Le Sénégal mise sur Macky Sall pour porter la voix africaine à l’ONU
À New York, Bassirou Diomaye Faye défend l’ancien président Macky Sall pour diriger l’ONU. Ce choix affiche une ambition africaine tout en soulignant les recompositions du pouvoir sénégalais.
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L’essentiel
- Bassirou Diomaye Faye soutient Macky Sall pour succéder à Antonio Guterres à la tête de l’ONU.
- Le président sénégalais justifie ce choix par la sous-représentation de l’Afrique et par la réforme financière internationale.
- Cet appui à un ancien adversaire contraste avec la crise politique qui l’oppose à son ex-Premier ministre Ousmane Sonko.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a confirmé son soutien à Macky Sall pour lui succéder à Antonio Guterres au poste de secrétaire général des Nations unies. L’appui est politiquement notable : Macky Sall est son prédécesseur à la présidence et fut aussi son adversaire.
Interrogé le 24 septembre à New York par RFI et France 24, Bassirou Diomaye Faye a présenté ce choix comme une décision de représentation africaine plutôt qu’une affaire de fidélité partisane. Son argument central est que le continent demeure sous-représenté dans les instances de décision de l’ONU, en particulier au Conseil de sécurité.
Une candidature placée sur le terrain africain
Le chef de l’État sénégalais associe Macky Sall à deux dossiers : une meilleure place de l’Afrique à l’ONU et la réforme de l’architecture financière internationale. Il souligne que son prédécesseur a été confronté au poids de la dette, un sujet partagé, selon lui, par de nombreux États du Sud.
Bassirou Diomaye Faye refuse aussi de considérer la candidature comme condamnée d’avance. Il juge que l’issue dépendra des membres permanents du Conseil de sécurité, détenteurs d’un pouvoir décisif dans la procédure. Les discussions avec les États qui prennent part à cette décision sont, affirme-t-il, en cours.
Le mandat d’Antonio Guterres s’achève le 31 décembre. Le soutien du Sénégal ne garantit donc rien, mais il donne à Macky Sall l’appui officiel de son pays au moment où s’ouvre sa succession.
Une diplomatie qui dépasse les anciens clivages
Ce choix montre que la présidence veut dissocier la diplomatie du Sénégal de ses querelles politiques intérieures. Bassirou Diomaye Faye ne soutient pas seulement un ancien chef de l’État : il mise sur un candidat sénégalais présenté comme capable de défendre une cause continentale.
Cette position intervient toutefois dans un contexte national tendu. Le président reconnaît des divergences persistantes avec son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il a remplacé après une rupture de confiance. Le Pastef, l’ancien parti du chef de l’État, dispose d’une large majorité à l’Assemblée nationale et doit examiner une loi de finances rectificative.
L’enjeu immédiat est interne : le gouvernement défend un programme d’aide de 2,2 milliards de dollars conclu avec le Fonds monétaire international le 1er septembre. Bassirou Diomaye Faye appelle les députés à accompagner ce texte au nom de l’intérêt national. Il écarte, pour l’heure, toute décision arrêtée sur une dissolution de l’Assemblée.
Dans ce cadre, le soutien à Macky Sall dessine une ligne de conduite : rechercher une continuité de l’État sur la scène internationale, tout en affrontant au Sénégal une recomposition du rapport de forces entre la présidence, le gouvernement et la majorité parlementaire.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

