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Politique

Le Valais refuse de payer l’affranchissement des votes par correspondance

Le Grand Conseil a classé un postulat sur les enveloppes préaffranchies. Le coût annuel estimé, jusqu’à 350’000 francs, a pesé davantage que l’effet attendu sur la participation.

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Bulletin de vote dans une enveloppe électorale
Bulletin de vote dans une enveloppe électorale. Photographie d’archive. Image : GilPe (CC BY-SA 3.0)

L’essentiel

  • Le Grand Conseil valaisan a rejeté le postulat par 69 voix contre 50, avec 4 abstentions.
  • Le Conseil d’Etat estime le coût des enveloppes préaffranchies entre 300’000 et 350’000 francs.
  • L’effet attendu était une hausse espérée de 2% de participation, environ 5’000 votants supplémentaires.
  • Les électeurs utilisant la voie postale continueront de payer l’affranchissement de leur envoi.

Les électeurs valaisans continueront de payer eux-mêmes l’envoi postal de leur matériel de vote et d’élection. Le Grand Conseil a refusé, par 69 voix contre 50 et 4 abstentions, un postulat demandant d’examiner des enveloppes de transmission préaffranchies.

Le texte visait les scrutins fédéraux, cantonaux, communaux et bourgeoisiaux. Il ne créait pas directement une nouvelle règle : il demandait au Conseil d’Etat d’en étudier la faisabilité et l’opportunité. Son refus entraîne le classement du postulat.

Un coût récurrent pour un effet limité

Le Conseil d’Etat a chiffré la dépense entre 300’000 et 350’000 francs pour une hausse espérée de 2% de la participation, soit environ 5’000 électeurs supplémentaires. Rapportée à cet objectif, la mesure aurait représenté environ 60 à 70 francs d’argent public par votant supplémentaire.

Cette estimation s’appuie sur une étude de l’Université de Fribourg évoquée dans le débat. Elle ne garantit pas que le gain se réalisera. Le gouvernement souligne que la mobilisation dépend d’abord de la nature des objets soumis au vote. Autrement dit, supprimer le prix d’un envoi postal pourrait faciliter la démarche, sans assurer à lui seul une participation durablement plus forte.

L’enjeu est d’autant plus visible après les élections cantonales de mars 2025. La participation y avait atteint 45,57%, contre 60,84% en 2021. Les sources citent notamment le faible nombre de candidats au Conseil d’Etat — six pour cinq sièges — parmi les explications de ce recul.

Les électeurs paieront toujours l’envoi

Concrètement, rien ne change pour les Valaisans qui recourent à la voie postale : l’enveloppe de transmission ne sera pas munie d’un affranchissement payé par le canton. La gratuité envisagée aurait transféré cette charge au budget public, à hauteur de plusieurs centaines de milliers de francs selon l’estimation gouvernementale.

Les auteurs du postulat y voyaient une simplification plutôt qu’un privilège. Françoise Métrailler a contesté le raisonnement financier, estimant qu’il créait des inégalités dans l’exercice des droits politiques. Alexandre Cipolla a pour sa part défendu la suppression d’un obstacle qu’il jugeait modeste mais concret, notamment pour les jeunes électeurs.

La majorité a retenu l’argument inverse : un financement cantonal doit démontrer un effet suffisamment établi avant d’être engagé. Sept cantons prennent déjà en charge les frais postaux des votants : Appenzell Rhodes-Intérieures, Bâle-Ville, Genève, Glaris, Obwald, Zoug et Zurich. Le Valais ne les rejoint pas, faute de majorité parlementaire.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. Blickblick.ch
  2. SWI swissinfo.chswissinfo.ch