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Le Congrès américain élargit l’arsenal de sanctions contre Moscou

Adopté par les deux chambres, le texte autorise Donald Trump à frapper davantage les acheteurs d’énergie russe et les réseaux qui soutiennent l’effort de guerre. Son emploi dépendra désormais de l’exécutif.

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Navire-citerne rouge en mer
Navire-citerne rouge en mer. Photographie d’archive. Image : Sarvesh Lutchmun (CC BY-SA 4.0)

L’essentiel

  • Le Congrès a approuvé un texte permettant de renforcer les sanctions contre la Russie et ses soutiens.
  • Donald Trump pourra imposer jusqu’à 100 % de droits de douane aux principaux acheteurs d’énergie russe.
  • Le dispositif vise aussi les réseaux de contournement des sanctions et les pétroliers de la flotte fantôme russe.
  • Son impact dépendra des décisions de la Maison-Blanche et de la réaction des pays concernés.

Le Congrès des États-Unis a adopté un texte qui accroît les possibilités de sanctions contre la Russie et les pays ou réseaux qui l’aident à financer et à soutenir sa guerre contre l’Ukraine. La Chambre des représentants l’a approuvé par 262 voix contre 159, après un vote du Sénat le mois précédent, acquis par 86 voix contre 11.

Le président Donald Trump soutient désormais le texte, selon les informations rapportées. Ce vote constitue la première initiative d’ampleur du Congrès contre Moscou depuis son retour au pouvoir.

Des sanctions obligatoires et des tarifs possibles

Le projet prévoit de nouvelles sanctions visant des responsables politiques et militaires russes. Il cible aussi les réseaux étrangers qui alimentent la machine de guerre russe ou aident à contourner les mesures déjà en place.

Sa principale nouveauté est une marge de manœuvre élargie donnée au président américain. Donald Trump pourrait imposer des droits de douane allant jusqu’à 100 % aux plus grands acheteurs d’énergie russe. La Chine est explicitement citée parmi les pays susceptibles d’être concernés. D’autres États aidant le Kremlin à contourner les sanctions pourraient également être visés.

Ces droits de douane s’ajouteraient aux sanctions financières ou commerciales. Ils ne sont pas automatiques : le texte donne à l’exécutif la faculté de les décider. C’est donc l’usage que fera la Maison-Blanche de cette autorité qui déterminera l’ampleur effective de la pression économique.

Le texte s’attaque aussi, pour la première fois du côté américain, à la « flotte fantôme » russe. Cette expression désigne des pétroliers utilisés pour continuer à exporter du pétrole brut malgré les restrictions frappant l’énergie russe. En visant ces navires et les dispositifs qui les rendent opérationnels, Washington cherche à compliquer l’acheminement du pétrole qui procure des recettes à Moscou.

Un outil de pression, y compris sur des partenaires

La mesure a divisé les élus américains. Des démocrates et des républicains isolationnistes ont estimé que les pouvoirs tarifaires confiés au président pouvaient aussi se retourner contre des alliés des États-Unis. Le risque soulevé est celui d’une pression commerciale exercée sur des pays partenaires qui achètent encore de l’énergie russe ou dont des entreprises sont accusées de faciliter l’évitement des sanctions.

Hakeem Jeffries, chef des démocrates à la Chambre, a ainsi dénoncé la possibilité de causer un préjudice économique aux Américains. À l’inverse, des soutiens du texte considèrent que tarir les revenus consacrés par Moscou à la guerre justifie ce nouvel instrument.

L’effet concret sur les alliés reste incertain. Les sources ne précisent ni quels pays seraient considérés comme les principaux acheteurs d’énergie russe, ni les critères précis qui déclencheraient les tarifs. Elles ne permettent pas non plus de dire si Donald Trump utilisera pleinement le plafond de 100 %.

L’Ukraine espère renforcer la pression sur Moscou

Le gouvernement ukrainien a soutenu le texte. Pour Kyiv, l’objectif est de rendre plus coûteux le financement de l’invasion russe alors que le pays approche d’un nouvel hiver et que ses défenses antiaériennes souffrent d’un manque de missiles.

Ces sanctions ne modifient pas à elles seules la situation militaire. Leur effet dépendra de leur mise en œuvre, de la capacité de la Russie à trouver d’autres débouchés pour son pétrole et de l’attitude des États visés. Mais elles donnent à Washington un levier supplémentaire pour chercher à réduire les revenus russes et augmenter le coût international du soutien apporté au Kremlin.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. SWI swissinfo.chswissinfo.ch
  2. The Guardian — Worldtheguardian.com