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La FFF retire son soutien à Infantino, sans renverser ses alliances

La fédération française rejoint les opposants à Gianni Infantino avant l’élection de mars 2027. Son geste isole davantage le président de la FIFA en Europe, mais ne modifie pas à lui seul l’équilibre des voix.

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L’essentiel

  • La FFF a retiré à l’unanimité son soutien à la candidature de Gianni Infantino pour la présidence de la FIFA.
  • La France rejoint plusieurs fédérations européennes critiques après un projet de commercialisation des recettes de la Coupe du monde, depuis abandonné.
  • Le président sortant reste seul candidat déclaré et conserve notamment l’appui unanime de la Confédération africaine de football.
  • L’élection du 18 mars 2027 se jouera à la majorité simple parmi les 211 fédérations de la FIFA.

La Fédération française de football ne soutiendra plus Gianni Infantino pour un nouveau mandat à la présidence de la FIFA. La décision a été prise à l’unanimité du comité exécutif de la FFF, a annoncé son président Philippe Diallo le 10 septembre.

La fédération française avait pourtant apporté son soutien au dirigeant, président de l’instance mondiale depuis 2016, le 29 juin. Elle estime désormais que les conditions de cet appui ne sont plus réunies. Philippe Diallo affirme que la confiance accordée au président de la FIFA a été rompue et que sa conception de la gouvernance mondiale du football ne correspond plus à celle de la FFF.

Un désaveu européen supplémentaire

Le retrait français s’inscrit dans une contestation qui dépasse désormais plusieurs fédérations nationales. La Suède, l’Écosse, l’Italie et la Belgique ont déjà pris leurs distances avec Gianni Infantino. Des collectifs de supporters, d’anciens joueurs et Sandor Csanyi, vice-président hongrois du conseil de la FIFA, ont également désavoué le président.

Au cœur de la crise figure un projet de société commerciale qui devait accueillir les recettes de la Coupe du monde et s’ouvrir à des investisseurs privés à hauteur de 20 %. Les opposants reprochaient à Gianni Infantino d’avoir préparé cette opération sans concertation. Face aux critiques, il a renoncé au projet quatre jours après sa révélation.

La FFF ne propose pas de candidat alternatif. Elle entend en revanche organiser prochainement des consultations avec des experts de la gouvernance et appelle à bâtir, avec les confédérations, les fédérations, les joueurs et les supporters, un projet de réforme pour le football mondial.

Cette position donne à la France un rôle dans le débat institutionnel, mais elle ne constitue pas en elle-même une coalition électorale. La fédération française est un membre fondateur de la FIFA, sans disposer pour autant de voix supplémentaire au congrès. Chaque fédération affiliée compte dans un scrutin où la majorité simple des 211 membres suffit.

Des appuis encore importants hors d’Europe

L’effet concret du retrait français dépendra donc de la capacité des opposants à convertir leur désaccord sur la gouvernance en candidature et en bloc de votes. À ce stade, Gianni Infantino reste le seul candidat déclaré pour l’élection du 18 mars 2027, organisée lors du congrès de la FIFA au Maroc. Les candidatures peuvent être déposées jusqu’au 18 novembre.

Son socle d’alliances demeure conséquent. La Confédération africaine de football, qui réunit 54 fédérations affiliées, lui a apporté son soutien à l’unanimité. Il bénéficie aussi de l’appui d’une partie de la Confédération sud-américaine, ainsi que de fédérations telles que celle d’Arabie saoudite. Samuel Eto’o a publiquement défendu le président de la FIFA.

Aleksander Ceferin, président de l’UEFA, a indiqué qu’il ne briguerait pas la présidence. Il a toutefois laissé entendre qu’un candidat pourrait se présenter si Gianni Infantino maintenait sa candidature. Des médias évoquent le nom de Victor Montagliani, président de la Concacaf, mais celui-ci n’est pas candidat déclaré.

Le retrait de la FFF change donc surtout le rapport politique autour du président sortant. Il confirme que l’abandon du projet commercial n’a pas clos la contestation sur la transparence et la concertation. Mais il ne permet pas encore de mesurer l’issue du scrutin : les soutiens africains et sud-américains, comme l’absence actuelle de rival officiel, restent des éléments déterminants.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. France 24 — Mondefrance24.com
  2. RFIrfi.fr