Les Houthis revendiquent une attaque contre une base du sud saoudien
Deux blessés et des dégâts matériels sont signalés près de la frontière yéménite. Les rebelles affirment avoir visé une base militaire, sur fond de reprise des combats au Yémen.
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L’essentiel
- Les Houthis disent avoir visé par drones et missiles la base saoudienne de Sharurah, sans bilan confirmé sur ce site.
- Un projectile attribué aux rebelles a fait deux blessés dans la région saoudienne frontalière de Jiza et causé des dégâts matériels.
- La reprise des combats au Yémen accroît aussi les risques autour de Bab el-Mandeb et du détroit d’Ormuz.
Les rebelles houthis ont revendiqué une attaque par drones et missiles contre la base militaire de Sharurah, dans le sud de l’Arabie saoudite. Leur porte-parole militaire, Yahya Saree, affirme que l’opération visait des dépôts d’armes et des centres de commandement impliqués, selon eux, dans les opérations contre leur mouvement.
Cette revendication ne permet pas, à elle seule, d’établir les dégâts sur la base ni la date précise de l’attaque. Les autorités saoudiennes ont en revanche confirmé samedi soir la chute d’un projectile houthi dans la région frontalière de Jiza. Deux personnes ont été blessées, selon la Défense civile saoudienne, citée par l’agence SPA.
Une mosquée, plusieurs bâtiments et des véhicules ont aussi été endommagés. Riyad n’a pas précisé la nature du projectile. Les sources disponibles ne permettent donc pas de confirmer que cet incident et l’attaque revendiquée contre Sharurah relèvent de la même opération.
Une riposte dans un conflit redevenu actif
L’épisode intervient après plusieurs jours de combats renforcés entre les Houthis et les forces du gouvernement yéménite, appuyées par Riyad. Ces forces ont annoncé avoir mené plusieurs vagues de frappes contre des positions rebelles, notamment dans les régions de Mocha et de Taiz, près de la mer Rouge.
Les Houthis affirment, de leur côté, que des avions saoudiens ont bombardé les zones sous leur contrôle. Ils présentent leur tir contre le territoire saoudien comme une réponse à ces frappes. Ces affirmations n’établissent pas de bilan indépendant des opérations militaires de part et d’autre.
La guerre civile yéménite, commencée en 2014 avec la prise de Sanaa par les Houthis, s’était largement figée après un cessez-le-feu en 2022. Elle a repris en juillet. L’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite reconnu internationalement et l’administration établie à Aden, est engagée dans le conflit depuis 2015.
Des fronts qui se rapprochent des routes maritimes
L’attaque revendiquée montre que la confrontation ne reste pas cantonnée au Yémen. Les Houthis ont consolidé leur contrôle sur le littoral yéménite de la mer Rouge et sur plusieurs îles stratégiques. Ils avaient déjà annoncé en juillet un blocus maritime visant l’Arabie saoudite et mené des attaques contre des pétroliers saoudiens.
Le détroit de Bab el-Mandeb, à l’entrée sud de la mer Rouge, est un passage majeur pour les exportations pétrolières saoudiennes. La pression sur cette route prend un relief particulier alors que les expéditions via le détroit d’Ormuz ont été fortement limitées par le blocus iranien évoqué par les sources.
Dimanche, l’agence britannique UKMTO, liée à la marine, a aussi signalé qu’un projectile avait touché un navire dans le détroit d’Ormuz. L’état du navire, l’ampleur des dommages et la situation de son équipage restaient inconnus. Les deux passages maritimes sont distincts, mais leur mise sous tension simultanée accroît les risques pour le transport d’énergie.
La reprise des affrontements a également un coût humain immédiat au Yémen. L’Organisation internationale pour les migrations a indiqué que 76 000 personnes avaient fui les combats depuis juillet. Selon les sources des deux camps citées par le Guardian, plus de 500 personnes ont été tuées depuis la reprise du conflit.
Pour l’heure, l’attaque contre Sharurah reste une revendication des Houthis sans bilan saoudien détaillé. Le fait confirmé est la chute d’un projectile dans la région de Jiza, avec deux blessés. La prochaine évolution à surveiller est la réponse de Riyad, alors que les combats terrestres et les menaces sur les voies maritimes élargissent déjà le conflit au-delà du front yéménite.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.


