La France ramène sa prévision de croissance à 0,5 % en 2026
Le gouvernement français revoit pour la troisième fois sa prévision de croissance. Activité atone, emploi moins porteur et déficit accru réduisent ses marges pour préparer le budget 2027.
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L’essentiel
- Le gouvernement français ramène sa prévision de croissance 2026 de 0,7 % à 0,5 %, tandis que l’Insee prévoit 0,4 %.
- Consommation atone, recul de l’investissement public, difficultés des travaux publics et canicule expliquent le ralentissement.
- La hausse du chômage et des salaires peu dynamiques pèsent sur les revenus et les dépenses des ménages.
- Le déficit public devrait dépasser 5 % du PIB en 2026, ce qui accroît la pression sur le budget 2027.
Le gouvernement français ne prévoit plus que 0,5 % de croissance du produit intérieur brut en 2026, contre 0,7 % dans son estimation précédente. C’est la troisième révision à la baisse cette année : la prévision était encore de 1 % initialement, puis de 0,9 % en avril et de 0,7 % en juin.
Cette prévision reste un peu plus optimiste que celle de l’Institut national de la statistique et des études économiques. Dans sa note trimestrielle, l’Insee anticipe une hausse de l’activité de 0,4 % sur l’année, après avoir elle aussi retenu 0,7 % auparavant. L’institut prévoit 0,1 % de croissance au troisième trimestre puis 0,2 % au quatrième.
Une demande intérieure à l’arrêt
Le ralentissement tient d’abord à la faiblesse de la demande intérieure, c’est-à-dire des dépenses des ménages, des administrations et des entreprises. Selon l’Insee, la consommation privée est atone. La consommation publique progresse moins vite qu’en Allemagne et en Espagne. L’investissement souffre pour sa part du recul de l’investissement public, dans le contexte du cycle des élections municipales.
Les travaux publics ont connu un net retournement. Les vagues de chaleur ont aussi pesé sur l’activité, particulièrement dans l’agriculture, qui occupe une place plus importante dans l’économie française que dans plusieurs autres pays européens. Le gouvernement avait déjà évalué l’effet de la canicule et de la sécheresse à 0,1 point de croissance en 2026, notamment du fait de la baisse de la production agricole.
L’Insee souligne que la France a évolué à contre-courant de plusieurs voisins. L’Allemagne a enregistré des hausses trimestrielles de 0,4 % puis 0,3 % au premier semestre. L’Italie a progressé de 0,3 % puis 0,2 %, l’Espagne de 0,6 % puis 0,7 %, et le Royaume-Uni de 0,6 % puis 0,4 %. En France, l’activité a baissé durant l’hiver et est restée stable au printemps.
Emploi et revenus sous pression
Le marché du travail français est décrit par l’Insee comme plus dégradé que dans le reste de l’Europe. Le chômage augmente et les salaires sont peu dynamiques. Ces deux éléments limitent les revenus disponibles et contribuent à la prudence des ménages dans leurs dépenses.
Le gouvernement prévoit une inflation de 2,1 % en 2026, puis de 1,8 % en 2027. Pour le pouvoir d’achat, l’enjeu ne se limite donc pas à l’évolution générale des prix : la progression des salaires sera déterminante. Les sources ne donnent pas de prévision précise de pouvoir d’achat, mais elles établissent que des rémunérations peu dynamiques et une consommation privée faible font partie du ralentissement actuel.
Des recettes publiques moins dynamiques
La révision rend aussi plus difficile l’équation budgétaire. Avec moins de croissance, l’État dispose en principe de recettes liées à l’activité moins favorables, alors que ses possibilités de dépenses sont déjà contraintes par la situation des finances publiques. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a reconnu que le déficit public dépasserait 5 % du PIB en 2026.
Il a donc insisté sur l’adoption d’un budget pour 2027 avant la fin de l’année. Le gouvernement table à ce stade sur 1 % de croissance l’an prochain. Mais les sources ne précisent ni les mesures qui permettront de réduire le déficit, ni leur répartition entre économies, recettes supplémentaires ou autres choix budgétaires.
Le prochain débat portera ainsi sur la crédibilité de ce scénario de reprise et sur le contenu du budget. Il devra concilier le redressement des comptes publics avec une économie où l’investissement, l’emploi et la consommation ne fournissent pour l’instant qu’un soutien limité à l’activité.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.



