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Douze pays veulent viser le commerce des colonies israéliennes

La France, le Royaume-Uni, le Canada et neuf autres États annoncent des restrictions contre les colonies de Cisjordanie. Leur effet dépendra des contrôles et du traitement des financeurs.

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Quartier résidentiel et vergers sur un versant
Quartier résidentiel et vergers sur un versant. Photographie d’archive. Image : עדירל (CC BY-SA 4.0)

L’essentiel

  • Douze pays, dont la France, le Royaume-Uni et le Canada, veulent restreindre les échanges liés aux colonies israéliennes en Cisjordanie.
  • Le Royaume-Uni prévoit une interdiction d’importation et des sanctions possibles contre les financeurs et prestataires des colonies.
  • L’impact commercial direct pourrait être faible, mais le contrôle de l’origine des produits et des services financiers sera décisif.
  • La mesure accroît la pression diplomatique sans constituer un embargo contre l’ensemble d’Israël.

La France et onze autres pays ont annoncé le 8 septembre leur intention de restreindre le commerce avec les colonies israéliennes de Cisjordanie occupée. Leur déclaration conjointe appelle aussi Israël à renoncer à toute annexion de terres palestiniennes.

L’initiative réunit notamment le Royaume-Uni, la France et le Canada. Elle intervient après l’échec d’un accord entre les 27 États de l’Union européenne sur ce sujet. Elle traduit donc une coordination entre gouvernements volontaires, plutôt qu’une décision prise à l’échelle de l’Union.

Le Royaume-Uni a détaillé les mesures les plus précises. Son gouvernement prévoit d’interdire l’importation de produits provenant des colonies et de sanctionner des entreprises ou personnes qui les financent ou facilitent leur développement. Cela pourrait viser les services indispensables aux projets immobiliers, notamment des garanties financières et des services bancaires.

Un enjeu commercial limité, un signal politique plus large

L’interdiction d’importer des produits des colonies aurait vraisemblablement un effet économique direct limité. L’économie des colonies reste de taille modeste et leurs produits sont déjà exclus de l’accord commercial conclu en 1995 entre l’Union européenne et Israël, qui réduit les droits de douane sur les importations israéliennes.

La difficulté est aussi pratique. Des exportateurs israéliens vers l’Europe dissimuleraient régulièrement l’origine de productions issues des colonies. L’efficacité d’une interdiction dépendra donc de la capacité à identifier l’origine réelle des marchandises et à faire appliquer les règles aux importateurs.

L’action contre les acteurs financiers aurait une portée potentiellement plus importante. Si des banques, assureurs ou autres entreprises devaient choisir entre servir des projets dans les colonies et conserver des relations d’affaires avec le Royaume-Uni, la mesure pourrait renchérir ou compliquer leur financement. Cet effet reste toutefois conditionnel : il dépendra du périmètre exact des sanctions, de leur mise en œuvre et de l’adhésion d’autres partenaires économiques.

Les annonces ne constituent pas un embargo contre l’ensemble d’Israël. Le gouvernement britannique a lui-même opposé ces mesures au mouvement qui réclame une restriction de tout commerce avec le pays. La cible annoncée est l’activité économique liée aux colonies et, plus largement, à leur extension.

Colonisation et violences au cœur du dossier

La pression diplomatique intervient alors que le gouvernement israélien a ouvert, en août, un appel d’offres pour plus de 1 200 logements dans le projet E1, près de Jérusalem. Le 8 septembre, le tribunal de district de Jérusalem a rejeté un recours urgent qui demandait la suspension de cet appel d’offres. Des ONG et plusieurs pays européens contestent ce projet, estimant qu’il compromettrait la continuité territoriale en Cisjordanie et la perspective d’un État palestinien.

Les violences de colons pèsent également sur le débat. Selon l’ONU, plus de 1 400 attaques de colons ont été recensées en Cisjordanie depuis le début de l’année, dont une centaine au cours des trois premières semaines d’août. Des habitants de Gush Etzion interrogés par RFI contestent cependant d’être assimilés aux groupes violents et rejettent la qualification même de colonies.

Israël a répliqué à l’annonce britannique en prévoyant la fermeture du consulat du Royaume-Uni à Jérusalem et des interdictions d’entrée visant des représentants britanniques. Les sources divergent sur leur nombre : France 24 évoque douze personnalités, tandis que le Guardian parle de onze députés.

Ces restrictions ne suffiront pas, à elles seules, à arrêter la colonisation, largement soutenue par des subventions israéliennes. Elles peuvent en revanche augmenter son coût commercial et financier, surtout si d’autres États adoptent des contrôles comparables. La prochaine étape déterminante sera la traduction des annonces en règles applicables, avec la liste des biens, entreprises et services effectivement visés.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 3 rédactions indépendantes.

  1. France 24 — Mondefrance24.com
  2. RFIrfi.fr
  3. The Guardian — Worldtheguardian.com