Carburants : la France face à une flambée venue du Moyen-Orient
Le gazole a atteint 2,41 euros le litre en moyenne le 20 septembre. Le gouvernement cherche des aides ciblées et des itinéraires alternatifs, tout en écartant une baisse générale des taxes.
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L’essentiel
- Le gazole a atteint 2,41 euros le litre en moyenne en France le 20 septembre, dans le contexte de perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient.
- Le gouvernement ne signale pas de pénurie à ce stade, mais cherche des routes alternatives pour les hydrocarbures.
- Des aides aux secteurs du BTP, de la pêche et de l’agriculture sont prolongées ; d’autres soutiens sont envisagés à partir du 1er octobre.
- L’exécutif exclut une baisse générale des taxes, dont le coût est estimé à 9,1 milliards d’euros pour 0,20 euro par litre.
Le prix moyen du gazole a atteint 2,41 euros le litre en France, dimanche 20 septembre, un niveau record selon RFI. Les prix de l’essence progressent eux aussi. À l’origine de cette hausse, le gouvernement met en avant les perturbations sur les approvisionnements de pétrole et de gaz liées à la guerre qui se prolonge au Moyen-Orient.
Sébastien Lecornu a réuni ses ministres à Matignon lundi 21 septembre sur deux volets. Le premier concerne la sécurité des approvisionnements. Le second porte sur les mesures susceptibles d’atténuer, à court et moyen terme, la facture des Français dépendants de leur véhicule.
Pas de pénurie annoncée, mais des routes sous tension
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, affirme que la France ne fait pas face, « à ce stade », à un problème d’approvisionnement en carburants. Cette précision distingue le risque physique de pénurie du problème, déjà concret, des prix payés à la pompe.
L’exécutif cherche néanmoins des voies alternatives pour acheminer pétrole et gaz, afin de réduire la dépendance aux détroits affectés par le conflit, notamment celui d’Ormuz. La rencontre, dimanche, entre Emmanuel Macron et le Premier ministre canadien Mark Carney s’inscrit dans cette recherche de nouvelles perspectives énergétiques entre les deux pays.
Ces démarches peuvent diversifier les options de fourniture si la crise dure. Elles ne constituent pas, en revanche, une baisse immédiate du prix affiché pour les automobilistes : le gouvernement n’a annoncé ni nouveau contrat ni calendrier de mise en œuvre.
Des aides ciblées plutôt qu’une baisse générale
L’État a déjà prolongé des dédommagements pour les secteurs du bâtiment et travaux publics, de la pêche et de l’agriculture. Ces activités sont particulièrement exposées au coût du carburant, qui pèse directement sur leurs déplacements, leurs engins ou leur production.
Pour les particuliers qui roulent beaucoup, rien n’est encore tranché. RFI évalue cette catégorie à trois millions de Français. Roland Lescure a indiqué que des aides supplémentaires étaient très vraisemblables à partir du 1er octobre, sans en préciser les bénéficiaires, les montants ni les modalités.
Le ministre a en revanche exclu une baisse généralisée de taxe. Selon lui, diminuer de 0,20 euro le prix de l’essence représenterait 9,1 milliards d’euros. Cette somme devrait être compensée par d’autres impôts ou par des réductions de dépenses, alors que les finances publiques françaises se dégradent et que l’endettement risque, selon RFI, de battre un record l’an prochain.
Le choix annoncé est donc celui d’un soutien concentré sur les professions les plus touchées, plutôt qu’une mesure bénéficiant à tous les consommateurs de carburant. Il laisse ouverte la question de la protection des ménages qui dépendent de leur voiture sans relever des dispositifs professionnels.
La hausse nourrit déjà une contestation. Des pêcheurs ont bloqué des dépôts pétroliers en Méditerranée la semaine précédente. Plusieurs responsables politiques redoutent un retour d’une mobilisation comparable à celle des « gilets jaunes », déclenchée à l’époque par une hausse de taxe sur les carburants. Emmanuel Macron doit s’exprimer jeudi 24 septembre au soir sur TF1 et France 2. Les annonces attendues devront préciser l’ampleur et le financement des aides envisagées.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.



