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À Gaza, l’ONU demande un accès aux décombres pour établir le bilan humain

L’ONU réclame l’accès de ses enquêteurs à l’ensemble de Gaza. Les restrictions entravent l’identification des morts, le décompte des disparus et la préservation d’éléments utiles aux enquêtes.

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Quartier urbain entièrement réduit en décombres
Quartier urbain entièrement réduit en décombres. Photographie d’archive. Image : Palestinian News Information Agency (Wafa) in contract with APAimages (CC BY-SA 3.0)

L’essentiel

  • L’ONU réclame un accès intégral à Gaza afin de rechercher les disparus et d’identifier les corps retrouvés sous les ruines.
  • Plus de 630 corps ou restes ont été récupérés depuis novembre 2025, tandis que plus de 8 000 personnes seraient encore portées disparues sous les décombres.
  • L’absence d’accès et l’usage d’engins lourds empêchent aussi de préserver des éléments médico-légaux susceptibles d’éclairer les conditions de conduite de la guerre.

L’Organisation des Nations unies demande à Israël d’autoriser les enquêteurs internationaux à accéder à toutes les zones de Gaza. Cette demande vise les secteurs détruits où des corps et des restes humains continuent d’être extraits des décombres, près de trois ans après le début de la guerre.

L’enjeu immédiat est d’abord humain. La Défense civile palestinienne indique avoir retrouvé plus de 630 corps ou restes depuis novembre 2025, après le cessez-le-feu. Mais les estimations reprises par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme font état de plus de 8 000 disparus qui seraient encore ensevelis. Ces deux chiffres ne permettent pas, à eux seuls, d’établir combien de personnes sont mortes ni l’identité de toutes les victimes.

Ce que l’accès doit permettre d’établir

Selon Volker Türk, haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, les victimes doivent être retrouvées et identifiées, leurs lieux d’inhumation consignés et leurs proches informés. Cela suppose aussi de préserver des informations médico-légales et des échantillons biologiques. Sans accès aux sites, le décompte officiel des morts reste donc incomplet et une partie des disparitions ne peut pas être élucidée.

L’accès ne concerne pas seulement les équipes chargées de dégager les gravats. Il conditionne également la conservation de preuves qui pourraient aider à documenter les circonstances dans lesquelles des personnes sont mortes. Le bureau des droits de l’homme de l’ONU estime que les découvertes dans les ruines de Gaza-ville renforcent les préoccupations sur de possibles crimes de guerre et d’autres crimes graves. Il relève notamment que de nombreux restes semblent appartenir à des femmes, des enfants et parfois à des familles entières.

Ces éléments ne constituent toutefois pas, à eux seuls, une conclusion judiciaire sur la responsabilité d’éventuels crimes. Ils expliquent pourquoi l’ONU demande le déploiement d’enquêteurs internationaux sur le terrain : les lieux, les restes et les traces matérielles doivent pouvoir être examinés avant d’être altérés ou détruits.

Le rôle des engins lourds

Volker Türk reproche à Israël de ne pas laisser entrer les machines lourdes nécessaires au retrait des gravats, tout en employant ses propres engins dans la zone militaire où son armée est déployée. D’après lui, des opérations de nivellement et de déblaiement risquent de faire disparaître des corps ensevelis et des indices.

Israël a, selon le haut-commissaire, des obligations au regard du droit international pour rechercher les disparus, évacuer les corps et les identifier. La question de l’accès déterminera donc à la fois la possibilité pour les familles de savoir ce qui est arrivé à leurs proches et la capacité d’établir un bilan vérifiable de la guerre.

Le ministère de la santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, affirme que plus de 73 000 Palestiniens ont été tués depuis le début de l’offensive israélienne. Ce total ne clôt pas l’incertitude sur les personnes encore sous les ruines. L’accès demandé par l’ONU est présenté comme la condition nécessaire pour réduire cette zone d’ombre et permettre d’éventuelles enquêtes indépendantes.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. Euronewsfr.euronews.com
  2. SWI swissinfo.chswissinfo.ch