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Monde

À l’ONU, les mots de Macron sur le Hamas irritent Israël

Une phrase d’Emmanuel Macron sur la Cisjordanie a provoqué une riposte israélienne. La controverse porte autant sur son sens précis que sur les désaccords diplomatiques de fond.

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L’essentiel

  • Israël accuse Emmanuel Macron de minimiser l’activité du Hamas en Cisjordanie après son discours à l’ONU.
  • Paris soutient que le président français évoquait l’absence de gouvernement du Hamas en Cisjordanie, non son absence totale.
  • La dispute s’ajoute aux tensions sur Gaza, les colonies israéliennes et la reconnaissance d’un État palestinien.

La controverse est née d’une formule employée par Emmanuel Macron devant l’Assemblée générale des Nations unies, alors qu’il critiquait les actions d’Israël en Cisjordanie et la situation humanitaire à Gaza. Selon l’interprétation relayée par la BBC, le président français a dit que le Hamas n’avait jamais été très actif en Cisjordanie. RFI rapporte pour sa part qu’il a affirmé que le mouvement n’y avait jamais été actif.

Le bureau du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a dénoncé une déclaration qualifiée d’« absurdité grotesque ». Le gouvernement israélien affirme que des membres du Hamas commettent fréquemment des attaques contre des Juifs en Cisjordanie. L’ambassadeur israélien auprès de l’ONU, Danny Danon, ainsi que l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, ont également critiqué les propos français.

Une querelle sur le sens d’une phrase

La réponse française nuance l’interprétation israélienne. Une source diplomatique française citée par la BBC estime que les propos ont été mal compris : la phrase prononcée par Emmanuel Macron signifierait que le Hamas n’a jamais gouverné la Cisjordanie, et non qu’il y serait absent ou incapable d’y mener des actions.

Cette distinction renvoie à la réalité institutionnelle du territoire. Le Hamas est le rival de l’Autorité palestinienne dominée par le Fatah, qui administre certaines zones de Cisjordanie non contrôlées par Israël. Le mouvement islamiste ne gouverne donc pas ce territoire. Mais Israël soutient qu’il y dispose de cellules et y inspire ou revendique une activité armée.

La polémique a été alimentée par une attaque récente près de la colonie de Neve Tzuf. La police israélienne a indiqué qu’un Palestinien avait ouvert le feu sur un groupe d’Israéliens et qu’il avait ensuite été arrêté dans un hôpital de Ramallah. Netanel Shukrun, citoyen français et père de six enfants, a été tué. Le Hamas a salué l’attaque, sans affirmer en être l’auteur. Benyamin Netanyahu l’a, lui, attribuée à un membre du Hamas.

Un désaccord plus large sur la guerre et l’avenir palestinien

L’épisode dépasse ainsi une querelle sémantique. Emmanuel Macron a aussi contesté l’idée que la guerre à Gaza serait terminée, soulignant que les frappes israéliennes se poursuivaient malgré le cessez-le-feu conclu en octobre et que l’accès humanitaire restait insuffisant. Il a réaffirmé son soutien à une solution à deux États, qu’il présente comme une condition de la sécurité d’Israël.

Les rapports entre Paris et le gouvernement de Benyamin Netanyahu étaient déjà tendus. Selon RFI, le président français avait porté, lors de la précédente Assemblée générale, une initiative de pays occidentaux en faveur de la reconnaissance d’un État palestinien.

La Cisjordanie reste au cœur de ce différend. Israël y a installé environ 160 colonies depuis l’occupation de ce territoire et de Jérusalem-Est en 1967. Elles abritent 700 000 Juifs, parmi quelque 3,3 millions de Palestiniens vivant dans le même espace. Les colonies sont considérées comme illégales au regard du droit international.

La réaction américaine montre que le désaccord ne se limite pas au face-à-face franco-israélien. Mais les sources ne permettent pas d’en conclure à une position occidentale unique : elles décrivent plutôt des alliés qui divergent sur la conduite de la guerre, la priorité humanitaire et les conditions politiques d’une solution durable.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. BBC News — Europebbc.co.uk
  2. RFIrfi.fr