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Europe

Les nations celtiques unies dans le constat, divisées sur le chemin institutionnel

Les dirigeants nationalistes d’Écosse, du pays de Galles et d’Irlande du Nord réclament des changements constitutionnels. Leur déclaration commune ne lève ni le refus de Londres ni leurs divergences de calendrier.

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L’essentiel

  • Les dirigeants nationalistes des trois nations autonomes du Royaume-Uni ont appelé Londres à préparer des changements constitutionnels.
  • L’Écosse, l’Irlande du Nord et le pays de Galles ne poursuivent ni le même objectif immédiat ni le même calendrier.
  • Le gouvernement britannique maintient son refus de nouveaux référendums, tout en se disant ouvert à une décentralisation accrue pour le pays de Galles.
  • La déclaration a une forte portée symbolique, mais elle ne modifie pas les procédures constitutionnelles ni le rapport de force à Westminster.

Réunis à Cardiff le 14 septembre, les responsables nationalistes d’Écosse, du pays de Galles et d’Irlande du Nord ont signé un mémorandum appelant le gouvernement britannique à préparer et faciliter des évolutions constitutionnelles. Ils y défendent le droit de leurs nations à décider de leur avenir et associent cette perspective à un retour dans l’Union européenne.

La rencontre rassemble Rhun ap Iorwerth, chef de Plaid Cymru et Premier ministre gallois, John Swinney, Premier ministre écossais et dirigeant du Scottish National Party, Michelle O’Neill, Première ministre nord-irlandaise et vice-présidente du Sinn Féin, ainsi que Mary Lou McDonald, présidente du Sinn Féin. Selon *The Guardian*, ils se sont toutefois réunis comme dirigeants de partis, et non au titre formel de leurs gouvernements.

Cette image d’unité est politiquement nouvelle. Les partis favorables à l’indépendance ou à la réunification sont désormais au pouvoir dans les trois nations dotées d’institutions autonomes, une première depuis leur mise en place en 1999. Elle donne aux mouvements nationalistes une tribune commune pour contester le fonctionnement centralisé de Westminster.

Une déclaration sans mécanisme commun

Le texte ne fixe pourtant ni procédure unique ni échéance partagée. L’Écosse veut organiser un nouveau référendum dans les cinq prochaines années. John Swinney le présente comme l’étape nécessaire pour relancer la question tranchée en 2014, lorsque 55 % des votants avaient choisi de rester dans le Royaume-Uni.

En Irlande du Nord, le Sinn Féin vise un scrutin sur la réunification avant 2030. Mais la question s’inscrit dans un cadre institutionnel propre, distinct de celui de l’Écosse et du pays de Galles. L’intervention de Donald Trump en faveur d’une Irlande unie a remis ce sujet dans l’actualité, sans modifier la position du gouvernement britannique. Des membres unionistes de l’exécutif nord-irlandais l’ont également contestée.

Au pays de Galles, Plaid Cymru a au contraire exclu un référendum durant son premier mandat. Le gouvernement gallois cherche d’abord à obtenir des pouvoirs autonomes plus étendus, comparables à ceux de l’Écosse et de l’Irlande du Nord. Rhun ap Iorwerth n’a pas annoncé de calendrier et renvoie cette décision au peuple gallois.

Les trois mouvements partagent donc un diagnostic sur les limites du pouvoir central, mais pas une feuille de route opérationnelle. Laura McAllister, professeure de politiques publiques à l’université de Cardiff, souligne que leurs objectifs et leurs calendriers diffèrent profondément, tout comme les règles constitutionnelles applicables dans chaque nation.

Le verrou de Westminster

L’obstacle immédiat est politique et institutionnel. Les gouvernements britanniques successifs ont refusé de consentir à de nouveaux référendums d’indépendance depuis le vote écossais de 2014. Andy Burnham, le Premier ministre britannique, a récemment réaffirmé à John Swinney qu’un nouveau scrutin écossais restait exclu.

Son gouvernement met en avant la coopération avec les exécutifs autonomes et la priorité donnée au niveau de vie des ménages et à la sécurité économique. Il ne ferme pas entièrement la porte à davantage de décentralisation pour le pays de Galles, mais ne s’engage pas dans une négociation sur de nouveaux référendums.

La déclaration de Cardiff a donc surtout une portée de mobilisation. Elle montre que les dirigeants nationalistes entendent coordonner leurs positions sur l’économie, l’énergie et les relations internationales. Elle ne crée toutefois aucun droit nouveau ni aucune procédure contraignante pour Londres.

Une réforme durable des relations au sein du Royaume-Uni supposerait aussi de traiter la place de l’Angleterre, absente de la réunion. Andy Burnham doit rencontrer les trois dirigeants le mois prochain. Cette entrevue dira si le dialogue débouche sur des transferts de compétences concrets ou reste cantonné à l’opposition entre une demande d’autodétermination et le refus de Westminster d’ouvrir la voie à de nouveaux scrutins.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. RFIrfi.fr
  2. The Guardian — Europetheguardian.com