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Au Yémen, les gains houthis fragilisent deux voies du pétrole saoudien

La progression des Houthis vers Bab el-Mandeb coïncide avec l’arrêt d’un oléoduc saoudien visé par des drones. Les exportations et le trafic maritime dépendent désormais de stocks limités et d’itinéraires contestés.

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Homme travaillant sur une canalisation
Homme travaillant sur une canalisation. Photographie d’archive. Image : PhotosNormandie (CC BY-SA 2.0)

L’essentiel

  • Les Houthis ont renforcé leur position autour de Bab el-Mandeb en prenant de nouvelles îles de la mer Rouge.
  • L’arrêt de l’oléoduc Est-Ouest prive temporairement Riyad d’une voie essentielle pour contourner le détroit d’Ormuz.
  • Les stocks à Yanbu peuvent amortir le choc à court terme, mais leur volume et la date de reprise du pompage ne sont pas confirmés.
  • La combinaison des risques terrestres et maritimes a soutenu le prix du pétrole et menace les livraisons vers l’Europe et l’Asie.

L’offensive des Houthis sur la côte occidentale du Yémen ajoute une pression maritime à la vulnérabilité des infrastructures pétrolières saoudiennes. Après la prise de Mokha et de l’île de Perim, le mouvement a annoncé ou confirmé son contrôle des îles de Grande et Petite Hanish, plus au nord dans la mer Rouge.

Ces avancées placent les Houthis en position d’influencer le détroit de Bab el-Mandeb, passage entre la mer Rouge et le golfe d’Aden. C’est l’une des routes qui relient l’océan Indien au canal de Suez et à la Méditerranée. Les navires à destination de l’Asie l’empruntent aussi depuis Yanbu, le grand port pétrolier de la côte ouest saoudienne.

La situation ne signifie pas que le mouvement contrôle chaque navire ou ferme formellement la voie maritime. Selon *The Guardian*, les Houthis disent ne viser que les bâtiments liés à l’Arabie saoudite et cherchent à détourner le trafic vers les ports qu’ils tiennent, avec des droits portuaires réduits. Mais les attaques contre des navires en mer Rouge et les gains côtiers rendent le risque plus immédiat pour les compagnies maritimes.

L’oléoduc, une solution de contournement désormais interrompue

Cette menace intervient alors que l’Arabie saoudite a suspendu par précaution son oléoduc Est-Ouest après une attaque de drones. Long d’environ 1 200 kilomètres, il achemine le brut depuis l’est du pays jusqu’à Yanbu. Il permettait précisément de contourner le détroit d’Ormuz, dont le trafic est perturbé.

Le ministère saoudien de l’énergie n’a donné ni calendrier de reprise du pompage ni évaluation des dommages. Les autorités saoudiennes et irakiennes affirment que les drones ont été lancés depuis l’Irak. Bagdad a ouvert une enquête. *The Guardian* attribue l’attaque à une milice chiite soutenue par l’Iran, tandis que Téhéran dément toute implication, aussi bien dans cette attaque que dans les événements au Yémen.

L’enjeu dépasse la capacité théorique de l’oléoduc. Aramco avait indiqué l’avoir fait fonctionner à son maximum, soit 7 millions de barils par jour, au premier trimestre. Une partie de ce flux alimente toutefois les raffineries de la côte ouest : ce chiffre ne correspond donc pas aux seules exportations menacées.

Des acheteurs et négociants, cités par Euronews, estiment qu’un arrêt qui durerait pourrait compromettre environ 4 millions de barils quotidiens, près de 4 % de l’offre mondiale. Ils évaluent les réserves disponibles à Yanbu à cinq à sept jours d’exportations. Ces données ne sont pas confirmées par les autorités saoudiennes. Les contrats à terme du Brent ont progressé d’environ 3 % lundi et le baril a dépassé 108 dollars, selon les sources.

Un conflit local aux effets commerciaux mondiaux

Le dispositif de contournement saoudien était conçu pour éviter Ormuz. Or les exportations depuis Yanbu restent exposées à Bab el-Mandeb, où les Houthis ont renforcé leur présence. Contourner l’Afrique depuis le canal de Suez allongerait considérablement le trajet vers l’Asie et ne réglerait pas le problème de l’approvisionnement du port en pétrole si l’oléoduc demeure hors service.

L’Agence internationale de l’énergie relève que les stocks mondiaux ont baissé de 507 millions de barils depuis février, dont 95 millions en août. Elle estime les exportations du Golfe à environ 13 millions de barils par jour en août, presque deux fois moins qu’avant-guerre, et fait état d’une forte hausse des prix du diesel en Europe comme en Asie.

Sur le terrain, le rapport de forces demeure incertain. Le gouvernement yéménite reconnu internationalement, basé à Aden et soutenu par Riyad, promet de reconstituer ses forces. Il affirme que 150 civils ont été tués et plus de 200 blessés depuis le 3 septembre. L’ONU évalue à plus de 80 000 le nombre de déplacés en deux semaines. La prochaine donnée décisive sera la remise en service, ou non, de l’oléoduc saoudien : elle dira si la hausse des prix reflète une alerte brève ou une contrainte durable sur les livraisons.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 3 rédactions indépendantes.

  1. Euronewsfr.euronews.com
  2. Euronewsfr.euronews.com
  3. Euronewsfr.euronews.com
  4. France 24 — Mondefrance24.com
  5. France 24 — Mondefrance24.com
  6. France 24 — Mondefrance24.com
  7. France 24 — Mondefrance24.com
  8. The Guardian — Worldtheguardian.com
  9. The Guardian — Worldtheguardian.com