En Suède, la gauche devance la droite sans majorité assurée
Les premiers résultats et sondages donnent l’opposition de gauche devant le bloc sortant. Mais l’écart reste trop étroit pour désigner un gouvernement, tandis que les Démocrates de Suède reculent.
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L’essentiel
- Les sondages de sortie des urnes placent le bloc de gauche à 51,3 %, devant la droite soutenue par les Démocrates de Suède.
- À 50 % du dépouillement, l’écart entre les deux camps n’était encore que d’environ 20 000 voix.
- Les projections évoquées donnent un siège d’avance à la gauche, un avantage insuffisant pour conclure à une majorité stable.
- Le recul annoncé des Démocrates de Suède réduirait leur poids dans une éventuelle reconduction de la coalition sortante.
L’opposition de gauche a pris l’avantage lors des élections législatives suédoises de dimanche, selon les sondages de sortie des urnes et les premiers décomptes. Le résultat reste toutefois incertain : à mi-dépouillement, les deux grands blocs n’étaient séparés que d’environ 20 000 voix, d’après la télévision publique SVT, citée par la BBC.
Le sondage de sortie des urnes de SVT attribue 51,3 % des suffrages à la gauche, contre 46,8 % au bloc de droite soutenu au Parlement par les Démocrates de Suède (SD). Une enquête de TV4 donne elle aussi 51,3 % à la gauche et 47 % à la coalition sortante. Ces estimations ne constituent pas le résultat définitif.
Les projections de l’autorité électorale, rapportées par la BBC, donnaient au bloc de gauche conduit par Magdalena Andersson, cheffe des Sociaux-démocrates, un avantage d’un siège sur l’alliance de quatre partis réunie autour du Premier ministre conservateur sortant Ulf Kristersson. Un siège d’écart ne garantit pas pour autant une majorité durable lorsque le scrutin est aussi serré.
Deux blocs, plusieurs voies pour gouverner
La vie politique suédoise s’organise autour de deux ensembles de quatre partis, à gauche et à droite. Les coalitions comme les gouvernements minoritaires y sont donc habituels. Le premier enjeu des jours à venir sera moins de savoir quel camp arrive en tête en voix que de déterminer lequel peut réunir assez de soutiens au Parlement.
Si l’avance de la gauche se confirme, Magdalena Andersson pourra revendiquer la direction d’un nouveau gouvernement. Elle devra néanmoins disposer d’un appui parlementaire suffisant, dans un contexte où les résultats actuellement disponibles ne dessinent qu’un équilibre très étroit.
Ulf Kristersson peut, de son côté, espérer conserver le pouvoir si son alliance revient au niveau du bloc adverse au décompte final et si ses partenaires restent unis. Sa coalition gouverne depuis 2022 avec le soutien parlementaire des SD. Il a annoncé qu’il leur proposerait des postes ministériels en cas de maintien au pouvoir.
Le recul des SD change le rapport de force à droite
Les Démocrates de Suède semblent perdre des voix pour la première fois depuis leur entrée au Parlement en 2010. Le parti, devenu le deuxième du pays en 2022 après une campagne centrée notamment sur l’immigration et la criminalité violente, pourrait aussi perdre cette position, selon swissinfo.
Ce recul ne les fait pas disparaître du jeu : leur soutien demeure décisif pour la coalition de droite telle qu’elle a fonctionné depuis 2022. En revanche, il affaiblirait leur poids relatif dans toute négociation sur la reconduction de cette alliance et compliquerait la perspective d’une présence au gouvernement voulue par Ulf Kristersson.
La campagne a été marquée par la sécurité nationale, la criminalité des gangs et le financement de l’État-providence, tandis que les questions de santé et de pouvoir d’achat ont également occupé le débat. Le décompte final dira si l’avantage de la gauche se transforme en capacité de gouverner ou si la droite sortante conserve une issue parlementaire.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.


