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Ormuz et Bab el-Mandeb sous pression, le commerce mondial pris en étau

Le blocage d’Ormuz perturbe déjà pétrole et gaz. Les gains houthis près de Bab el-Mandeb font craindre un second verrou sur la route entre l’Asie et l’Europe.

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Pétrolier près d’un terminal portuaire
Pétrolier près d’un terminal portuaire. Photographie d’archive. Image : Oil tanker Front Singapore at Fawley marine oil terminal by Gareth James (CC BY-SA 2.0)

L’essentiel

  • Le détroit d’Ormuz, passage habituel d’un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de gaz, est de fait fermé selon la BBC.
  • Les Houthis ont renforcé leur présence près de Bab el-Mandeb, accès stratégique à la mer Rouge et au canal de Suez.
  • Les itinéraires alternatifs rallongent les trajets et les coûts, tandis que l’oléoduc saoudien Est-Ouest ne permet pas d’éviter Bab el-Mandeb.
  • Les versions divergent sur l’attaque contre le pétrolier El Gaia, dont deux marins sont portés disparus.

Le risque ne porte plus sur une seule voie maritime. Alors que le détroit d’Ormuz est de fait fermé aux navires commerciaux, selon la BBC, le Qatar alerte sur la menace qui se rapproche de Bab el-Mandeb, à l’entrée sud de la mer Rouge. Si les deux passages devenaient durablement impraticables, les chaînes d’approvisionnement en énergie comme le fret entre l’Asie et l’Europe seraient frappés sur deux fronts.

À Ormuz, un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de gaz transite habituellement. Les attaques de missiles et de drones iraniennes contre des navires commerciaux, ainsi que le blocus américain des ports iraniens, ont déjà interrompu ce trafic, indique la BBC. L’Organisation maritime internationale recense au moins 79 incidents confirmés dans le détroit et dans le reste du Moyen-Orient depuis le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran à la fin février. Vingt-deux marins ont été tués.

Le dernier épisode concerne l’El Gaia, pétrolier battant pavillon panaméen. Deux membres d’équipage sont portés disparus et 23 autres ont été secourus après un incendie à bord, a annoncé le Centre de sécurité maritime d’Oman. Le navire était remorqué vers un port omanais. Les circonstances précises sont contestées : les gardiens de la révolution iraniens affirment qu’il a heurté des mines navales, tandis que l’armée américaine évoque un missile iranien le mois dernier, puis un drone durant le week-end. Le centre britannique UK Maritime Trade Operations a, lui, signalé un projectile d’origine inconnue.

Un second passage exposé

Bab el-Mandeb relie le golfe d’Aden à la mer Rouge. C’est l’accès obligé au canal de Suez pour les navires circulant entre l’Asie et l’Europe. Des attaques houthis antérieures avaient déjà poussé de nombreux armateurs à contourner l’Afrique australe, avec des trajets plus longs et plus coûteux, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie citée par Euronews.

La pression s’accroît après la prise par les Houthis des îles Hanish la Grande et Hanish la Petite. Le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale comme les responsables houthis ont confirmé ces gains après le retrait de forces alliées au gouvernement. Le groupe contrôlait déjà le port de Mokha et l’île de Perim, à proximité du détroit.

Cette position donne aux Houthis une capacité accrue de menacer le passage, sans établir à elle seule une fermeture effective. Le Qatar appelle donc à une action diplomatique internationale pour maintenir la liberté de navigation. Son ministère des affaires étrangères juge qu’ajouter Bab el-Mandeb à la fermeture d’Ormuz aurait des effets mondiaux.

Des solutions de contournement limitées

L’Arabie saoudite dispose de son oléoduc Est-Ouest, qui achemine son pétrole vers des terminaux de la mer Rouge et permet d’éviter Ormuz. Mais les pétroliers qui partent de ces ports vers le sud doivent encore franchir Bab el-Mandeb. Ce contournement ne résout donc pas le risque créé par une dégradation simultanée des deux détroits.

L’enjeu immédiat est la continuité des livraisons et le coût du transport. Un navire obligé de modifier sa route met davantage de temps à arriver et engage des dépenses supplémentaires. Pour l’énergie, l’incertitude sur le passage d’Ormuz atteint directement les volumes susceptibles d’être expédiés. Pour les marchandises, la vulnérabilité de Bab el-Mandeb menace l’axe Suez, sans qu’une paralysie totale soit établie à ce stade.

La prochaine variable est politique autant que militaire. Un accord préliminaire entre Washington et Téhéran visant à mettre fin à la guerre et rouvrir Ormuz avait été conclu en juin, avant de s’effondrer quelques semaines plus tard après la reprise des attaques contre la navigation. Doha affirme travailler avec des partenaires régionaux et internationaux à des discussions. Leur issue déterminera si les détours maritimes restent une perturbation temporaire ou deviennent une contrainte durable pour le commerce mondial.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. BBC News — Worldbbc.co.uk
  2. Euronewsfr.euronews.com