À l’ONU, Netanyahu assume l’affrontement malgré les départs de délégations
Le Premier ministre israélien a défendu sa guerre à Gaza devant une salle en partie désertée, tandis que des protestations entraînaient des arrestations à New York.
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L’essentiel
- Des dizaines de délégués ont quitté la salle lors de l’intervention de Benjamin Netanyahu à l’Assemblée générale de l’ONU.
- Les manifestations à New York ont entraîné environ 100 interpellations selon Euronews, et plus de 100 selon The Guardian.
- Le Premier ministre israélien a rejeté les accusations concernant Gaza et défendu les frappes contre les installations nucléaires iraniennes.
- Son discours met en lumière des tensions croissantes avec des partenaires internationaux et avec le maire de New York.
Benjamin Netanyahu a choisi une tribune des Nations unies pour défendre sans infléchissement la ligne de son gouvernement. À New York, jeudi, le Premier ministre israélien a rejeté les critiques visant la guerre menée à Gaza et présenté Israël comme confronté à des menaces existentielles.
Son intervention a été précédée du départ de dizaines de délégués de la salle. Hors du siège de l’ONU, des manifestants se sont rassemblés contre sa venue. Euronews fait état d’environ 100 interpellations ; *The Guardian* évoque plus de 100 arrestations. Les deux médias rapportent notamment l’interpellation de l’actrice Susan Sarandon.
Ces deux séquences ne mesurent pas, à elles seules, les rapports de force diplomatiques. Elles rendent toutefois visible l’ampleur des contestations auxquelles Israël et son Premier ministre sont confrontés dans les enceintes internationales et dans une partie de l’opinion publique américaine.
Une stratégie de confrontation assumée
À la tribune, Benjamin Netanyahu s’est adressé avec virulence aux délégués qui quittaient la salle. Il a soutenu qu’Israël protégeait aussi les pays représentés par ceux qui partaient. Il a également attaqué les médias ainsi que des partenaires internationaux critiques de la stratégie israélienne.
Le Premier ministre a placé l’Iran au centre de son argumentaire. Il a qualifié ce pays de menace existentielle et défendu les frappes contre ses installations nucléaires, intervenues après des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, selon Euronews. Pour lui, cette décision relevait d’une nécessité de sécurité, plutôt que d’une escalade évitable.
Sur Gaza, il a rejeté les accusations de génocide. Il a aussi visé le Royaume-Uni et la France, dont les critiques envers Israël se sont accrues. Ce discours ne cherchait donc pas à répondre aux réserves exprimées par certains alliés : il les a présentées comme une incompréhension, voire comme une forme d’hypocrisie.
Cette posture peut consolider son récit politique intérieur. Benjamin Netanyahu se prépare à des élections législatives israéliennes prévues en octobre, d’après Euronews. Mais elle ne réduit pas le coût diplomatique des désaccords affichés à l’ONU. Le départ coordonné de délégués n’est pas une décision institutionnelle des Nations unies, mais il signale une rupture politique publique avec l’orateur.
New York, autre terrain du conflit
Le discours a aussi prolongé les tensions avec Zohran Mamdani, maire de New York. Benjamin Netanyahu l’a accusé d’antisémitisme. Le maire avait auparavant demandé aux autorités fédérales américaines d’exécuter, lors des déplacements du Premier ministre aux États-Unis, le mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale.
La CPI avait délivré ce mandat en novembre 2024. Elle accuse Benjamin Netanyahu de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Le Premier ministre conteste ces accusations. Zohran Mamdani a, de son côté, répondu en accusant le dirigeant israélien de répéter des affirmations infondées afin de défendre l’action d’Israël à Gaza.
Les interpellations lors de la manifestation relèvent d’un autre niveau. Selon un porte-parole de la police de New York cité par Euronews, les participants avaient été avertis qu’ils devaient quitter un carrefour bloqué. Des personnes qui ne s’y sont pas conformées ont ensuite été placées en garde à vue.
L’épisode montre ainsi des divisions à plusieurs étages : entre Israël et des délégations étrangères, entre le Premier ministre et des responsables politiques américains, et dans la rue. Benjamin Netanyahu a répondu à cette contestation par une démonstration de fermeté. Reste à savoir si cette stratégie préservera des soutiens essentiels ou approfondira l’isolement visible lors de son passage à l’ONU.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.
