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Europe

Deuxième panne en deux semaines du contrôle aérien britannique

Une défaillance technique à Prestwick a entraîné des centaines d’annulations au Royaume-Uni. Sans lien établi avec la panne précédente, elle ravive les doutes sur la résilience du système géré par Nats.

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Tour de contrôle aérien
Tour de contrôle aérien. Photographie d’archive. Image : Matti Blume (CC BY-SA 4.0)

L’essentiel

  • Une panne de connectivité au centre de Prestwick a perturbé le trafic aérien britannique, moins de deux semaines après un incident distinct à Swanwick.
  • Les bilans de Cirium rapportés par les médias vont de 227 à 277 vols annulés, selon l’heure du décompte.
  • Nats affirme que la panne est résolue, mais les compagnies réclament des mesures sur la fiabilité et les systèmes de secours.
  • Une revue indépendante de la résilience du contrôle aérien doit rendre ses conclusions dans les six mois.

Une nouvelle défaillance technique du contrôle aérien a perturbé les vols au Royaume-Uni lundi 21 septembre. Le problème, désormais résolu selon National Air Traffic Services (Nats), est survenu au centre de Prestwick, en Écosse, qui gère le trafic du nord de l’Angleterre, de l’Écosse et de l’Irlande du Nord.

L’incident intervient moins de deux semaines après une panne distincte au centre de Swanwick, dans le sud de l’Angleterre. Cette précédente défaillance, les 8 et 9 septembre, avait conduit à la suppression de plus de 2 000 vols et touché plus de 330 000 passagers, selon RTS. Nats assure que le nouvel incident n’a aucun lien avec le défaut logiciel alors identifié à Swanwick.

Des annulations dont le bilan varie selon l’heure

Les chiffres disponibles ne concordent pas complètement, en partie parce qu’ils ont été comptabilisés à des moments différents. RTS rapporte que Cirium recensait 227 vols annulés à 15h00 GMT : 117 départs et 110 arrivées, sur plus de 6 000 vols prévus. La BBC, citant également Cirium, évoque pour sa part 140 départs et 137 arrivées annulés, soit 277 vols au total.

Les aéroports de Belfast, Glasgow et Southampton figurent parmi les plus touchés, avec plus d’un vol sur dix annulé selon RTS. Les aéroports londoniens l’ont été moins directement. EasyJet a annulé 48 de ses 670 départs programmés, tandis que British Airways comptait 13 annulations sur 513 départs, d’après la BBC.

Nats a indiqué être revenu à pleine capacité, tout en prévenant que des retards résiduels étaient à prévoir. Pour les passagers, un retour de l’activité normale du contrôle aérien ne signifie donc pas un rétablissement immédiat des programmes de vols : les appareils, les équipages et les correspondances doivent être replacés.

La compagnie Swiss a déclaré n’avoir annulé aucun de ses vols lundi. Seuls les vols LX8 vers Chicago et LX14 vers New York ont subi de légers retards, selon RTS.

Deux causes différentes, un même problème de robustesse

Les éléments connus ne permettent pas encore d’expliquer précisément l’incident de Prestwick. Nats évoque un problème de connectivité. Pour la panne de Swanwick, l’organisme avait attribué l’origine à un défaut logiciel extrêmement bref, ayant produit des données corrompues. Les deux causes ne sont donc pas présentées comme identiques.

C’est pourtant leur répétition rapprochée qui nourrit les critiques des compagnies aériennes. EasyJet met en cause la capacité de résistance du service. Wizz Air réclame une réforme urgente, tandis que Ryanair reproche à Nats de ne pas disposer d’un système suffisamment fiable ni d’une solution de secours efficace. Les transporteurs doivent notamment gérer les remboursements et l’assistance aux voyageurs lorsque les perturbations se prolongent.

La Civil Aviation Authority estime toutefois que les voyageurs touchés devraient rarement pouvoir prétendre à une indemnisation financière pour les annulations ou retards directement causés par cet incident. Une panne technique de cette nature est susceptible d’être considérée comme une « circonstance extraordinaire » au regard des règles sur les droits des passagers. Les compagnies restent néanmoins tenues de prendre en charge les voyageurs concernés.

Une enquête attendue sur la résilience

Le gouvernement britannique a qualifié la situation de très frustrante pour les passagers. Le Premier ministre Andy Burnham a demandé que ces incidents soient examinés en profondeur. La secrétaire aux Transports est chargée d’en établir les causes et de comprendre pourquoi une nouvelle perturbation est survenue si peu après la précédente.

L’enjeu dépasse la résolution du seul problème de Prestwick. Le Royaume-Uni a déjà connu un incident technique en juillet 2025, puis une panne en 2023 qui avait affecté plus de 700 000 passagers. La répétition de ces épisodes pose la question des investissements, des systèmes de secours et de la capacité à isoler une défaillance avant qu’elle n’immobilise une partie du trafic.

Une revue indépendante de la résilience du contrôle aérien britannique est en cours sous l’égide de la Civil Aviation Authority. Ses conclusions sont annoncées dans un délai de six mois. Elles devront préciser si les incidents récents relèvent d’événements isolés ou révèlent des faiblesses plus structurelles de l’infrastructure.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. BBC News — Worldbbc.co.uk
  2. RTS Inforts.ch