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En Iran, le rationnement d’essence ajoute une pression sur les ménages

Le doublement du prix de l’essence au-delà d’un quota mensuel intervient sur fond de pénuries, d’inflation et de restrictions commerciales. La mesure accroît le coût de la vie et nourrit le mécontentement.

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Station-service avec voitures aux pompes
Station-service avec voitures aux pompes. Photographie d’archive. Image : Jacek Halicki (CC BY-SA 4.0)

L’essentiel

  • L’essence coûte deux fois plus cher aux Iraniens qui dépassent le quota mensuel fixé par les autorités.
  • La mesure intervient au milieu de pénuries liées aux perturbations frappant les infrastructures pétrolières du Moyen-Orient.
  • La dépréciation de la monnaie, l’inflation et des pensions impayées entretiennent des mobilisations malgré la répression.
  • Les sanctions compliquent aussi les études à l’étranger et les échanges académiques pour une partie des étudiants iraniens.

Les autorités iraniennes ont doublé le prix de l’essence consommée au-delà d’un quota mensuel attribué aux habitants, selon France 24. Cette décision répond à des pénuries de carburant, dans le contexte de frappes visant des installations pétrolières au Moyen-Orient.

Le mécanisme ne supprime donc pas l’accès au carburant pour les consommateurs, mais renchérit fortement chaque litre acheté après épuisement de l’allocation. Dans un pays déjà soumis à une crise du pouvoir d’achat, cette hausse touche directement les déplacements, et peut aussi peser sur l’activité des personnes qui dépendent d’un véhicule pour travailler.

Une crise qui dépasse l’essence

Le rationnement intervient alors que l’économie iranienne s’est encore détériorée depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, le 28 février. France 24 rapporte qu’un blocus naval américain mis en place dans le golfe Persique depuis le 13 avril a limité les importations et les exportations pétrolières du pays.

Le président Massoud Pezeshkian a déclaré le 29 août que ce blocus avait entraîné une baisse de 35 % des importations et des exportations. Pour les entreprises, les marchandises doivent davantage passer par voie terrestre, un itinéraire décrit comme plus lent et plus coûteux.

La monnaie iranienne a perdu 71 % de sa valeur face au dollar depuis le début du conflit, selon France 24. Le média évoque une inflation estimée à 80 % en août, et à environ 130 % pour les denrées alimentaires. Ces estimations permettent de mesurer la difficulté particulière d’une hausse du prix de l’essence : elle survient alors que les revenus ne suivent déjà plus les dépenses courantes.

Salaires impayés et protestations

Des retraités, infirmiers, enseignants, étudiants et employés ont participé à des sit-in et à des manifestations ces dernières semaines. Les revendications portent notamment sur les salaires et les pensions non versés. Le directeur du Syndicat iranien des retraités a affirmé le 7 septembre que des retraites n’avaient pas été payées depuis cinq mois.

La contestation se déroule sous une forte répression. Iran Human Rights, organisation établie en Norvège, indique qu’au moins 54 personnes ont été exécutées en huit mois après des condamnations pour motifs politiques, dont 31 personnes ayant pris part aux mobilisations de janvier. Ces données ne permettent pas de prévoir l’ampleur d’un éventuel nouveau mouvement, mais elles montrent que le renchérissement du carburant intervient dans un climat social déjà tendu.

Les sanctions ont également des effets qui ne se limitent ni aux prix ni aux transports. RFI rapporte que des étudiants iraniens rencontrent des difficultés pour intégrer des formations à l’étranger, certains établissements craignant des mesures de rétorsion. Kian Habibian, de l’association We are iranian student, estime que les mesures visant les avoirs et réseaux financiers des Gardiens de la Révolution seraient moins pénalisantes pour la population.

L’effet précis du nouveau quota sur les finances publiques et sur l’approvisionnement reste inconnu. Mais son coût est immédiatement visible pour les ménages dépassant l’allocation, alors que les pénuries, l’inflation et les retards de paiement alimentent déjà une instabilité intérieure durable.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. France 24 — Mondefrance24.com
  2. France 24 — Mondefrance24.com
  3. RFIrfi.fr