus de 100 000 personnes forcées de fuir leur domicile. France 24 a fait état d’au moins 112 000 déplacés depuis le début des combats, au début de septembre. Cet écart semble refléter des décomptes publiés à des moments différents, alors que l’OIM souligne que la rapidité des départs rend le suivi difficile.

La région de Taiz rassemble à elle seule 63 000 déplacés, selon l’OIM citée par RFI. Des familles partent parfois de nuit avec peu d’affaires. L’organisation distribue des abris d’urgence, des biens essentiels, de l’aide alimentaire et des services de protection, mais demande un financement rapide face à de nouveaux déplacements attendus.

L’exode franchit aussi le détroit. Près de 3 000 personnes ont gagné Djibouti, selon les agences onusiennes citées par France 24 et RFI. À Markazi, principal site d’accueil, les infrastructures d’eau, d’assainissement, l’école et le centre de santé sont sous pression. Le camp, prévu pour 5 000 personnes, accueille désormais presque le double, d’après la représentante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Djibouti.

La crise actuelle s’ajoute à une guerre commencée en 2014 et internationalisée l’année suivante par l’intervention d’une coalition menée par l’Arabie saoudite. Selon l’ONU, plus de 22 millions de personnes au Yémen ont besoin d’une forme d’aide. La poursuite des combats sur la côte ouest et les frappes de part et d’autre de la frontière détermineront désormais si les capacités humanitaires, déjà saturées, peuvent encore absorber l’exode.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 3 rédactions indépendantes.

  1. BBC News — Worldbbc.co.uk
  2. France 24 — Mondefrance24.com
  3. RFIrfi.fr