Israël et le Maroc prévoient d’élever leurs missions au rang d’ambassades
Israël annonce un accord avec le Maroc pour ouvrir des ambassades. La mesure prolonge la normalisation de 2020, mais son calendrier et la position officielle de Rabat restent inconnus.
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L’essentiel
- Israël a annoncé un accord avec le Maroc pour transformer leurs missions diplomatiques en ambassades et nommer des ambassadeurs.
- Aucune date d’ouverture n’a été donnée et le Maroc n’avait pas réagi publiquement dans l’immédiat.
- Des accords économiques et une extension des vols directs sont annoncés avant la fin de 2026.
- La guerre à Gaza et les manifestations pro-palestiniennes au Maroc restent un facteur de fragilité pour cette normalisation.
Israël et le Maroc prévoient d’ouvrir des ambassades dans leurs pays respectifs, selon une annonce du ministère israélien des Affaires étrangères. L’accord a été évoqué lors d’une rencontre à New York entre le chef de la diplomatie israélienne, Gidéon Saar, et son homologue marocain, Nasser Bourita, sous l’égide des États-Unis.
Le ministère israélien indique que les trois pays ont réaffirmé leur volonté d’élever les actuelles missions diplomatiques au rang d’ambassades et de nommer des ambassadeurs. Mais aucun calendrier concret n’a été communiqué. Le Maroc n’avait pas commenté l’annonce dans l’immédiat. Il s’agit donc d’un engagement politique, et non encore de l’ouverture effective de deux représentations.
Une étape supplémentaire après 2020
La décision s’inscrit dans la normalisation diplomatique engagée en décembre 2020 dans le cadre des accords d’Abraham, soutenus par Washington. Israël et le Maroc entretiennent déjà des bureaux de liaison. Leurs relations avaient existé dans les années 1990, avant d’être interrompues au début de la Seconde intifada, le soulèvement palestinien du début des années 2000.
Depuis 2020, les deux États ont développé leurs échanges dans les domaines militaire, sécuritaire, commercial et touristique. Israël annonce désormais des accords économiques avant la fin de 2026, ainsi qu’une extension des vols directs. Ces échéances seront le premier indicateur tangible de la portée de l’accord annoncé : les ambassades donnent un cadre diplomatique plus stable, mais la coopération durable se mesure aussi à la capacité de concrétiser les projets annoncés.
Cette séquence a déjà connu un précédent. En juin 2022, Israël avait annoncé l’ouverture réciproque d’ambassades lors d’une visite au Maroc du ministre israélien des Affaires étrangères de l’époque, Yaïr Lapid. Quatre ans plus tard, les deux pays disposent toujours de bureaux de liaison. L’absence de date annoncée cette fois encore appelle donc à distinguer l’accord de principe de sa mise en œuvre.
Gaza demeure un facteur de fragilité
La normalisation n’a pas supprimé le désaccord né du conflit israélo-palestinien. Après le déclenchement de la guerre à Gaza, à la suite de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, de grandes manifestations ont eu lieu au Maroc en soutien aux Palestiniens et pour demander l’abrogation de la normalisation.
Le royaume a officiellement réclamé l’arrêt de la guerre sans remettre en cause ses relations avec Israël. Cette position permet de maintenir le canal bilatéral, mais elle montre aussi les limites de son approfondissement. La coopération peut avancer par des accords économiques, des liaisons aériennes ou des échanges institutionnels, tout en restant exposée à toute aggravation du conflit.
La prochaine étape à suivre est donc double : une confirmation publique de Rabat et des décisions précises sur les ambassadeurs, les locaux et les accords économiques. Elles diront si l’annonce actuelle débouche sur une présence diplomatique durable ou reste, comme en 2022, une ambition sans échéance arrêtée.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

