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Au Nigeria, 37 détenus meurent après des arrestations liées à l’orpaillage

Trente-sept personnes arrêtées pour exploitation minière présumée illégale sont mortes dans un centre de détention de l’État de Niger. La cause reste disputée, tandis que les conditions de garde et l’enquête interrogent.

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Cellule de détention exiguë avec paillasses
Cellule de détention exiguë avec paillasses. Photographie d’archive. Image : Silar (CC BY-SA 4.0)

L’essentiel

  • Trente-sept personnes arrêtées dans le cadre d’opérations contre l’orpaillage présumé illégal sont mortes en détention dans l’État de Niger.
  • Le NSCDC a d’abord évoqué la diphtérie, mais des informations préliminaires pointent aussi vers le surpeuplement et l’absence de ventilation.
  • Une enquête policière est ouverte et le commandant local du NSCDC a été suspendu.
  • Les sources divergent sur la réalisation d’examens médico-légaux avant l’inhumation des victimes.

Trente-sept personnes détenues après des opérations contre l’exploitation aurifère présumée illégale sont mortes dans un centre administré par le Corps nigérian de sécurité et de défense civile (NSCDC), dans l’État de Niger, au centre-nord du pays. Le gouverneur Mohammed Umaru Bago a confirmé le bilan et qualifié le drame de tragique.

Les détenus avaient été arrêtés dans des zones minières de l’État, où l’orpaillage artisanal attire de nombreux travailleurs. Selon le NSCDC, plus de 50 personnes étaient concernées. Elles n’avaient pas encore été inculpées : l’organisme explique que leur identification et les formalités administratives étaient toujours en cours.

Cause des décès encore non établie

La première explication fournie par le NSCDC évoquait une possible flambée de diphtérie. Son siège national a ensuite indiqué que la cause des morts n’était pas encore établie. Cette réserve est importante : aucune conclusion définitive sur l’origine médicale ou matérielle du drame n’est donc disponible à ce stade.

Un rapport de renseignement communiqué à l’Agence France-Presse avance néanmoins une autre piste préliminaire : le surpeuplement et une ventilation insuffisante dans le lieu de détention. Un survivant hospitalisé a décrit aux journalistes une cellule bondée, l’air devenu irrespirable et des détenus ayant appelé à l’aide en frappant à la porte. La BBC rapporte aussi le témoignage indirect d’un père, selon lequel son fils aurait survécu car il se trouvait près d’une petite fenêtre. La chaîne précise ne pas avoir pu vérifier ce récit de façon indépendante.

Ces éléments ne permettent pas à eux seuls de trancher les responsabilités. Ils placent toutefois les conditions concrètes de détention au centre de l’enquête, au même titre que l’hypothèse sanitaire initialement invoquée.

Enquête, suspension et garanties de détention

Le chef de la police de l’État a ordonné une enquête. Le ministre de l’Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, a suspendu immédiatement le commandant du NSCDC dans l’État, Suberu Siyaka Aniviye, dans l’attente des résultats. Le gouverneur a par ailleurs affirmé qu’un responsable du NSCDC avait été placé en détention.

La Constitution nigériane prévoit qu’une personne arrêtée parce qu’elle est soupçonnée d’une infraction soit traduite devant un tribunal dans un délai raisonnable. Ce délai est généralement d’un jour lorsqu’un tribunal se situe dans un rayon de 40 kilomètres, ou de deux jours dans les autres cas, sauf justification d’une période plus longue. Les sources ne permettent pas de déterminer si ces garanties avaient été respectées pour chacun des détenus ni si tous ont finalement été présentés à un juge.

Le sort des corps fait aussi l’objet d’informations difficiles à concilier. La BBC indique qu’ils ont été transférés à l’hôpital général de Minna pour examen. The Guardian rapporte, de son côté, que les hommes ont été enterrés selon la tradition islamique sans investigation médico-légale. Cette divergence devra être éclaircie, notamment pour établir les causes individuelles des décès.

Colère à Minna

Les morts ont provoqué des manifestations à Minna, la capitale de l’État. Des proches et des mineurs se sont rassemblés près des bureaux du NSCDC. La police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des protestataires ; des attaques contre des bâtiments publics et des bus ont aussi été signalées. Un couvre-feu de 24 heures a été instauré dans la ville.

Mohammed Umaru Bago a décrété trois jours de deuil et reporté le début de la campagne pour les élections prévues en janvier. Au-delà du bilan humain, l’affaire pose désormais une question de contrôle des autorités : l’enquête devra dire si le centre pouvait légalement et matériellement accueillir autant de personnes, et si les appels au secours rapportés ont reçu une réponse.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. BBC News — Worldbbc.co.uk
  2. The Guardian — Worldtheguardian.com