À Paris, l’Europe cherche une réponse aux puissances spatiales
Un sommet réunissant 120 pays met en regard les ambitions européennes, la domination américaine et chinoise, ainsi que le coût environnemental des constellations de satellites.
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L’essentiel
- Le sommet de Paris rassemble 120 pays autour de l’exploration, de la sécurité, de l’économie et de la durabilité spatiales.
- L’Europe veut réduire son retard face aux États-Unis et à la Chine, mais ses difficultés de coordination restent un obstacle.
- La multiplication des satellites pose aussi la question des particules libérées dans la haute atmosphère lors de leur rentrée.
Le sommet international consacré à l’espace s’est ouvert mercredi 9 septembre à Paris et doit se poursuivre jeudi. Il réunit 120 pays autour de l’exploration, de la sécurité, de l’économie spatiale et de la durabilité du secteur.
L’initiative a été voulue par Emmanuel Macron. Pour l’Europe, l’enjeu est de réduire son retard face aux États-Unis et à la Chine, dont les positions dominantes dans le spatial sont soulignées par France 24. Mais l’objectif d’autonomie se heurte d’abord à une difficulté politique : les pays européens peinent encore à coordonner leurs efforts.
Une autonomie qui reste à construire
Le sommet pose donc moins la question d’une annonce immédiate que celle de la capacité européenne à transformer des ambitions communes en moyens communs. Dans les éléments disponibles, aucune décision précise ni calendrier d’exécution n’est détaillé.
La comparaison avec les grandes puissances met en évidence l’écart à combler. Les États-Unis disposent notamment de SpaceX, acteur central du déploiement de satellites de communication. La Chine est également présentée comme une puissance hégémonique dans le domaine. L’Europe entend renforcer son rôle, mais la coordination entre ses membres demeure une condition préalable à toute stratégie autonome crédible.
Cette autonomie concerne aussi la sécurité. Le sommet inscrit ce sujet à son programme, sans que les mesures envisagées soient précisées. Il reste ainsi à savoir si les discussions déboucheront sur des engagements opérationnels ou s’en tiendront à un diagnostic partagé.
Le revers des constellations
La montée en puissance des flottes commerciales donne une dimension environnementale à ce débat. SpaceX compte presque 10 000 satellites Starlink en orbite. Amazon déploie également des constellations comptant des milliers d’engins. Ces satellites de communication s’ajoutent aux appareils d’observation indispensables au suivi de la Terre.
Ces derniers permettent notamment de mesurer la montée des océans, le recul des glaciers et de la banquise, ainsi que les sécheresses, les incendies et la déforestation. Une part importante des connaissances sur l’évolution du climat repose sur plusieurs décennies de données recueillies depuis l’espace.
Mais les engins en fin de vie, particulièrement en orbite basse, sont souvent dirigés vers l’atmosphère. Ils y sont détruits par la chaleur, tandis qu’une partie de leurs matériaux demeure sous forme de gaz et de particules. L’aluminium est au centre des préoccupations : lors de la rentrée atmosphérique, il peut produire des nanoparticules d’alumine.
Une étude publiée en 2024 a estimé qu’un satellite de 250 kilogrammes, composé à 30 % d’aluminium, pouvait engendrer environ 30 kilogrammes de ces particules. Elle évoque, à terme, plusieurs centaines de tonnes d’alumine chaque année avec les grandes constellations.
Les scientifiques ont déjà retrouvé dans la stratosphère de l’aluminium, du cuivre, du lithium et d’autres métaux associés aux engins spatiaux. En revanche, l’effet exact de cette pollution sur la couche d’ozone reste mal mesuré. La prudence est d’autant plus nécessaire que le rythme des lancements augmente : environ 1 300 satellites étaient mis en orbite annuellement il y a cinq ans, contre plus de 4 000 en 2025.
Pour l’Europe, l’autonomie spatiale ne se résumera donc pas à disposer de davantage de satellites. Elle dépendra aussi de choix coordonnés sur leur usage, leur sécurité et leur fin de vie. Le sommet place ces priorités sur la même table ; les décisions concrètes qui en sortiront restent à établir.
Sources
Cet article a été écrit à partir des articles ci-dessous, publiés par 2 rédactions indépendantes.



