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Économie

La Banque du Japon porte son taux directeur à 1,25 %, un sommet depuis 1995

La Banque du Japon poursuit la sortie des taux très bas face aux prix de l’énergie et à la faiblesse du yen. Le relèvement renchérit le crédit, tout en cherchant à limiter une nouvelle poussée inflationniste.

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Main tenant des billets dans un portefeuille
Main tenant des billets dans un portefeuille. Photographie d’archive. Image : Martin Kingsley from Melbourne, Australia (CC BY 2.0)

L’essentiel

  • La Banque du Japon a relevé son taux directeur de 1 % à 1,25 %, son niveau le plus élevé depuis 1995.
  • La hausse vise notamment les effets sur les prix des perturbations énergétiques liées à la guerre en Iran et à la faiblesse du yen.
  • Deux membres du conseil ont voté contre la décision, tandis que les marchés n’anticipent pas une accélération certaine du resserrement.

La Banque du Japon a relevé vendredi son taux directeur de 1 % à 1,25 %, son plus haut niveau depuis 1995. La décision prolonge une normalisation engagée en 2024, lorsque le taux était encore négatif, à -0,1 %. Il s’agit de la sixième hausse en deux ans et demi.

L’institution cherche à empêcher que le renchérissement de l’énergie ne s’installe dans l’économie. La guerre en Iran a perturbé les approvisionnements transitant par le détroit d’Ormuz, une voie maritime majeure. Or le Japon dépend fortement des importations d’énergie du Moyen-Orient. La hausse des cours du pétrole et du gaz risque donc de se transmettre aux factures, aux transports et, plus largement, aux prix payés par les ménages.

L’inflation sous-jacente a légèrement ralenti, à 1,7 % en août contre 1,8 % le mois précédent. Elle reste proche de l’objectif de 2 % de la banque centrale. Ce niveau est modéré à l’échelle internationale, mais il tranche avec près de trois décennies de très faible inflation ou de déflation au Japon.

Soutenir le yen sans étouffer l’activité

Un taux plus élevé rend en principe les placements libellés en yen plus attractifs et peut ainsi soutenir la devise. Cet enjeu a pris de l’ampleur cette année : le yen s’est affaibli jusqu’à un plus bas de quarante ans face au dollar. En août, Tokyo et Washington sont intervenus conjointement pour freiner sa chute, une première depuis 2011.

Un yen faible alourdit le prix, en monnaie japonaise, des matières premières et de l’énergie achetées à l’étranger. Relever les taux est donc aussi une façon de réduire ce risque inflationniste. Mais le résultat n’est pas garanti : vendredi, le yen a encore perdu environ 0,7 % face au dollar après l’annonce.

Pour les ménages et les entreprises, la contrepartie est un crédit progressivement plus cher. Cela peut peser sur les emprunts et les investissements, alors que le pays fait aussi face à une diminution de sa population active. À l’inverse, des taux moins exceptionnellement bas peuvent améliorer la rémunération de l’épargne, selon les produits détenus.

Les marchés doutent d’un rythme rapide

Le conseil de la Banque du Japon n’a pas voté à l’unanimité : deux membres se sont opposés au relèvement. Ce désaccord nourrit l’idée que la suite du resserrement restera prudente. Fred Neumann, économiste en chef pour l’Asie chez HSBC, estime que les investisseurs chercheront surtout à savoir si une nouvelle hausse est envisagée en décembre.

Après la décision, l’indice Nikkei a gagné près de 2 %. Le rendement des obligations japonaises à deux ans a reculé de quatre points de base, à 1,82 %, signe que les marchés n’anticipent pas nécessairement un enchaînement immédiat de hausses.

La Banque du Japon rejoint ainsi la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne, qui ont elles aussi relevé leurs taux ce mois-ci. Son défi est particulier : contenir une inflation importée et défendre le yen, sans casser une économie longtemps habituée à l’argent presque gratuit.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. BBC News — Worldbbc.co.uk
  2. The Guardian — Worldtheguardian.com