À New York, Trump lie l’avenir du Venezuela à l’accord pétrolier
La rencontre entre Donald Trump et Delcy Rodríguez donne à la présidente par intérim une reconnaissance américaine, tandis que Washington consolide son accès aux réserves de pétrole vénézuéliennes.
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L’essentiel
- Donald Trump a rencontré Delcy Rodríguez à New York, donnant une reconnaissance politique visible à la présidente par intérim vénézuélienne.
- L’accord pétrolier annoncé prévoit des concessions de cent ans sur 17 champs et porte sur plus de 65 milliards de barils, selon la BBC.
- Les sources ne font état d’aucun calendrier électoral, alors que Washington privilégie pour l’heure la coopération avec le pouvoir installé.
Donald Trump a reçu à New York Delcy Rodríguez, présidente par intérim du Venezuela, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. C’est leur première rencontre directe depuis l’opération américaine à Caracas qui a conduit à la capture de Nicolás Maduro, aujourd’hui détenu aux États-Unis dans l’attente d’un procès, notamment pour trafic de drogue.
La scène a une portée politique immédiate. Rodríguez, ancienne vice-présidente de Maduro, a été investie par l’Assemblée nationale vénézuélienne quelques jours après cette opération, avec l’aval de la Maison-Blanche selon la BBC. Elle cherche désormais à sortir son gouvernement de l’isolement diplomatique qui avait marqué les années Maduro. Elle a présenté l’entretien comme une étape de coopération sur l’énergie, les mines et la sécurité.
Pour Washington, la rencontre confirme qu’il traite Rodríguez comme l’interlocutrice en place. Marco Rubio, secrétaire d’État américain, y assistait. Cette reconnaissance ne vaut pas à elle seule un règlement de la transition institutionnelle, mais elle donne à la dirigeante par intérim un avantage concret dans la lutte pour le pouvoir : l’appui public de l’administration qui a contribué à évincer son prédécesseur.
Une transition sans calendrier électoral annoncé
Cette stratégie américaine ne semble pas, à ce stade, se traduire par l’annonce d’une nouvelle élection présidentielle. The Guardian relève que Donald Trump a multiplié les compliments à l’égard de Rodríguez tout en marginalisant María Corina Machado, principale figure de l’opposition. Machado, sortie du Venezuela pour recevoir son prix Nobel de la paix à Oslo, n’a pas réussi à rentrer dans le pays et vit en exil au Panama, selon le journal britannique.
Le contraste est important. Les États-Unis disposent d’un levier direct sur le pouvoir vénézuélien grâce à leur soutien à la présidente par intérim. Mais ce levier est aujourd’hui utilisé pour bâtir une relation avec l’exécutif en place, non pour préciser les conditions d’un retour au choix des électeurs.
L’expert Orlando Pérez, de l’Université du Nord du Texas à Dallas, considère que la photographie de Rodríguez aux côtés de Trump renforce sa légitimité, en signalant que Washington entend continuer à travailler avec elle. À l’inverse, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a appelé à de nouvelles élections et affirmé que les Vénézuéliens devaient décider eux-mêmes de leur avenir.
Le pétrole comme contrepartie stratégique
Le rapprochement repose aussi sur un intérêt économique très explicite. Le gouvernement de Rodríguez a conclu un accord donnant à une entreprise dirigée par les États-Unis des concessions de cent ans sur 17 champs pétroliers. L’accord porte sur plus de 65 milliards de barils, soit plus d’un cinquième des réserves du pays, d’après la BBC.
Donald Trump a qualifié cet arrangement de plus grand accord pétrolier de l’histoire. Devant l’ONU, il a aussi affirmé que les États-Unis et le Venezuela contrôlaient ensemble plus de 60 % du pétrole mondial, en ajoutant que les bénéfices revenaient aux vainqueurs. Ces déclarations décrivent la lecture politique américaine du dossier ; les sources ne précisent ni les conditions financières de l’accord, ni la part exacte qui reviendrait à l’État vénézuélien, ni son calendrier d’exécution.
Ce manque d’éléments est central. Le Venezuela obtient un canal de coopération avec Washington et sa dirigeante intérimaire gagne en reconnaissance. Les États-Unis, eux, sécurisent un accès exceptionnellement durable à des ressources pétrolières. La prochaine étape à suivre est donc moins une nouvelle déclaration commune que la mise en œuvre concrète des concessions et l’éventuelle fixation d’un calendrier politique vérifiable pour le pays.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.



