Au Népal et au Tibet, un glacier effondré laisse plus de 1 300 morts
L’effondrement d’une masse glaciaire et rocheuse a provoqué des crues dévastatrices fin août. Une première étude lie la catastrophe à plusieurs facteurs, dont le réchauffement durable de la région.
L’essentiel
- L’effondrement d’une partie du glacier et de la roche du Langtang Lirung a provoqué fin août une crue soudaine et dévastatrice.
- Le bilan fait état de plus de 1 300 morts et de plus de 5 000 disparus, tandis que des survivants restent isolés.
- Une étude associe le réchauffement à la fragilisation du site, sans en faire l’unique cause de la catastrophe.
- Le canton de Berne engage 400 000 francs pour des besoins d’urgence, notamment l’eau, les abris et la protection des enfants.
Plus de 1 300 personnes ont été tuées et plus de 5 000 autres sont toujours portées disparues après les crues soudaines qui ont frappé fin août des zones situées entre le Népal et le Tibet. Des habitations, des villages, des routes et des ponts ont été emportés, isolant des survivants en aval.
La catastrophe a commencé le 26 août par l’effondrement, depuis le Langtang Lirung, d’une partie surplombante de glacier et de roche d’environ 200 000 m². La masse a chuté sur environ 1 400 mètres dans la vallée. Le choc a été suffisamment violent pour être enregistré comme un séisme.
L’avalanche a liquéfié une partie de la glace et déclenché une crue mêlant eau glacée, glace, roches et sédiments. Elle a dévalé la vallée à plus de 110 mph, soit environ 177 km/h. Les communautés en aval ont été touchées sans avertissement.
Le réchauffement n’est pas présenté comme l’unique cause
Une première analyse menée par World Weather Attribution, un réseau auquel participe l’Imperial College London, conclut que le réchauffement climatique a probablement joué un rôle de déstabilisation. Les chercheurs ne lui attribuent toutefois pas directement la cause fondamentale de l’effondrement.
Leur analyse décrit une combinaison de facteurs géologiques et climatiques. Dans la zone concernée, la température a augmenté d’environ 2 °C depuis l’ère préindustrielle. En juillet et août, le réchauffement atteint environ 1,5 °C. Ces deux mois ont été les plus chauds jamais relevés localement, avec des températures jusqu’à 5 °C au-dessus de la moyenne des trente années précédentes dans les jours antérieurs à l’effondrement.
La hausse des températures favorise le recul des glaciers et le dégel en altitude. Le seuil de gel dans l’Himalaya a gagné environ 100 mètres par décennie depuis les années 1980. La disparition de glace autour de la zone effondrée, ainsi que l’eau issue de la fonte, ont pu contribuer à fragiliser la pente. Le séisme de magnitude 7,8 survenu en 2015 est aussi cité parmi les éléments possibles, sans que son effet précis dans cette rupture puisse être établi.
L’étude souligne le caractère exceptionnel d’une avalanche rocheuse de cette ampleur, dont la fréquence annuelle est estimée entre un événement tous les 1 000 ans et un tous les 10 000 ans. Elle met surtout en évidence les limites des mesures locales de protection lorsque se combinent relief instable, glace en recul et températures plus élevées.
Eau, abris et protection des enfants
Les besoins immédiats concernent l’alimentation, l’eau potable, les abris d’urgence, les soins et l’aide financière aux personnes touchées. La protection des enfants séparés de leur famille constitue également une priorité.
Le canton de Berne a annoncé une contribution de 400 000 francs, prélevée sur son Fonds de loterie. La Chaîne du Bonheur recevra 250 000 francs afin de financer l’aide acheminée avec des organisations partenaires suisses, dont Caritas, la Croix-Rouge suisse, Helvetas et Terre des hommes. SOS Villages d’Enfants Suisse percevra 150 000 francs pour l’assistance aux familles et aux enfants particulièrement affectés, en coopération avec les autorités locales.
Le Népal a par ailleurs saisi le fonds des Nations unies consacré aux pertes et préjudices climatiques afin d’obtenir un soutien pour la reconstruction. La procédure requiert d’établir un lien entre les dégâts et la crise climatique, un lien que l’étude éclaire sans le réduire à une cause unique.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.



