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À Cuba, une panne nationale révèle l’épuisement du système électrique

Une nouvelle déconnexion totale du réseau a privé des millions de Cubains de courant. Elle perturbe aussi l’eau, les télécommunications et les services essentiels, sur fond de pénurie de carburant.

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Pylônes électriques et lignes à haute tension
Pylônes électriques et lignes à haute tension. Photographie d’archive. Image : Novoklimov (CC0)

L’essentiel

  • Une déconnexion totale du réseau a provoqué une nouvelle panne généralisée à Cuba vendredi.
  • Les coupures perturbent aussi l’eau, les télécommunications, les hôpitaux, les écoles et les administrations.
  • Le vieillissement des centrales et la raréfaction du carburant importé rendent le système électrique particulièrement fragile.
  • Les sources divergent sur le nombre de pannes de l’année, mais s’accordent sur leur répétition et leurs effets quotidiens.

Une panne totale du réseau électrique a de nouveau plongé Cuba dans le noir vendredi. Le ministère cubain de l’Énergie et des Mines a fait état d’une « déconnexion totale du système électrique ». L’entreprise publique UNE attribue l’incident à un problème sur des lignes de transmission, aggravé par des conditions météorologiques instables dans le centre du pays.

Le rétablissement a commencé progressivement. Dans la soirée, UNE indiquait avoir réalimenté des zones prioritaires de La Havane, notamment à proximité d’hôpitaux et de stations de pompage d’eau. Le processus se poursuivait le lendemain.

Le nombre exact de pannes générales depuis le début de l’année varie selon les bilans rapportés par les médias. France 24 évoque la septième coupure nationale, et la douzième depuis la fin de 2024. La BBC la présente comme au moins la sixième panne partielle ou totale de l’année. Cet écart ne change pas le constat : les interruptions sont devenues un élément récurrent de la vie quotidienne.

Eau, cuisine et services publics touchés

L’enjeu dépasse l’éclairage des foyers. Les coupures affectent directement l’approvisionnement en eau, puisque les pompes dépendent du courant, ainsi que le réseau téléphonique. Les hôpitaux peinent à fonctionner normalement. Des écoles et des administrations ont déjà dû fermer, selon la BBC.

À La Havane, seuls environ 5 % des habitants étaient alimentés en électricité vendredi après-midi, d’après UNE, citée par France 24. Ces dernières semaines, les coupures ont dépassé trente heures dans la capitale et soixante heures consécutives dans certaines provinces.

Pour les ménages, l’absence de courant s’ajoute aux difficultés d’accès à l’eau et au gaz de cuisine. Une habitante interrogée par l’AFP décrit cet enchaînement de privations. D’autres tentent de maintenir un minimum d’autonomie, comme cette retraitée qui recharge une lampe grâce à un petit équipement solaire.

Des centrales vieillissantes et un carburant plus rare

Le réseau repose sur des centrales thermiques vieillissantes, dont les défaillances provoquent des coupures régulières. Leur fonctionnement, comme celui des générateurs de secours, dépend d’importations de carburant. Cuba est donc particulièrement exposée à toute baisse des livraisons.

Les sources relient l’aggravation récente de la pénurie à la pression accrue de Washington sur les approvisionnements pétroliers de l’île depuis janvier. La BBC rapporte que les sanctions américaines et les mesures visant les expéditions de pétrole ont renforcé une crise déjà installée. Le gouvernement cubain accuse l’administration Trump d’être responsable de cette situation. Washington, lui, met en cause la gestion interne du pays.

La disparition d’une partie des livraisons vénézuéliennes pèse également. Selon la BBC, le Venezuela fournissait auparavant environ 35 000 barils par jour à Cuba, soit près de la moitié de ses besoins, avant l’interruption de ses propres approvisionnements après la capture de Nicolás Maduro par les États-Unis.

Cette vulnérabilité énergétique survient au cœur d’une crise économique profonde. Une étude du Centre chrétien de réflexion et de dialogue, citée par France 24, estime que 6,45 millions de personnes, soit 66 % de la population, vivent dans la pauvreté, principalement sous l’effet de la hausse des prix alimentaires. La panne ne constitue donc pas une difficulté isolée : elle met à l’arrêt ou fragilise des services dont dépend une population déjà confrontée aux pénuries.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. BBC News — Worldbbc.co.uk
  2. France 24 — Mondefrance24.com
  3. France 24 — Mondefrance24.com
  4. France 24 — Mondefrance24.com