Israël dit avoir détruit le complexe souterrain d’Ali Taher au Liban
L’armée israélienne affirme avoir neutralisé un réseau de tunnels du Hezbollah dans le Sud-Liban. L’opération touche un site stratégique, mais survient avant des négociations fragiles entre Beyrouth et Israël.
·

L’essentiel
- Israël affirme avoir détruit un complexe souterrain du Hezbollah sous la crête d’Ali Taher, dans le Sud-Liban.
- Le site servait, selon les informations rapportées, au commandement, au stockage d’armes et au soutien de l’unité Badr.
- La quantité d’explosifs employée diverge fortement entre la BBC et RFI.
- L’opération précède des négociations à Rome sur le désarmement du Hezbollah et le contrôle du Sud-Liban.
L’armée israélienne affirme avoir détruit un vaste complexe souterrain attribué au Hezbollah sous la crête d’Ali Taher, dans le sud du Liban. L’opération, menée le 10 septembre selon RFI, a provoqué une secousse équivalente à un séisme de magnitude 4,1, d’après l’organisme américain de surveillance sismique cité par les deux médias.
La crête d’Ali Taher est un point haut de plus de 600 mètres. Elle domine la vallée du Litani et une partie du Sud-Liban. Israël en avait pris le contrôle quelques jours auparavant, après des mois de combats. RFI indique que le site abritait le quartier général de l’unité Badr, chargée par le Hezbollah du secteur central comprenant notamment le district et la ville de Nabatiyeh.
Un point d’appui militaire visé
Selon l’armée israélienne, les installations comprenaient un centre de commandement, des dépôts d’armes et de munitions, ainsi que des roquettes, des missiles, des drones, des armes antichars, des mines et des explosifs. RFI évoque aussi des quartiers d’habitation et des réserves de vivres.
Israël affirme avoir détruit plus de deux kilomètres de tunnels. RFI précise que ce réseau s’inscrivait dans huit kilomètres de galeries creusées dans la colline. De son côté, l’armée israélienne présente l’opération comme l’achèvement d’une mission ayant porté sur huit tunnels et visant à établir une zone de sécurité dans le secteur.
La destruction du site, si l’ampleur annoncée est confirmée, réduit les capacités du Hezbollah dans une zone qui lui servait à la fois de commandement, de stockage et de protection. Elle ne permet pas pour autant de mesurer l’état des autres infrastructures du mouvement dans le Sud-Liban ni d’en déduire son désarmement à l’échelle de la région.
Les informations disponibles reposent largement sur les déclarations israéliennes. Ni le Hezbollah ni le gouvernement libanais n’avaient réagi publiquement dans l’immédiat, selon la BBC.
Des chiffres d’explosifs contradictoires
Les deux sources divergent fortement sur la quantité d’explosifs employée. La BBC rapporte plus de 1 000 tonnes, tandis que RFI fait état de plus de 1 000 kilos. Elles concordent en revanche sur la magnitude de la secousse ressentie au-delà de la zone immédiate. La BBC rapporte notamment des témoignages à Nabatiyeh, située à environ six kilomètres de la crête, ainsi que des tremblements ressentis à Saïda, à 40 kilomètres au nord.
Cette différence ne permet pas d’établir avec certitude le volume exact de munitions utilisé. Elle souligne aussi la difficulté de vérifier, en dehors des annonces militaires, l’ampleur matérielle d’une opération menée dans une zone sous contrôle israélien.
Une opération avant les pourparlers
L’intervention intervient alors que des négociations entre le Liban et Israël sont prévues à Rome quatre jours plus tard, selon RFI. Le désarmement du Hezbollah dans le district de Nabatiyeh et le retour de cette zone sous l’autorité de l’État libanais pourraient figurer au centre de ces discussions.
La BBC rappelle qu’un cadre distinct prévoit le désarmement du Hezbollah, le retrait graduel des forces israéliennes du Sud-Liban et le déploiement de l’armée libanaise. Le mouvement n’était pas directement partie à cet accord et a rejeté toute négociation directe.
L’armée libanaise a renforcé ses déploiements dans les secteurs qui ne sont pas sous contrôle israélien, notamment à Nabatiyeh, selon la chaîne MTV citée par la BBC. Mais Israël continue ses frappes et démolitions dans le Sud-Liban malgré la baisse des combats après les accords conclus en juin.
Le principal enjeu politique est donc la capacité des pourparlers à encadrer ces opérations et à permettre un transfert effectif du contrôle territorial aux institutions libanaises. Tant que les actions militaires se poursuivent et que le Hezbollah refuse la négociation directe, le risque d’une nouvelle escalade locale demeure, dans un conflit déjà lié à la confrontation entre Israël, les États-Unis et l’Iran.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.



