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Londres revoit l’accord des Chagos sous pression américaine

Le Royaume-Uni gèle les paiements prévus à Maurice et cherche un compromis avec Washington. L’avenir de la souveraineté mauricienne dépend désormais du statut de la base de Diego Garcia.

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Soldat en uniforme devant une installation militaire
Soldat en uniforme devant une installation militaire. Photographie d’archive. Image : U.S. Navy photo by Senior Chief Mass Communication Specialist Jon McMillan (Public domain)

L’essentiel

  • Le Royaume-Uni suspend les versements prévus à Maurice et refuse d’appliquer l’accord sans appui américain.
  • Le traité devait rendre les Chagos à Maurice tout en laissant Diego Garcia sous bail britannique pendant 99 ans.
  • Londres veut préserver la base conjointe avec les États-Unis, tandis que Maurice conserve une revendication soutenue par un avis consultatif de 2019.

Le Royaume-Uni ne fera pas avancer, dans sa forme actuelle, l’accord conclu avec Maurice sur l’archipel des Chagos. Le ministre britannique de la Défense, Wes Streeting, a affirmé le 23 septembre que le texte devait obtenir l’appui des États-Unis, partenaires de Londres sur la base militaire de Diego Garcia.

Cette position entraîne une conséquence immédiate : les versements prévus à Maurice sont suspendus à ce stade. Le traité, signé en 2025 après plusieurs années de négociations, devait transférer la souveraineté des Chagos à Maurice tout en maintenant l’usage militaire de Diego Garcia par le Royaume-Uni et les États-Unis.

Une souveraineté négociée autour de Diego Garcia

L’accord reposait sur une séparation entre souveraineté et contrôle opérationnel. Maurice devait récupérer les Chagos, mais le Royaume-Uni devait conserver Diego Garcia par un bail de 99 ans. Cette île accueille une base conjointe considérée par Londres comme un actif majeur de sécurité nationale et collective.

Selon les modalités rapportées, Maurice devait recevoir 165 millions de livres sur trois ans, puis 120 millions de livres par an à partir de la quatrième année. Le ministre britannique juge que ce coût serait justifié s’il garantissait l’accès durable à la base. La source suisse mentionne, elle, un paiement annuel de 101 millions de livres dans le cadre du bail. Ces chiffres ne sont pas présentés de la même manière par les deux médias.

La base a notamment été utilisée lors des guerres américaines en Irak et pour des frappes de bombardiers B-2 contre les rebelles houthis au Yémen. C’est donc moins le principe d’un arrangement avec Maurice que la garantie de fonctionnement de cette installation qui guide la révision britannique.

Le veto politique de Washington

Donald Trump a de nouveau condamné l’accord lors d’une rencontre avec le premier ministre britannique Andy Burnham, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Le président américain a qualifié le projet de mauvais accord et déclaré ne pas le soutenir.

Pour Wes Streeting, ignorer cette opposition reviendrait à fragiliser une base dont l’utilité dépend de la coopération américano-britannique. Londres entend donc examiner les objections américaines et chercher un texte acceptable à la fois pour Washington, Port-Louis et le gouvernement britannique.

Cette exigence réduit, au moins temporairement, la portée de la restitution promise à Maurice. Le pays devait obtenir la souveraineté sur l’archipel ; il doit désormais accepter qu’une nouvelle négociation conditionne la mise en œuvre du traité et les paiements associés.

Le risque d’un contentieux prolongé

Londres ne peut pas non plus considérer que le différend disparaîtra sans accord. Wes Streeting a rappelé qu’un avis de la Cour internationale de justice de 2019, même consultatif, laisse ouverte la possibilité de nouvelles démarches juridiques de Maurice.

Le gouvernement britannique se trouve ainsi entre deux impératifs : préserver un site militaire stratégique avec les États-Unis et régler une revendication de souveraineté mauricienne ancienne. La prochaine étape connue n’est pas une date d’entrée en vigueur, mais la recherche d’un compromis entre les trois gouvernements concernés. Tant qu’il n’existe pas, le traité signé reste bloqué.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. SWI swissinfo.chswissinfo.ch
  2. The Guardian — Worldtheguardian.com