Au Golan, le discours syrien ne change pas encore le rapport de force
À l’ONU, Ahmed al-Charaa a réaffirmé la revendication syrienne sur le Golan. La position de Damas reste soutenue par les Nations unies, mais le contrôle israélien du plateau n’est pas affecté.
L’essentiel
- Ahmed al-Charaa a réaffirmé devant l’ONU que le Golan appartient à la Syrie.
- La déclaration ne modifie ni le contrôle israélien du plateau ni la position officielle des Nations unies.
- Les États-Unis et la Colombie reconnaissent la souveraineté revendiquée par Israël sur le Golan.
- Le président syrien évoque des négociations de sécurité inabouties, sans qu’un accord soit annoncé.
Ahmed al-Charaa a réaffirmé, le 23 septembre devant l’Assemblée générale des Nations unies, que le plateau du Golan restait syrien. Le président syrien a dénoncé les atteintes à la souveraineté de son pays et au droit international, tout en affirmant qu’une paix juste avec Israël demeurait possible.
Cette déclaration ne modifie pas, à elle seule, le rapport de force sur le terrain. Israël contrôle une grande partie du plateau, conquis à la Syrie en 1967, et revendique son annexion prononcée en 1981. Les sources ne font état ni d’une décision nouvelle, ni d’un retrait, ni d’un mécanisme international qui changerait l’administration effective de ce territoire stratégique.
La position de l’ONU demeure celle de Damas
La Syrie conserve un appui institutionnel important : les Nations unies considèrent le Golan comme un territoire syrien sous occupation militaire israélienne. En juillet, le secrétaire général Antonio Guterres a de nouveau affirmé que le plateau faisait partie de la Syrie et qualifié l’occupation de totalement inacceptable.
Sur le plan diplomatique, Damas a toutefois perdu son isolement face à la reconnaissance américaine de la souveraineté israélienne sur le Golan. Les États-Unis avaient adopté cette position en 2019. La Colombie l’a récemment rejointe, selon les deux médias. Cela représente un soutien politique supplémentaire pour Israël, sans renverser la position des Nations unies.
Le discours d’Ahmed al-Charaa vise ainsi surtout à empêcher que cette reconnaissance ne fasse école. Il rappelle que la Syrie ne considère pas le statut du Golan comme négociable par des États tiers. Mais une déclaration à la tribune de l’ONU ne produit pas, en elle-même, d’effet juridique ou militaire sur le plateau.
Des négociations évoquées, sans résultat annoncé
Le président syrien a parallèlement décrit l’existence de discussions directes avec Israël, dont certaines auraient été facilitées par les États-Unis. Lors d’un échange avec l’Atlantic Council, il a affirmé que les deux parties étaient parvenues à régler près de 90 % des questions en suspens en vue d’un accord de sécurité, avant qu’Israël ne se retire du processus ou ne pose de nouvelles conditions.
Cette affirmation provient du président syrien lui-même. Les sources ne donnent ni les termes de cet éventuel accord, ni son calendrier, ni une confirmation israélienne. Elles ne permettent donc pas de conclure qu’une négociation sur le statut du Golan est engagée ou proche d’aboutir.
Ahmed al-Charaa a également accusé Israël de mener des opérations répétées en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad. Il a évoqué 500 frappes aériennes et plus de 1 200 incursions. Ces accusations illustrent l’écart entre l’ouverture diplomatique affichée et une relation sécuritaire qui reste conflictuelle.
À ce stade, le discours syrien ne déplace donc pas les lignes concrètes : Israël conserve le contrôle du Golan, l’ONU maintient sa lecture du droit international et deux États reconnaissent désormais la revendication israélienne. Le point à suivre est moins la déclaration de New York que l’existence d’une reprise vérifiable des pourparlers et les garanties de sécurité qu’elle pourrait comporter.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.


