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Washington prépare 40 000 bombes lourdes supplémentaires pour Israël

Le contrat américain de 2,8 milliards de dollars inclurait 40 000 bombes. Il renforce le soutien militaire à Israël, tout en ravivant les craintes sur le coût humain des frappes à Gaza.

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Militaires chargeant une bombe sous un avion
Militaires chargeant une bombe sous un avion. Photographie d’archive. Image : Official Navy Page from United States of America MC3 Paul Kelly/U.S. Navy (Public domain)

L’essentiel

  • Le contrat envisagé est évalué à 2,8 milliards de dollars et comprendrait 40 000 bombes lourdes.
  • Les sources divergent sur son stade exact : vente approuvée et imminente pour certaines, paquet encore non finalisé pour The Guardian.
  • Ces bombes renforcent les moyens israéliens, mais leur emploi en zone dense fait peser un risque élevé sur les civils.
  • Le financement prévu engage largement des fonds publics américains et confirme le soutien militaire de Washington à Israël.

L’administration Trump prépare un important contrat d’armement avec Israël, évalué à 2,8 milliards de dollars. Il porterait sur 40 000 bombes de près de 900 kg : 20 000 MK-84 et 20 000 BLU-117.

L’état précis de la procédure demeure à clarifier. France 24 rapporte une vente approuvée et une livraison imminente, en s’appuyant sur la presse américaine. The Guardian présente pour sa part un paquet encore non finalisé. Le Congrès a été informé de manière informelle de l’opération envisagée.

Cette différence n’est pas secondaire. Une information transmise au Congrès ne signifie pas que les armes ont déjà été livrées. Mais le volume annoncé et les précédentes décisions de Washington montrent que les États-Unis veulent maintenir, voire accroître, la capacité d’Israël à conduire des opérations aériennes de grande ampleur.

Des armes à très forte puissance destructive

Les MK-84 sont des bombes lourdes américaines. Certaines de leurs variantes sont conçues pour atteindre des cibles souterraines ou protégées par des structures épaisses. D’autres explosent en surface et causent des dégâts sur une zone étendue.

Leur effet militaire dépend de la cible et de la manière dont elles sont employées. Elles peuvent notamment être utilisées contre des infrastructures ou des tunnels que le Hamas utiliserait. Mais, dans les zones urbaines denses, leur puissance rend la distinction entre une cible militaire présumée et les personnes présentes à proximité particulièrement lourde de conséquences.

Un ancien technicien américain spécialisé dans le désamorçage d’explosifs, cité par The Guardian, estime qu’une MK-84 peut faire s’effondrer un immeuble entier lorsqu’elle vise des combattants supposés s’y trouver. Le Washington Post, cité par France 24, souligne que l’explosion projette des fragments sur de longues distances et peut percer le métal comme le béton.

Les ONG de défense des droits humains et plusieurs gouvernements ont déjà condamné l’usage de ces bombes à Gaza, notamment dans des secteurs densément peuplés. Le New York Times avait aussi rapporté fin 2023 que des MK-84 avaient été employées dans des zones que l’armée israélienne avait désignées comme sûres pour les civils.

La prochaine livraison ne permet donc pas, à elle seule, de prévoir de nouvelles frappes. Elle augmente en revanche les moyens disponibles pour en conduire. Dans une guerre où, selon le ministère de la santé de Gaza, plus de 73 000 Palestiniens ont été tués depuis l’attaque du Hamas contre le sud d’Israël en 2023, la question de l’emploi effectif de ces armes sera déterminante.

Un soutien américain plus explicite

La livraison marque aussi un changement politique durable à Washington. L’administration Biden avait suspendu en 2024 un envoi de MK-84 en raison des inquiétudes sur le risque de morts massives à Gaza. À son retour au pouvoir en 2025, Donald Trump a levé ce gel sur une première cargaison.

L’administration actuelle avait déjà approuvé une vente de près de 3 milliards de dollars comprenant plus de 35 500 bombes, en contournant la procédure normale d’examen parlementaire. Elle a ensuite validé en janvier d’autres ventes totalisant 6,67 milliards de dollars.

La plus grande partie du nouveau paquet serait financée par le mécanisme américain de financement militaire étranger : des fonds publics américains sont accordés à Israël pour acheter des armes aux États-Unis. Le soutien militaire ne relève donc pas uniquement de la diplomatie ; il engage aussi les contribuables américains.

Le Congrès peut théoriquement s’opposer à une vente. Les sources soulignent toutefois que l’exécutif dispose de moyens pour limiter cet obstacle. La notification en cours pourrait ainsi tester l’attitude des démocrates, alors que les tensions avec le gouvernement de Benyamin Netanyahou ont déjà fortement tendu la relation entre les deux alliés.

L’enjeu diplomatique est double pour Washington. Les États-Unis restent le principal soutien militaire d’Israël, alors que celui-ci fait face à un isolement international accru sur la guerre à Gaza. En même temps, la livraison de bombes parmi les plus destructrices de l’arsenal occidental rendra plus difficile toute tentative américaine de présenter son influence comme un levier de retenue dans la conduite des opérations.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. France 24 — Mondefrance24.com
  2. The Guardian — Worldtheguardian.com