Les sanctions américaines accroissent l’isolement aérien de l’Iran
Washington menace désormais les prestataires des compagnies iraniennes. La mesure perturbe les liaisons internationales, sans produire pour l’heure un isolement complet.
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L’essentiel
- Les prestataires étrangers des compagnies iraniennes risquent désormais l’exclusion du système financier américain et des transactions en dollars.
- Des vols turcs vers l’Iran ont été annulés, tandis que Mahan Air a suspendu plusieurs liaisons régionales.
- La Chine et la Russie maintiennent des connexions, empêchant pour l’heure un isolement aérien complet de l’Iran.
- La mesure accroît la difficulté et le coût des déplacements sans démontrer encore un changement de cap de Téhéran.
Les États-Unis ont durci, mercredi 23 septembre, leur dispositif contre le transport aérien iranien. Les entreprises qui fournissent du carburant, des services aéroportuaires, de l’assistance au sol, de la maintenance ou des billets aux compagnies visées s’exposent désormais à perdre leur accès au système financier américain et aux transactions en dollars.
La nouveauté est donc moins une interdiction directe des vols qu’une sanction dite extraterritoriale : Washington fait peser le risque sur les partenaires étrangers des compagnies iraniennes. Pour une entreprise internationale, renoncer au marché iranien peut sembler moins coûteux que de compromettre son accès au dollar et au système financier des États-Unis.
Des liaisons déjà supprimées
Vingt-sept compagnies aériennes iraniennes ont été placées sur liste noire au début du mois, selon RFI. Elles s’ajoutent notamment à Mahan Air et Iran Air, déjà sanctionnées. Les sources divergent sur le calendrier précis de l’inscription de ces 27 compagnies, mais elles concordent sur l’entrée en vigueur, le 23 septembre, des menaces visant leurs prestataires.
Les premiers effets sont visibles. Les compagnies turques, parmi lesquelles Turkish Airlines, ont annulé leurs vols vers l’Iran le 21 septembre. Mahan Air a suspendu ses liaisons vers Istanbul, Ankara et Mascate. France 24 estime qu’environ un tiers des vols à destination de l’Iran auraient été annulés.
Ces décisions montrent que la pression américaine atteint non seulement les transporteurs iraniens, mais aussi les acteurs étrangers qui assuraient encore une partie de leurs connexions internationales. La réduction des vols devrait renchérir et compliquer les déplacements des voyageurs, tandis que les aéroports iraniens accueillaient avant la guerre environ 35 millions de passagers par an, majoritairement sur des liaisons intérieures.
Un blocus incomplet
L’isolement aérien n’est toutefois pas total. La Chine et la Russie refusent d’appliquer les sanctions américaines. Des vols vers Guangzhou et Moscou sont maintenus, et Mahan Air continue pour l’heure de desservir la Chine. Pékin a dénoncé des sanctions américaines qu’il qualifie d’unilatérales et d’illégales.
Cette marge de contournement limite la capacité de Washington à fermer entièrement le ciel iranien. Mais elle concentre les liaisons disponibles sur un nombre plus restreint de destinations et de partenaires, ce qui accroît la dépendance de Téhéran envers Pékin et Moscou.
Le Trésor américain justifie cette offensive en accusant les autorités iraniennes d’utiliser des vols commerciaux pour transporter de l’or et des armes au profit du Corps des gardiens de la révolution islamique. Washington inscrit par ailleurs l’aviation dans une opération plus vaste visant aussi l’or, les cryptomonnaies, les technologies et le transport maritime.
Pour la population, l’effet immédiat est d’abord celui d’une mobilité plus rare et plus coûteuse, dans un pays déjà confronté, selon France 24, à une inflation annuelle de 84 %, à un chômage officiel supérieur à 9 % et à une récession attendue de plus de 5 %. La mesure renforce la pression économique sur Téhéran, sans indication à ce stade qu’elle modifie sa position politique. Son efficacité dépendra surtout du nombre de prestataires étrangers prêts à privilégier le marché américain plutôt que les liaisons avec l’Iran.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.



