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El Niño au plus haut, la Californie prépare routes et secours

Le phénomène approche ou atteint des niveaux records selon la méthode retenue. Sécheresses, pluies extrêmes et perturbations d’infrastructures imposent des préparatifs très différents selon les régions.

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Escalier côtier battu par de fortes vagues
Escalier côtier battu par de fortes vagues. Photographie d’archive. Image : Jan Smith (CC BY 2.0)

L’essentiel

  • El Niño atteint un niveau record avec un ancien indicateur, mais reste sous les records avec la nouvelle méthode de la NOAA.
  • Le phénomène favorise à la fois sécheresses, incendies, fortes pluies et inondations selon les régions.
  • La Californie a déclaré l’état d’urgence pour préparer les secours, les routes et les infrastructures avant l’hiver.

El Niño 2026-2027 atteint une intensité exceptionnelle dans le Pacifique équatorial, avec des conséquences déjà visibles bien au-delà de l’océan. Le phénomène assèche certaines régions, tandis qu’il augmente ailleurs le risque de tempêtes, d’inondations et de glissements de terrain.

Selon le climatologue Zeke Hausfather, de Berkeley Earth, l’anomalie de température des eaux de surface a atteint 3,07 °C avec l’ancien indice océanique Niño, soit le niveau du record de 2015-2016. Le pic est attendu en décembre. Il estime également que septembre a de fortes chances d’afficher les plus fortes anomalies observées, sauf évolution exceptionnelle avant la fin du mois.

Le constat dépend toutefois de l’instrument utilisé. La NOAA, l’agence américaine chargée de l’observation océanique et atmosphérique, a changé de méthode au début de 2026. Son nouvel indicateur compare la zone concernée au reste des tropiques, plutôt qu’à une moyenne historique de trente ans. Avec cette mesure, les niveaux restent sous les records. Début septembre, la NOAA jugeait néanmoins à 75 % la probabilité que l’épisode devienne le plus puissant jamais mesuré.

Un même phénomène, des risques opposés

El Niño correspond au réchauffement des eaux de surface dans une partie du Pacifique tropical oriental. Il modifie les vents et les précipitations au-dessus de l’océan, puis affecte les températures et les pluies à l’échelle mondiale.

Les effets ne sont donc pas uniformes. En Amérique centrale, la sécheresse a déjà laissé des champs arides, réduit les récoltes et entraîné des pertes de bétail, avec un manque de nourriture pour les populations locales. Le phénomène perturbe aussi le Canal de Panama, ainsi que la pêche à l’anchois au Pérou. En Indonésie, il a contribué à intensifier les incendies.

Ces exemples montrent que le risque ne relève pas seulement de la météo. Lorsque l’eau manque, l’agriculture, l’alimentation et le transport maritime sont touchés. Lorsque les précipitations deviennent trop fortes, ce sont les réseaux routiers, l’électricité, les secours et l’accès aux quartiers isolés qui peuvent être mis sous pression.

La Californie anticipe un hiver très humide

En Californie, le gouverneur Gavin Newsom a proclamé l’état d’urgence afin de préparer l’État à des tempêtes hivernales annoncées comme sévères. Cette mesure vise à acheminer des fournitures vers les collectivités, à mobiliser la garde nationale pour les interventions liées aux inondations et les recherches et sauvetages, et à préparer les routes ainsi que les infrastructures critiques.

L’administration californienne évoque plus de 90 % de probabilité d’un épisode El Niño très fort. Les risques cités sont les fortes pluies, les crues, les glissements de terrain, les inondations côtières, l’isolement de certains quartiers et des coupures de courant étendues. Plusieurs villes du littoral ont récemment connu une forte houle, des inondations et de l’érosion côtière associées à l’ouragan Marie et à El Niño.

L’état d’urgence n’est pas la réponse aux dégâts futurs, mais une décision de préparation. Son efficacité se mesurera à la capacité des services à maintenir les accès, secourir les habitants et limiter les interruptions lors des prochains épisodes. La prochaine échéance scientifique est le pic prévu en décembre, qui précisera l’ampleur réelle de cet El Niño.

Sources

Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.

  1. SWI swissinfo.chswissinfo.ch
  2. The Guardian — Worldtheguardian.com