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Europe

À Ceuta, les retours vers le Maroc ne suffisent pas à apaiser la crise

Plusieurs milliers de migrants restent dans l’enclave espagnole après les retours annoncés vers le Maroc. L’ouverture de places d’accueil répond à l’urgence, sans faire retomber les tensions locales.

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L’essentiel

  • Entre 5 000 et 8 000 migrants seraient encore présents à Ceuta après l’arrivée massive de fin juillet, selon les estimations citées par RFI.
  • Le gouvernement espagnol annonce 5 321 retours volontaires vers le Maroc depuis le 10 août et poursuit l’identification des personnes restées sur place.
  • Un nouveau centre de 864 places a été ouvert, alors que les habitants manifestent et que des migrants dénoncent des violences.

Un mois et demi après l’arrivée massive de migrants à Ceuta, l’enclave espagnole située sur la côte marocaine reste sous tension. Une grande partie des personnes entrées fin juillet est repartie vers le Maroc, selon RFI. Mais entre 5 000 et 8 000 personnes demeureraient sur place, d’après les estimations citées par le média.

Ce chiffre pèse lourd dans une ville de 80 000 habitants. Des migrants sont encore présents sur les plages, dans des parcs, des terrains vagues et divers quartiers, rapporte RFI. Des manifestations de riverains ont lieu presque tous les jours. Une partie de la population dit redouter l’insécurité et réclame un retour rapide à une situation ordinaire. Des migrants dénoncent de leur côté des actes violents et xénophobes à leur encontre.

Des retours annoncés, mais un stock de dossiers à traiter

Le ministre Angel Victor Torres, chargé de coordonner la réponse gouvernementale, a déclaré le 13 septembre que 5 321 personnes étaient rentrées volontairement au Maroc depuis le 10 août. France 24 évoque également plus de 5 300 retours, après un afflux décrit comme celui de dizaines de milliers de personnes.

Ces départs n’ont pas réglé la situation administrative de ceux qui sont restés. Les autorités espagnoles doivent identifier les personnes présentes et examiner si elles peuvent demander une protection internationale. Selon le ministre, 90 personnes ont abandonné leur demande de protection, tandis que près de 1 000 autres sont en cours d’enregistrement pour permettre l’aboutissement de leur procédure de retour.

La situation est plus contrainte pour les mineurs non accompagnés, qui ne peuvent pas faire l’objet d’un renvoi sommaire. Cela impose un examen individuel des dossiers et prolonge l’effort d’hébergement dans une enclave déjà confrontée à une arrivée exceptionnelle.

L’hébergement comme réponse immédiate

Le gouvernement de Pedro Sánchez cherche à regrouper les migrants dans des centres d’accueil afin d’instruire les dossiers dans un cadre moins précaire. RFI indique que 4 300 places sont actuellement disponibles et que l’exécutif vise 6 000 places prochainement. Un centre supplémentaire de 864 places a été ouvert le 13 septembre.

Cette capacité accrue constitue une réponse pratique à la présence de personnes vivant encore dans l’espace public. Elle ne répond cependant pas, à elle seule, au sentiment de désordre exprimé par des habitants ni aux accusations de violences formulées par certains migrants.

La crise se joue donc désormais moins sur la seule frontière que sur la gestion des personnes restées dans l’enclave. La suite dépendra du traitement des demandes de protection, des procédures de retour et de la capacité des autorités espagnoles à assurer un hébergement suffisant. Les modalités de coopération concrète avec le Maroc pour les retours restent, elles, peu détaillées dans les informations disponibles.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. France 24 — Mondefrance24.com
  2. RFIrfi.fr