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Europe

En Suède, la normalisation des Démocrates de Suède pèse sur le scrutin

Le vote législatif reste ouvert entre des camps très proches. Au-delà de l’issue immédiate, l’éventuelle entrée des Démocrates de Suède au gouvernement marquerait une nouvelle étape politique.

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Électeurs déposant des bulletins de vote
Électeurs déposant des bulletins de vote. Photographie d’archive. Image : Steven Fruitsmaak/Wikinews (CC BY 2.5)

L’essentiel

  • Les élections législatives suédoises se déroulent dans un contexte de forte incertitude entre des blocs politiques proches.
  • Les Démocrates de Suède ont déjà influencé le débat sur l’immigration et la sécurité sans participer directement au gouvernement.
  • Le parti ne prône plus la sortie de l’Union européenne et ne devrait pas contester le soutien suédois à l’Ukraine.
  • Son éventuelle entrée au gouvernement renforcerait une tendance européenne à l’intégration de forces radicales conservatrices dans les majorités nationales.

Des millions d’électeurs suédois votent dimanche lors d’élections législatives dont l’issue est annoncée très incertaine. La perspective est double : un retour de la gauche au pouvoir ou une participation gouvernementale des Démocrates de Suède (SD), formation d’extrême droite menée par Jimmie Åkesson.

Les sources disponibles ne donnent ni résultats ni projections chiffrées. Elles décrivent toutefois deux blocs politiques qui se tiennent depuis longtemps dans un rapport de force étroit. Selon l’universitaire Nicholas Aylott, interrogé par *The Guardian*, la possibilité de voir des ministres SD pourrait faire basculer certains électeurs vers le bloc de gauche, tant cette hypothèse reste inacceptable pour une partie d’entre eux.

D’un isolement politique à un rôle central

L’enjeu dépasse la seule composition du prochain gouvernement. Les Démocrates de Suède sont entrés au Parlement en 2010. À cette époque, les autres partis cherchaient à les tenir à l’écart. Le parti a depuis acquis un poids important dans le débat national, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Nicholas Aylott estime que les thèmes et les termes de ces débats ont profondément changé en une dizaine d’années. Il juge néanmoins réducteur de présenter le scrutin comme un simple référendum sur l’extrême droite : cette normalisation est progressive et ne résume pas à elle seule les choix des électeurs.

Le SD a cherché à élargir son audience en atténuant ses références les plus ouvertement racistes. Il a des racines néonazies, pour lesquelles il a présenté des excuses l’an dernier. Sa campagne reste centrée sur l’immigration et l’ordre public. Des affiches controversées sur des bus, évoquant une aide au retour pour des personnes originaires de Mogadiscio, ont été retirées après le refus de conducteurs de travailler avec ces véhicules.

Une inflexion nationale, sans rupture annoncée sur tout

Une entrée du SD au gouvernement constituerait un changement institutionnel : le parti passerait d’une influence déjà forte sur les priorités politiques à une responsabilité ministérielle directe. Cela pourrait peser davantage sur les politiques migratoires et sur les orientations liées à la sécurité, domaines qu’il place au centre de sa campagne.

Sur l’Europe et la politique étrangère, la rupture serait plus limitée que ne le suggère son ancien euroscepticisme. Le SD a abandonné l’objectif d’un « Swexit », même s’il critique les politiques européennes de migration et de climat. Il avait aussi fini par soutenir la candidature suédoise à l’Otan et ne devrait pas remettre en cause le soutien de Stockholm à l’Ukraine, selon *The Guardian*.

Pour l’Union européenne, l’éventuelle participation du SD prolongerait surtout une tendance observée dans plusieurs pays : des forces conservatrices radicales deviennent des partenaires possibles, voire décisifs, du pouvoir national. Le résultat du vote déterminera si cette influence restera parlementaire ou se traduira par des portefeuilles ministériels.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. France 24 — Mondefrance24.com
  2. The Guardian — Europetheguardian.com