B’Tselem met en cause la politique israélienne en Cisjordanie
L’ONG israélienne B’Tselem décrit une dégradation systémique des conditions de vie palestiniennes. Son rapport rassemble des données lourdes, mais les autorités visées n’avaient pas répondu au moment de sa publication.
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L’essentiel
- B’Tselem affirme que cinq mécanismes concourent à rendre la vie palestinienne plus précaire en Cisjordanie.
- L’ONG met notamment en avant les restrictions de circulation, les déplacements, les morts et la dégradation de l’emploi.
- Les chiffres cités sont fournis par B’Tselem et la méthodologie détaillée de collecte n’est pas décrite dans les articles sources.
- Les autorités israéliennes sollicitées n’avaient pas répondu au moment de la publication.
L’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem a publié, le 14 septembre, un rapport consacré à la Cisjordanie occupée. Intitulé *Projet d’élimination*, le document soutient que les mesures israéliennes ne relèvent pas d’incidents isolés, mais d’une politique qui dégrade les conditions d’existence collective des Palestiniens.
L’accusation est particulièrement grave. B’Tselem emploie notamment les termes d’« apartheid » et de « nettoyage ethnique ». Ces qualifications sont celles de l’ONG. Les articles sources ne rapportent, au moment de leur publication, aucune réponse du ministère israélien des Affaires étrangères, sollicité par RFI. L’unité militaire israélienne Cogat, qui supervise la politique civile israélienne en Cisjordanie et à Gaza, a aussi été contactée par *The Guardian*.
Cinq mécanismes mis en avant
Le rapport organise son analyse autour de cinq domaines qui, selon B’Tselem, se renforcent mutuellement : violences et intimidations, restrictions de circulation, pression économique, destruction de structures sociales et politiques, déplacements de population accompagnés d’une prise de contrôle territoriale.
Pour l’ONG, l’enjeu dépasse les affrontements ou opérations ponctuels. Elle relie les barrages, fermetures de routes et limitations d’accès aux services aux difficultés de travailler, d’étudier, de recevoir des soins ou de cultiver des terres. RFI rapporte une hausse des points de contrôle, la saisie de 18 % des terres et le déplacement de 64 communautés de bergers. Le média fait également état de 33 000 Palestiniens déplacés de camps de réfugiés.
B’Tselem chiffre à 1 107 le nombre de Palestiniens tués par Israël en Cisjordanie depuis octobre 2023. RFI évoque plus de 1 000 morts sur trois ans, dont 242 enfants. Ces données sont attribuées à l’organisation : *The Guardian* précise que l’ensemble des chiffres présentés dans son article a été fourni par B’Tselem.
Une dégradation économique documentée par l’ONG
Le rapport lie l’intensification de la situation à la période qui a suivi l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, tout en estimant que sa logique politique est plus ancienne. Il cite notamment un texte publié en 2017 par Bezalel Smotrich, devenu depuis ministre des Finances et détenteur de larges prérogatives civiles en Cisjordanie.
Sur le terrain économique, B’Tselem met en avant les retraits de permis de travail et le contrôle accru de ressources et du système bancaire. Le taux de chômage en Cisjordanie serait passé de 13,1 % en 2022 à 31,3 % en 2024. En 2025, près d’un jeune sur deux ne travaillait pas et ne suivait ni études ni formation professionnelle, selon les chiffres cités.
Le rapport relève aussi que 8 % à 20 % des écoles de Cisjordanie ont fermé pendant l’année scolaire 2023-2024. Les Nations unies, citées par *The Guardian*, estimaient qu’en 2024, 700 000 Palestiniens de Cisjordanie avaient besoin d’une aide pour acheter de la nourriture, soit 17 % de plus qu’un an auparavant.
La portée du document tient à son approche cumulative : B’Tselem entend montrer qu’une série de décisions administratives, sécuritaires et économiques produit un même effet sur la population civile. En revanche, les articles disponibles ne détaillent pas le protocole de collecte ni la vérification indépendante de chaque donnée. La réponse des autorités israéliennes aux accusations formulées reste donc un élément essentiel à suivre.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.



