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Économie

Pétrole : l’escalade Etats-Unis–Iran expose les routes du Golfe

Les frappes touchent désormais pétroliers, bases et installations énergétiques. Le brut approche 100 dollars, mais aucun effet chiffré n’est encore établi pour la Suisse.

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Iran en 2018
Iran en 2018. Photographie d’archive. Image : Laurens R. Krol (CC BY 4.0)

L’essentiel

  • Les Etats-Unis disent avoir détruit cinq pétroliers iraniens, tandis que l’Iran affirme avoir frappé une base américaine en Jordanie.
  • Les menaces contre des tankers et les attaques d’installations saoudiennes accroissent le risque pour les exportations du Golfe.
  • Le Brent approche 100 dollars le baril et le diesel européen se négocie près de 200 dollars.
  • Aucune pénurie ni hausse précise des prix en Suisse ne peut encore être établie à partir des sources disponibles.

L’affrontement entre les Etats-Unis et l’Iran a franchi un nouveau seuil dans la nuit de mardi à mercredi. L’armée américaine affirme avoir détruit cinq pétroliers iraniens le 8 septembre dans la région du Golfe. Les Gardiens de la Révolution disent avoir riposté contre une base américaine en Jordanie.

Selon l’armée jordanienne, l’Iran a tiré 20 missiles vers le pays. Dix-huit ont été interceptés et deux sont tombés dans des zones inhabitées, sans faire de victime. Les dégâts annoncés sur la base d’Al-Azraq par les Gardiens de la Révolution ne sont pas confirmés par une autre source dans les articles disponibles.

Plusieurs foyers menacent désormais l’énergie

Le risque d’élargissement tient d’abord à la multiplication des territoires et des infrastructures concernés. Les frappes ne se limitent plus à des objectifs militaires américains ou iraniens. Elles visent aussi des navires transportant du pétrole et s’étendent à la Jordanie.

Les Gardiens de la Révolution ont en outre menacé des tankers présents dans les ports du Koweït et de Bahreïn. Au Yémen, les Houthis pro-iraniens ont frappé des cibles dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite, dont des installations de Saudi Aramco. Plusieurs installations énergétiques saoudiennes ont interrompu leurs opérations après des incendies, selon des analystes cités par Watson.

Le détroit d’Ormuz constitue l’autre point de tension. L’Iran a annoncé qu’une nouvelle zone interdite serait prochainement instaurée près de ce passage maritime. Même sans blocage complet, des restrictions supplémentaires, le danger militaire et le renchérissement des assurances pourraient réduire la capacité effective d’exportation du Golfe, estime Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management.

Ces éléments ne prouvent pas qu’une fermeture du détroit est imminente. Ils montrent toutefois que le conflit touche simultanément la production, les navires et les routes d’exportation. C’est ce cumul qui augmente le risque énergétique.

Le brut frôle les 100 dollars

Les marchés ont déjà réagi. Mercredi vers 00h15 GMT, le Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre gagnait 1,49%, à 99,38 dollars le baril. Le West Texas Intermediate américain pour livraison en octobre progressait de 1,59%, à 94,51 dollars.

Le Brent sert de référence mondiale. Son cours avait déjà été poussé à la hausse mardi par les attaques contre les installations saoudiennes. La tension est encore plus forte sur certains produits raffinés : selon Ole Hansen, de Saxo Bank, le diesel européen se négociait près de 200 dollars le baril, le kérosène se situant à un niveau proche.

Aucun coût suisse ne peut encore être chiffré

Pour la Suisse, le signal immédiat vient donc des prix internationaux du brut et des produits raffinés européens. Les sources ne donnent cependant ni estimation de la répercussion sur les prix suisses, ni délai de transmission, ni indication d’une pénurie physique dans le pays.

Un baril proche de 100 dollars ne permet pas, à lui seul, de calculer le futur prix à la pompe ou les coûts du mazout et du transport aérien. Les données disponibles montrent en revanche que la prime de risque augmente avant même une éventuelle interruption majeure des livraisons.

Les prochains éléments déterminants seront la mise en œuvre des restrictions annoncées près du détroit d’Ormuz, d’éventuelles attaques contre des tankers au Koweït ou à Bahreïn et la durée des arrêts dans les installations saoudiennes. C’est sur ces points que se jouera le passage d’une hausse de marché à une perturbation réelle de l’approvisionnement.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 3 rédactions indépendantes.

  1. Le Tempsletemps.ch
  2. RTS Inforts.ch
  3. RTS Inforts.ch
  4. Watsonwatson.ch