Aux États-Unis, l’énergie maintient l’inflation à 3,4 %
Les prix à la consommation ont progressé de 3,4 % sur un an en août. Carburants et combustibles expliquent une large part de la hausse et compliquent la prochaine décision de la Réserve fédérale.
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L’essentiel
- L’inflation américaine est restée à 3,4 % sur un an en août, avec une hausse mensuelle de 0,4 %.
- L’essence a augmenté de 27,4 % sur un an et les combustibles domestiques de 52 %, dans le sillage du choc énergétique.
- L’inflation sous-jacente a atteint 2,4 % sur un an, au-dessus de l’objectif de 2 % de la Fed.
- La prochaine réunion de la Fed opposera le risque d’inflation persistante au coût de taux plus élevés pour les emprunteurs.
L’inflation ne ralentit plus aux États-Unis. L’indice des prix à la consommation a augmenté de 3,4 % sur un an en août, comme en juillet, d’après les données officielles publiées vendredi. Sur un mois, la hausse atteint 0,4 %, après 0,1 % en juillet.
Le principal moteur est l’énergie. La reprise des hostilités entre Washington et Téhéran, autour notamment du détroit d’Ormuz, a renchéri les produits pétroliers. L’essence coûte 27,4 % de plus qu’un an auparavant et représente plus d’un tiers de la hausse mensuelle globale des prix, selon les données rapportées par *The Guardian*. Le combustible utilisé pour chauffer et alimenter les logements a, lui, progressé de 52 % sur un an.
Le diesel a franchi vendredi le seuil de 6 dollars le gallon, soit 3,8 litres, selon l’association automobile américaine AAA. Il se situait autour de 3,5 dollars au début de l’année. Cette hausse touche directement les automobilistes, mais aussi les transports de marchandises et une partie des coûts de chauffage. Les prix à la pompe s’élevaient en moyenne à 4,29 dollars le gallon, soit 1,10 dollar de plus qu’un an plus tôt.
Une hausse qui dépasse le seul pétrole
L’énergie explique l’essentiel de l’accélération récente, mais elle ne règle pas entièrement le diagnostic. L’inflation dite sous-jacente, qui exclut l’énergie et l’alimentation afin de mieux mesurer les tendances moins volatiles, a augmenté de 0,3 % sur un mois et de 2,4 % sur un an.
Ce niveau reste supérieur à l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale. Les produits alimentaires courants, dont la viande, la volaille, les œufs et les produits laitiers, ont aussi connu une légère accélération. Pour les ménages, la combinaison est défavorable : le carburant absorbe davantage du budget disponible, tandis que les dépenses quotidiennes cessent de se détendre aussi vite qu’espéré.
L’inflation annuelle demeure toutefois en deçà de son pic récent de 4,2 % atteint en mai. Elle est aussi très loin des 9,1 % observés en 2022. Mais le rebond lié à la guerre en Iran intervient alors que la baisse des taux directeurs avait déjà commencé. Ils se situent actuellement entre 3,5 % et 3,75 %, contre une fourchette de 5,25 % à 5,5 % au plus fort du cycle précédent.
La Fed face à un choix coûteux
La Réserve fédérale doit se réunir la semaine prochaine. Une hausse des taux rendrait le crédit plus cher, notamment pour l’immobilier, l’automobile et les études, mais vise à freiner la demande et les hausses de prix. Maintenir les taux laisserait davantage de répit aux emprunteurs, au risque de voir s’installer une inflation supérieure à la cible.
Christopher Waller, gouverneur de la Fed, a indiqué qu’il pourrait soutenir une hausse si l’inflation ne montrait pas de signe d’apaisement. Le président Donald Trump demande au contraire des taux plus faibles, à l’approche des élections de mi-mandat. La banque centrale devra donc trancher avec une difficulté classique des chocs énergétiques : elle ne peut pas faire baisser le prix du pétrole, mais elle cherche à empêcher cette hausse de se diffuser durablement aux autres prix et aux salaires.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.



