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Washington arme ses sanctions contre l’énergie russe

Une loi américaine ouvre la voie à des droits de douane pouvant atteindre 100 % contre des acheteurs d’énergie russe. Son effet dépendra toutefois des décisions de Donald Trump et de la réaction des pays visés.

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Pétrolier rouge naviguant en mer
Pétrolier rouge naviguant en mer. Photographie d’archive. Image : Sarvesh Lutchmun (CC BY-SA 4.0)

L’essentiel

  • La loi américaine vise l’énergie russe, la flotte fantôme et des responsables russes, dont Vladimir Poutine.
  • Elle permet à Donald Trump d’imposer jusqu’à 100 % de droits de douane à cinq grands acheteurs d’énergie russe.
  • Ces droits ne sont pas présentés comme automatiques : leur application dépendra d’une décision présidentielle.
  • L’effet sur les recettes russes et sur la guerre reste impossible à chiffrer avec les éléments disponibles.

Donald Trump a promulgué le 18 septembre une loi américaine renforçant les moyens de pression contre la Russie en raison de la guerre en Ukraine. Le texte, adopté la veille par la Chambre des représentants après un passage au Sénat en août, est présenté comme la première initiative majeure du Congrès américain contre Moscou depuis le retour au pouvoir du président.

La mesure vise explicitement l’énergie russe, ainsi que Vladimir Poutine et d’autres hauts responsables. Elle s’attaque aussi, pour la première fois selon les deux sources, à la « flotte fantôme » russe. Cette expression désigne les navires utilisés pour transporter du pétrole russe en limitant la traçabilité des opérations et l’effet des restrictions déjà existantes.

Une capacité de sanction plus qu’une sanction automatique

Le mécanisme le plus concret concerne les pays qui achètent le plus de gaz et de pétrole russes. La loi autorise Donald Trump à leur appliquer des droits de douane pouvant aller jusqu’à 100 %. La Chine et l’Inde figurent parmi les cinq principaux importateurs visés.

Le point important est que le texte confère ce pouvoir au président américain. Les droits de douane ne sont donc pas décrits comme automatiques dans les sources. Leur application, leur niveau effectif et les pays finalement concernés dépendront d’une décision de l’exécutif américain.

Cela place Washington devant un choix à la fois économique et diplomatique. Taxer fortement des importations venant de grands acheteurs de pétrole et de gaz russes reviendrait à étendre la pression au-delà de Moscou. Mais la portée réelle de cette menace dépendra de la volonté américaine d’assumer les conséquences commerciales avec les partenaires concernés.

L’Inde a indiqué vouloir poursuivre la diversification de ses approvisionnements en pétrole. Les sources ne précisent ni le volume d’importations qui pourrait être affecté, ni les critères permettant de déterminer les cinq pays concernés. Elles ne permettent donc pas de chiffrer à ce stade le manque à gagner potentiel pour la Russie.

Réduire les recettes, sans effet garanti sur la guerre

L’objectif poursuivi est de compliquer les exportations énergétiques russes, qui alimentent les ressources du pays, et d’accroître le coût de ses liens commerciaux avec ses principaux clients. Les soutiens du texte estiment qu’une pression économique supplémentaire est nécessaire alors que la Russie poursuit ses frappes de missiles et de drones contre l’Ukraine.

Volodymyr Zelensky a salué un instrument qu’il juge capable de favoriser la paix, en soulignant que les sanctions devaient être sévères pour soutenir les efforts diplomatiques avec les États-Unis, l’Europe et d’autres alliés. Cette appréciation reste politique : les sources ne fournissent aucun élément établissant qu’un seuil précis de sanctions obligerait Moscou à modifier sa conduite militaire.

La promulgation intervient une semaine avant une rencontre annoncée entre Donald Trump et Xi Jinping à Washington. Elle suit aussi la reprise apparente de contacts avec Kiev et Moscou, après des déplacements des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.

La prochaine étape sera donc l’usage que fera la Maison-Blanche de cette autorisation. La loi renforce le levier américain sur les acheteurs d’énergie russe, mais son efficacité sur le financement de la guerre dépendra de son exécution et de la capacité de la Russie à maintenir ses débouchés.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. RFIrfi.fr
  2. RTS Inforts.ch